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L’importance des vieux arbres et du bois mort 2 : fonctions et actions de conservation

Les fonctions du bois mort en forêt

En plus d’héberger et de nourrir bon nombre d’habitants, le bois mort a de multiples fonctions vitales pour les écosystèmes forestiers. Nous avons vu dans l’article du mois passé l’importance des vieux arbres et du bois mort en forêt pour la biodiversité forestière et plus particulièrement pour les insectes, champignons et autres oiseaux cavicoles qui en dépendent.

Voyons à présent les autres fonctions qu’ont ces vieux arbres et ce bois mort en forêt.

Tout d’abord, le bois mort est un réservoir d’eau pour la forêt, le bois en décomposition emmagasine une grande quantité d’eau. L’humus est ainsi humidifié et cela permet à la forêt de mieux gérer les sécheresses.

Le bois mort empêche également l’érosion, les chutes de pierres, ou encore les avalanches. De plus, en montagne particulièrement, s’opère une régénération sur les souches et les troncs couchés. En effet, ces éléments représentent un substrat idéal pour donner vie à de nouveaux arbres. Ils fournissent des nutriments en abondance aux jeunes arbres grâce à leur bois gorgé d’eau.

Les épicéas sont particulièrement actifs en termes de régénération. Cependant ce phénomène n’est possible que si le bois a passé 15 à 30 ans au sol. Le bois trop frais empêche la germination de nouveaux plants. Il est donc nécessaire de programmer sur le long terme la mise en place de ces lits de germination.

Enfin, le bois mort stocke le carbone en grande quantité. Selon l’Institut suisse de recherche sur la forêt, la neige et les paysages, les forêts d’Europe centrale absorbent 1.4 tonnes de carbone par hectare et par an. Ce carbone est conservé dans le bois mort jusqu’à sa décomposition totale où une partie migre dans l’humus et l’autre est minéralisée. La proportion relâchée dans l’atmosphère est donc largement compensée par la grande quantité de CO2 que l’arbre a puisé lors de sa croissance.

Les vieux peuplements d’arbres accumulent du CO2 depuis des décennies voire des siècles, ils ont donc en réserve des quantités bien supérieures à celles des jeunes plantations.

© Chênes – Oscar Diez Martinez

L’épopée du bois mort à travers les siècles

L’utilité du bois mort n’est aujourd’hui plus à prouver. Cependant le bois mort n’a pas toujours eu sa place en forêt. Il fut considéré durant des décennies, au XVIIème siècle, comme ennemi de la forêt. Quelques siècles auparavant, la récolte de bois mort en forêt était très réglementée : une autorisation préalable du propriétaire de l’espace boisé était nécessaire et devait se faire sans outils. Le bois mort devait être ramassé avec parcimonie à la main. Les temps modernes ont amené la gestion forestière et donc la rationalisation des ressources. Le bois mort devient persona non grata en forêt, il est considéré différemment des arbres vivants. Ces derniers sont favorisés pour que leur croissance soit la plus rapide et donc la plus rentable possible. Il faudra attendre les années 1990 pour que le bois mort retrouve la place qui est la sienne dans les forêts françaises. Ce n’est qu’en 1993 que l’ONF décide de maintenir des vieux arbres (“au moins un par hectare”) pour développer la biodiversité.

La gestion forestière sans bois mort a cependant laissé des traces sur cette biodiversité que l’on peut difficilement mesurer. Privés durant des siècles de bois pourrissant, d’organismes xylophages et saproxyliques, bon nombre d’entre nous se sont habitués à des forêts gérées et “propres”, le bois mort à terre ou les vieux arbres font désordre dans les rangées bien alignées des forêts françaises exploitées.

Il est temps que les regards et les actions évoluent sur la conservation des vieux arbres et du bois mort.

