La forêt fragmentée perd en biodiversité

Fragmentation des forêts et biodiversité ne font pas bon ménage !

Les biologistes le soupçonnaient depuis longtemps, mais pour la première fois, une synthèse internationale publiée dans la revue américaine Science Advances le confirme.

Exploitation forestière Plateau de Millevache Corrèze
© Biosphoto/Jean-Luc Kokel

La synthèse reprend des dizaines d’expériences qui se sont déroulées pendant les 35 dernières années et sur les cinq continents. A chaque fois, les chercheurs ont comparé des parcelles forestières isolées à d’autres qui sont demeurées enclavées dans la forêt originelle. Ils y ont mesuré l’évolution des paramètres suivants: la taille de la parcelle, son isolement et l’effet de bordure, c’est-à-dire le fait que, quand on s’éloigne de la lisière, on trouve plus d’espèces typiques du milieu dans lequel on est, et moins d’espèces caractéristiques du milieu adjacent.

Les résultats sont sans appel : ces trois facteurs se combinent pour produire des impacts « forts, constants et cumulatifs » sur la biodiversité indique Nick Haddad, auteur principal de l’étude. Par exemple, la proximité d’une bordure fait augmenter la prédation chez les oisillons, ce qui a un impact sur les populations d’oiseaux. La perte de biodiversité s’observe à l’échelle des écosystèmes, qui deviennent moins performants. Il a été prouvé à cet égard que la fragmentation de ces habitats réduit leur capacité à absorber du carbone atmosphérique. Un effet très indésirable lorsque l’on souhaite limiter les changements climatiques à venir !

70% de la surface des forêts actuelles se trouve à 1 km ou moins d’une bordure. Et 20% se trouve à 100 m ou moins d’une bordure. « Il ne reste que deux gros blocs de forêts non fragmentées, affirme M. Haddad : l’Amazonie et le bassin du Congo ».

© Biosphoto/Philippe Moës
© Biosphoto/Philippe Moës

Afin de minimiser l’impact de la fragmentation, les forêts doivent être interconnectées pour laisser la possibilité aux espèces de se déplacer via des corridors verts. Et pour préserver ces espaces et leur rendre leur fonction, « il faut replanter, soit dans la zone agricole par agroforesterie, soit dans des zones de conservation » conclue Nick Haddad.

En savoir plus

Advertisements