Au printemps, la nature débourre…

Le printemps s’annonce de différentes façons : la sortie des oiseaux, la floraison des jonquilles, l’apparition des feuilles sur les sureaux, le retour des oiseaux migrateurs… Mais il est un phénomène particulièrement discret qui l’accompagne et qui est essentiels pour nos arbres : le débourrement !

CCByNdNc Vanou
CCByNdNc Vanou

Saviez-vous que les bourgeons des arbres ont un fonctionnement discontinu ? En hiver, pendant la période de froid hivernal, ils sont au repos.  Le déclin des longues nuits hivernales va provoquer un changement hormonal dans leurs méristèmes (tissu où les cellules se divisent activement) et lors de l’adoucissement des températures, une nouvelle période de végétation (croissance) va commencer.

Les ébauches des feuilles sont formées au printemps précédent et passent l’hiver à l’abri dans les bourgeons, protégées du gel par les écailles. Les bourgeons stoppent leur développement durant l’automne et l’hiver sous l’effet d’un puissant contrôle : la dormance, qui inhibe toute croissance cellulaire. C’est le froid, durant la même période automno-hivernale, qui lèvera cette dormance. Ainsi, un arbre de nos régions tempérées, privé de froid pendant l’hiver, ne démarrera pas au printemps, ses bourgeons resteront clos.

Une fois la dormance levée, les feuilles se développent à partir des ébauches foliaires contenues dans les bourgeons. C’est le « débourrement » des bourgeons, il est provoqué par la hausse des températures au printemps et l’afflux de sève vers les jeunes feuilles. Ce phénomène est contrôlé par des hormones, comme l’Auxine. C’est au niveau des bourgeons terminaux des rameaux que sa concentration est la plus importante et qu’elle stimule la division cellulaire des bourgeons.

C’est lors de cette période charnière qu’une importante migration de réserves glucidiques va être mobilisée pour le développement des bourgeons. Ces réserves proviennent des racines, du tronc et des branches où elles sont stockées. Elles vont être acheminées des racines vers les organes aériens par les canaux de sève brute. Cette migration exceptionnelle des réserves de l’arbre le rend très vulnérable en cette période. A la moindre blessure, un important flux de sève s’écoule. Ce qui constitue une perte énorme de ressources essentielles à l’arbre.

Le débourrement se manifeste sur l’arbre par le gonflement des organes internes, la perte des écailles des bourgeons et l’allongement des entrenœuds (fraction de tige entre deux bourgeons).

En terme de calendrier et sous nos latitudes, le printemps commence à l’équinoxe du 20 ou 21 mars. En règle générale, c’est parce que le temps est significativement plus doux qu’en février. Mais le débourrement peut être plus précoce : avec le changement climatique tout est possible !

Un deuxième phénomène a lieu au printemps. Certains bourgeons se développeront en fleurs puis en fruits, d’autres se développeront en feuilles. Sur un même arbre et même sur un même rameau, tous les bourgeons ne vont pas débourrer simultanément. Chez les arbres dont la pollinisation se fait par le vent, les bourgeons floraux s’ouvrent en premier. Ce qui est logique puisque l’apparition précoce des feuilles gênerait la propagation du pollen. C’est le cas des Aulnes, des noisetiers et des ormes (février à avril) et des frênes, bouleaux et peupliers (avril).

Surveillez les indices avant-coureurs si vous souhaitez voir éclore les premières feuilles et fleurs !

Lorsque les feuilles seront sorties, pensez à aller trouver qui est qui parmi les arbres, grâce aux missions d’apprentissage !

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