De nos jours, nous pouvons donc observer de plus en plus de bois mort sur pied en forêt. Ce dernier se caractérise par son absence de vie au-delà d’1m30. Les chablis (arbres déracinés) peuvent aider la régénération naturelle de la forêt grâce à la trouée de lumière qu’ils provoquent en chutant. Ils créent des systèmes de “creux/bosses” qui permettent au sol une forte diversification en termes de profondeur, d’exposition ou encore d’humidité : la biodiversité sera plus diversifiée et la quantité de biomasse sera plus élevée. Laissés au sol, ces chablis peuvent mettre des décennies, voire des siècles à disparaître naturellement. S’ils sont retirés des forêts, cela a au contraire un effet néfaste sur la biodiversité et la régénération des sols.

Ce n’est pourtant pas ces bois morts sur pied que l’on retrouve le plus en forêt mais le petit bois mort au sol (branches, jeunes troncs de moins de 20 cm de diamètre). Ce dernier abrite néanmoins bien moins d’espèces compte tenu de sa petite taille mais il contribue largement à la santé des sols.

La conférence de Vienne a établi en 2003 six indicateurs de biodiversité ; la présence de bois mort en fait partie. Selon l’inventaire forestier de l’IGN, la quantité de bois mort au sol est de 263 millions de m3 (17m3 au sol par hectare de forêt) et de 119 millions (7.6 m3 par hectare) pour le bois mort sur pied et les chablis. Cela représente aux alentours de 5% du volume de bois vivant. C’est dans le centre et l’est de la France que cette quantité est la plus élevée.

Ce bois mort est généralement regroupé en andains par les forestiers afin de favoriser la circulation et le passage des engins, d’autres laissent uniquement le petit bois et les souches en place. Cependant, pour obtenir une meilleure régénération naturelle de la forêt, il est préconisé de laisser le bois mort là où il est tombé.

© Chablis de Hêtre – Denis Bringard

Les vieux arbres et le bois mort : une ressource à conserver

Il existe deux manières de déterminer la quantité de bois mort nécessaire à la forêt et aux espèces qui en dépendent. La première consiste à observer les forêts naturelles qui sont des références de gestion forestière au plus près de la nature et d’y mesurer le volume de bois mort. Cependant, en Europe il existe peu de forêts naturelles où l’homme n’a pas imprimé sa trace (à l’exception de certaines dont la forêt primaire de Bialowieza).

L’autre technique consiste à s’adapter aux besoins des organismes saproxyliques. Une étude sur le sujet est parue en 2010 (Müller et Bütler). Il y est question de chiffrer des seuils minimums de bois mort pour les espèces dépendantes. Leur conclusion établit qu’une grande partie des espèces peuvent subsister à partir d’un volume de bois mort de 20 à 50 m3/hectare. Des efforts d’augmentation du bois mort sont donc à réaliser dans nos forêts pour arriver à ces niveaux de base.

Cependant ces seuils sont insuffisants pour la conservation d’autres espèces plus gourmandes qui nécessitent au moins 100 m3/ha. Par exemple, les oiseaux qui sont dépendants des cavités pour y pondre ont besoin de 141 m3/ha de bois mort pour survivre.

Les espèces saproxyliques ne dépendent pas uniquement de la quantité mais aussi de la qualité du bois mort disponible au sein d’une forêt comme l’essence, le diamètre du bois ou le stade de décomposition. En effet, certains insectes xylophages ne s’intéressent qu’au bois mort frais ou aux petites branches, ces réserves ont donc besoin d’être renouvelées fréquemment.

Les espèces saproxyliques étant généralement spécialisées, ce sont soit des colonisateurs de conifères soit de feuillus ; la diversité des essences est donc fondamentale. Il convient également de laisser de grosses pièces de bois mort, ces dernières étant plus hétérogènes dans leur offre d’abris compte tenu des stades de décomposition différents selon l’activité des décomposeurs. Ainsi, on ne peut remplacer une faible quantité de bois mort au sol par une grande quantité de petits bois morts.

D’autre part, le bois mort ne cesse de se transformer selon ses différents stades de décomposition (allant du bois frais à l’humus). Les organismes qui vivent sur ce bois doivent donc changer fréquemment d’habitat, ceux-ci ne sont pas permanents. Il est donc important d’avoir du bois mort dans tout le massif forestier afin que les insectes et autres décomposeurs, puissent aller d’un habitat à un autre.

Une mise en place de corridors écologiques permet la connexion de diverses populations d’insectes (évitant ainsi des problèmes de consanguinité) et donc leur subsistance au sein de la forêt.

Ainsi, sont mis en place des îlots de sénescence. Ces îlots sont des surfaces de forêt où l’homme n’intervient plus, où la nature suit son évolution naturelle jusqu’à la mort des arbres et la régénération du massif. Ils ne doivent pas être confondus avec les îlots de vieillissement qui ne sont conservés que de manière provisoire.

© Sapin – Christophe Sidamon-Pesson

Ces îlots de sénescence doivent couvrir plusieurs hectares afin de montrer leur efficacité. Entre quelques dizaines et quelques centaines d’hectares, ils ont pour effet de conserver dans leur intégralité les différents cycles de vie de l’arbre. A partir de quelques milliers d’hectares, 10 à 100 km2, la biodiversité forestière dans son intégralité (faune et flore) est conservée.

Une trame de vieux bois a fait son apparition dans les parcs français. Cette trame favorise la mise en place d’îlots de vieillissement et de sénescence pour favoriser les continuités écologiques en même temps que la biodiversité.

Sources

Focus sur les ressources en bois mort du WSL

Bois mort en rivière – Zoom nature

Section bois mort du WSL

L’importance des vieux arbres et du bois mort en forêt

La biodiversité forestière est composée d’une kyrielle d’écosystèmes différents, bien que l’Homme ait, depuis la nuit des temps, aménagé les forêts selon ses besoins. Le couvert forestier ne cesse d’augmenter ces dernières années, mais qu’en est-il de la naturalité de ces nouvelles forêts ? 

Nous le savons, les monocultures forestières ne cessent de fragiliser nos forêts, une diversité spécifique est nécessaire pour leur équilibre, de même que la conservation des vieux arbres et du bois mort. C’est sur ce dernier point que nous allons centrer notre article ainsi que celui qui suivra le mois prochain.

En effet, comme nous allons le voir, la présence des vieux arbres et du bois mort est fondamentale pour l’équilibre de nos forêts : entre 20 et 40% de la biodiversité forestière dépend à un moment de sa vie des vieux arbres et du bois mort. Ces derniers fournissent un support de vie, grâce à leurs cavités, pour de nombreux oiseaux, mammifères et insectes. La décomposition du bois est également une source de nourriture pour les champignons et autres insectes mangeurs de bois. Pourtant, en France, le bois mort est absent de près de 75% des forêts exploitées, il est 20 à 40 fois plus abondant dans les forêts naturelles.

Nous verrons également, dans le prochain article, les actions possibles pour créer un capital de bois mort en forêt et une trame de vieux bois avec l’implantation d’îlots de vieillissement, de sénescence et autres “arbres habitats”.

© Tronc de chêne en décomposition – Yoann Avril

Le vieux bois comme support de vie 

Depuis des décennies le vieux bois n’a plus sa place en forêt. Il fait désordre au sein des sylvicultures ordonnées et exploitées au maximum de leurs capacités. Les arbres sont généralement abattus autour de 100 ans, cependant les hêtres atteignent leur maturité biologique aux alentours de 250 ans et les chênes à plus de 400 ans. Les arbres n’arrivent donc pas à un stade de vieillissement, ils sont abattus dès qu’ils peuvent servir à la construction, ou encore au chauffage, alors qu’ils sont indispensables pour la santé des forêts. Sans eux, ces dernières sont appauvries et deviennent vulnérables aux aléas climatiques et perdent beaucoup en termes de biodiversité. De plus, la décomposition du bois enrichit le sol forestier en éléments minéraux.

En effet, les arbres sont de plus en plus hospitaliers en vieillissant, ils offrent le gîte et le couvert à de nombreuses espèces grâce aux aspérités qui se sont créées tout au long de la vie de l’arbre. Les espèces qui dépendent du bois mort ou des vieux arbres sont dites saproxyliques. En Europe, ces espèces représentent le quart de la biodiversité des forêts naturelles feuillues.

Il existe plusieurs catégories d’arbres qualifiés de “vieux” : les arbres à cavités dues à la décomposition du bois et aux forages des pics, les arbres vivants avec des parties mortes, et les arbres morts sur pied.

Ces “arbres habitats” sont appréciés des oiseaux cavicoles : 41% des 68 espèces d’oiseaux uniquement forestiers dépendent étroitement des cavités présentes sur les vieux arbres ou sur les arbres morts pour se reproduire.

© Pic noir (Dryocopus martius) – Alain Roux

Les espèces cavicoles primaires aménagent leurs cavités elles-mêmes dans l’arbre alors que les cavicoles secondaires ont besoin de cavités qui existent déjà. Les espèces dites primaires, essentiellement des pics, y nidifient et s’y nourrissent (en hiver 97% de leur nourriture est composée d’insectes du bois mort). Le pic noir creuse de larges loges dans des hêtres âgés de plus 100 ans qui serviront en grande partie aux cavicoles secondaires. Ces derniers peuvent être d’autres oiseaux (mésanges, gobe-mouches, rouges-queues à front blanc, chouettes…) mais également des mammifères : 33 espèces, sur les 91 qui peuplent les forêts, sont dépendantes des dendro-microhabitats des arbres (ce sont les différents petits habitats qui existent sur les arbres : les cavités, les excroissances, les blessures du bois…). Ces mammifères : lérot, écureuil, genette, martre, fouine ou encore chauve-souris, déclinent si le nombre d’abris présents n’est pas suffisant. Les chauves-souris sont les mammifères les plus inféodés aux arbres morts, et particulièrement de nombreuses espèces de noctules (de Leisler ou commune).

Ces vieux arbres sont aussi des refuges pour des insectes comme les fourmis, abeilles, frelons, ou guêpes.

© Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus) – Jean-Philippe Delobelle 

La décomposition du bois, tout un écosystème ! 

Les champignons sont parmi les premiers à s’attaquer au bois mort. Ce sont des organismes xylophages : ils ont la faculté d’assimiler et de digérer la cellulose et la lignine dont est composé le bois. Les spores de champignons xylophages s’installent dans les fentes du bois et germent en créant un réseau de mycélium (appareil végétatif des champignons) qui fragmente les cellules de lignine et de cellulose ; le bois devient alors spongieux et mou ou se retrouve en fine sciure.

Il existe trois sortes de champignons décomposeurs de bois mort : la pourriture cubique, celle fibreuse et celle alvéolaire.

La pourriture cubique dite rouge décompose uniquement la cellulose, ne laissant que la lignine donnant un couleur brun-rouge aux champignons à l’instar du polypore soufré.

Celle fibreuse ou blanche, la plus répandue, mais aussi la plus aboutie, dégrade la lignine et la cellulose, donnant des tâches et une teinte très pâle au bois. Il s’agit de l’amadouvier, ou encore des pleurotes par exemple.

La pourriture alvéolaire ou tabulaire a besoin d’un microclimat humide pour décomposer la cellulose et la lignine du bois, elle est donc étroitement liée aux mousses, fougères et lichens qui peuplent les vieux arbres et le bois mort pour obtenir l’humidité nécessaire à son action de décomposition (polypore du pin par exemple).

Certains insectes ne se nourrissent pas de bois mais de ces champignons xylophages ou bien s’attaquent à d’autres insectes ou à des parasites, contribuant ainsi à la bonne santé des forêts.

© Polypores soufrés (Laetiporus sulphureus) – Bernard Dubreil

Vient le tour maintenant des insectes mangeurs de bois qui sont également des organismes xylophages. Pour commencer, plus de 2000 espèces de coléoptères sont dépendantes du bois mort. Plus il y en a, plus l’écosystème forestier est en bonne santé. Ce sont eux, à 95%, qui poursuivent la désintégration du bois ; les autres 5% sont composés de fourmis, de collemboles ou de cloportes.

Ces coléoptères dévorent le liber, ce tissu végétal, bien plus nourrissant que le bois, situé entre l’écorce et le bois, qui contient la sève de l’arbre. Ils s’en servent comme alimentation au stade larvaire. Citons par exemple les longicornes comme les rhagies qui pondent dans l’arbre, mangent le liber et s’enroulent dans des morceaux de lignine pour nymphoser.

Les larves de longicornes sont fondamentales dans la décomposition du bois car elles digèrent la cellulose (en la transformant en amidon et en sucres) ; ainsi leurs excréments sont composés uniquement de sciure de bois. 

© Rhagie inquisitrice (Rhagium inquisitor) nouvellement éclose sur tronc de pin – Steem Lund

Les charançons comme les scolytes creusent leurs galeries sous l’écorce. Ce sont ces fameux scolytes qui détruisent des pans entiers de forêts du nord-est de la France depuis 2018 : le réchauffement climatique augmentant le stress hydrique des arbres, cela permet à ces coléoptères de pulluler. Cependant, ils sont inoffensifs pour des arbres sains.

D’autres insectes profitent de l’espace maintenant libéré par le liber entre l’écorce et le bois et viennent y chercher refuge : les limaces, fourmis ou punaises.

Grâce aux galeries creusées par les larves de la multitude de coléoptères dévorant le bois mort, l’eau s’infiltre mieux dans le bois et permet le développement de nouveaux champignons. 

La microfaune du sol (mille-pattes, cloportes, vers…) et les bactéries ne vont laisser de l’arbre que du terreau. Ce terreau est rempli de minéraux nécessaires à l’équilibre des sols forestiers. Ainsi, l’arbre retourne, sous forme d’humus, nourrir les futures générations de ses congénères.

Après avoir vu l’importance des vieux arbres et du bois mort pour la biodiversité forestière, nous aborderons le mois prochain les actions mises en place pour favoriser la naturalité des milieux boisés en laissant de nouveau le bois à la forêt. 

Sources :

Livre : La vie de la forêt – Bernard Fischesser

Biodiversité et bâti : arbres morts et cavités

CPIE 60 : plaquette bois mort

CRPF Pays de la Loire : fiches le bois mort  

Le renouveau des arbres au printemps

Dès le mois d’avril, la forêt reprend ses allures verdoyantes caractéristiques de la belle saison. Les arbres feuillus sortent de leur dormance et déploient leurs feuilles : c’est l’éveil de la forêt. Au cours de vos balades, vous avez sûrement déjà remarqué comme les arbres, qui avaient l’air de s’être endormis depuis l’automne précédent, s’éveillent et s’épanouissent dès l’arrivée de la douceur printanière.

De nombreux phénomènes se produisent pour les arbres, dès le début des beaux jours : les bourgeons pointent le bout de leur nez, la germination des graines tombées des arbres l’année précédente se met en route, et les fleurs se préparent à s’ouvrir au monde. Dès la fin de l’hiver, les arbres sortent de leur état de “dormance” (voir notre article sur l’activité des arbres en hiver) grâce à des températures plus clémentes et une luminosité plus intense. L’arbre a néanmoins besoin du froid durant sa période de dormance pour que ses bourgeons puissent éclore au printemps, le débourrement ne se produira pas si l’hiver a été trop doux.

© Forêt riveraine au printemps – Breuer Wildlife

La montée de sève

Le débourrement des bourgeons est un phénomène de ramification de l’arbre. Ce dernier produit de nouvelles pousses qui prolongent les branches de l’arbre et activent la naissance des nouvelles feuilles. Ce processus est provoqué par l’afflux de sève brute. Cette sève provenant des racines est composée en grande partie d’eau et de sels minéraux. Pour faire remonter cette sève jusqu’à leurs bourgeons, les végétaux utilisent le xylème. Ce tissu, correspondant aux vaisseaux du bois, transporte verticalement la sève brute des racines jusqu’aux branches de l’arbre. Grâce à une forte différence de pression entre le sol extérieur et ce tissu xylémique, le phénomène de pression racinaire “propulse” la sève dans l’arbre par capillarité.

© Débourrement d’un bourgeon de chêne – Philippe Giraud

Pour débourrer les dernières feuilles, l’arbre utilise l’évapotranspiration. Il s’agit d’une sorte de système de pompe hydraulique qui aspire la sève vers le haut de l’arbre grâce à la dépression causée par l’évaporation de l’eau au niveau des feuilles de l’arbre. Grâce à ce phénomène, les grands arbres peuvent acheminer l’eau à plus d’une centaine de mètres.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le débourrement des bourgeons au printemps, nous vous invitons à consulter notre article sur ce sujet.

La reproduction des arbres

La reproduction des arbres se distingue en deux catégories : celle des arbres produisant des graines (et donc des fleurs) et celle des arbres dont l’ovule est à nu, porté par des cônes (principalement des conifères). Concernant les arbres à fleurs, le pistil se transforme en fruit qui contient les graines. Pour que le fruit puisse se former, le pistil doit être fécondé par des grains de pollen. Ces derniers peuvent être transportés d’une fleur à l’autre par le vent ou par des pollinisateurs notamment. Ces modalités de pollinisation sont variables selon les espèces. C’est généralement vers la fin de l’été que les graines sont libérées et dispersées. Elles passent la saison hivernale sous cette forme et résistent au froid et à l’humidité grâce à leur forte déshydratation qui leur permettent de vivre au ralenti.

Voilà un exemple de reproduction pour deux espèces communes de nos forêts françaises : les hêtres et les chênes. Ce sont les chatons (fleurs des mâles) qui renferment le pollen. Les fleurs femelles ressemblent à de très petits glands pour les chênes et se trouvent dans des sortes de bogues pour les hêtres. Une fois libéré, le pollen acheminé par le vent rejoint les fleurs femelles qui deviendront des glands ou des faines.

© Chaton de chêne pubescent – Philippe Giraud

Dès que les chatons ont accompli leur rôle et libéré leur pollen, ils tombent et alimentent l’humus au pied de l’arbre. Une fois que les glands et faînes sont mûrs, ils tombent également au sol et servent de garde-manger pour la petite faune. Le peu de survivants donneront de nouveaux spécimens.

La germination des graines

Les graines sont déjà disséminées en automne mais nécessitent une période de froid pour entamer leur germination au printemps. La proportion des graines qui arrivent à germer est basse : 60 à 80% des glands d’un chêne n’atteindront pas le stade de la germination. Des conditions doivent être réunies pour que cette germination soit optimale et finisse par donner un nouvel arbre. La graine doit avoir suffisamment d’oxygène, de chaleur et d’humidité pour se développer. Avec l’arrivée du printemps et des températures de plus en plus favorables, la graine gonfle, une racine minuscule se développe et se fige dans le sol, une tigelle pousse vers le ciel et les premières feuilles apparaissent.

© Germination faine de hêtre – Denis Bringard

Le soleil conditionne le développement de la jeune pousse : elle vivait jusque-là sur ses réserves mais doit dorénavant se faire sa place pour capter les rayons du soleil nécessaires à son développement. Les arbres nécessiteront de nombreuses années de croissance avant de pouvoir à leur tour se reproduire. Il faudra 40 ans pour que le hêtre donne ses premières fleurs et cela ne se produira que tous les 5 à 10 ans.

Retrouvez les portraits du hêtre, du saule, du chêne et bien d’autres encore dans les missions d’apprentissage de l’Observatoire de la Biodiversité de la Forêt !

Sources

Futura-Sciences – Bourgeons au printemps

Ecotree Green – Les arbres au printemps

Au jardin – Comment la sève monte dans les plantes

Fondation Lamap – Biologie végétale : fonctions de reproduction

Office National des Forêts – Influence du printemps sur l’arbre

Les cévennes citoyennes

Les parcs nationaux ont été pensés pour protéger la biodiversité du territoire et permettre d’accroître les connaissances scientifiques de la faune et de la flore française. