Le lien entre déforestation et climat

Forêt primaire détruite par bulldozer - Guyane française -  -  -
© Daniel Heuclin / Biosphoto

Des arbres abattus au Brésil, et la pluie tombe en Norvège ou s’étiole dans l’ouest américain ? Le raccourci est un peu rapide, mais l’idée est néanmoins là. Dans un article paru en décembre dernier dans la revue Nature Climate Change, deux chercheuses de l’université de Virginie aux Etats-Unis ont fait un état des lieux des liens connus entre déforestation et climat.

L’étude commence par un constat simple et logique : quand la forêt est détruite, elle n’absorbe plus le CO2 et celui qui est déjà piégé dans le bois peut être libéré dans l’atmosphère. Dans les deux cas, la déforestation augmente l’effet de serre. Si toutes les forêts tropicales étaient décimées, le réchauffement correspondant serait compris entre 0,1 et ,7° C sur le globe.

Dans la suite de l’étude, les chercheuses décrivent l’influence que la déforestation peut avoir sur les précipitations. La moyenne des pluies au niveau mondial ne changerait pas, mais leur répartition serait modifiée. La disparition de la forêt amazonienne renforcerait par exemple les pluies en Russie et en Scandinavie, mais les ferait diminuer dans l’ouest des Etats-Unis et en Amérique centrale.

Scarabée Rhinocéros sur tronc Danum valley Bornéo Malaisie -  -  -
© Juan-Carlos Muñoz

La déforestation en Afrique tropicale ferait quant à elle chuter les quantités de précipitations aux États-Unis et en en Europe, mais les augmenterait en Asie et dans le sud de l’Afrique. Un phénomène en partie compensé pour l’Europe par la disparition éventuelle des forêts primaires d’Asie du Sud-Est, qui contribuerait parallèlement à assécher l’Amérique centrale, le Moyen-Orient ou l’ouest des États-Unis.

Toutes ces projections restent très hypothétiques, car elles reposent sur des modèles climatiques encore imparfaits et sur le scénario assez catastrophiste d’une déforestation totale, qui « a peu de chance de se produire » comme le souligne Deborah Lawrence, principale auteur de l’étude. L’étude américaine vise notamment à combler « des lacunes dans notre compréhension des points de basculement de la déforestation et de ce qui pourrait se produire si nous poursuivons dans la même direction », ajoute Deborah Lawrence.

Lire l’extrait de l’article scientifique (en anglais)

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