Dans les Pyrénées, la forêt de Pins à crochet s’accroche !

Le massif des Pyrénées, vaste étendue montagneuse du Sud de la France, regorge de vie et de biodiversité. Trois étages forestiers se succèdent à différentes altitudes, présentant chacun un biotope spécifique. En basses pentes à l’étage collinéen, les chênes et les châtaigniers sont majoritaires. Ils laissent leur place aux forêts de hêtres et de sapins à l’étage montagnard.

Puis, plus en altitude, à l’étage subalpin, domine les forêts de Pins à crochets (Pinus uncinata). Cette essence est capable de résister aux forces de la nature : elle supporte à la fois le froid, le vent et la sècheresse, les sols acides et humides. Pas étonnant qu’on retrouve le Pin à crochets dans les milieux hostiles comme les tourbières. Dans les Pyrénées, là où aucun arbre ne reste debout, le Pin à crochets s’accroche… aux pentes abruptes ou encore aux falaises ! La résistance de ce pin, tant aux aléas climatiques qu’à son substrat, fait de lui un excellent candidat pour le reboisement, contribuant tout à la fois au maintien des sols et à la lutte contre l’érosion.

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©S. Rae-Flickr

Quand le vent souffle vraiment fort, le Pin à crochets prend des allures rabougries. Il peut même arriver, si le vent est trop puissant, que ses branches se cassent sur tout un côté de l’arbre. Les branches prennent alors la forme d’un drapeau. On dit donc que le Pin à crochets  arbore un port en drapeau. Le Pin à crochets mesure entre 10 et 25 m de haut et possède une écorce gris-brun foncé ressemblant à celle de l’Épicéa commun. Il tient son nom de ses cônes, longs de 3 à 7 cm, dont les écailles présentent « à leur base » de petits crochets. Ses aiguilles sont raides, vert foncé, mesurent entre 4 et 8 cm et, comme le Pin sylvestre, sont réunies par deux à la base.

Côté faune, la forêt de Pins à crochets des Pyrénées abrite le Grand Tétras et le Bec croisé des sapins, deux espèces d’oiseaux de nos montagnes. Le Grand Tétras est le plus gros Galliforme d’Europe, pesant jusqu’à 2 kg pour les femelles et 4 kg pour les mâles. Le Bec croisé des sapins, lui, présente un plumage rouge flamboyant et doit son nom à la forme particulière son bec avec une maxille et une mandibule allongées et croisées.

Dans cette forêt, on y rencontrera également des mulots, des écureuils et des Pics épeiches, respectivement friands des graines, des cônes mûrs et des cônes verts du Pin à crochets…  N’oublions pas non plus l’ours. Cette espèce forestière, et pas uniquement des milieux montagnards, est peureuse et a besoin de grands espaces où il pourra trouver à la fois nourriture et tranquillité. Et les forêts de montagnes, notamment celles des Pyrénées, sont les forêts françaises les plus vastes et les plus calmes, conditions idéales pour accueillir ce grand mammifère !

Rassurez-vous, si vous optez pour une balade de montagne dans les Pyrénées, peu de risque de tomber nez à nez avec ce plantigrade*. Ils ne sont que 29 sur l’ensemble du massif pyrénéen. Amusez-vous plutôt à repérer la trace de plus petites espèces de l’OBF. Équipé de l’appli « Mission Forêt avec Noé », sélectionnez celles à rechercher dans les Pyrénées, photographiez-les et envoyez-nous vos clichés !

Les missions dans les Pyrénées

*Se dit des mammifères qui marchent sur la plante des pieds et la paume des mains, comme les ours et les primates. (Larousse)

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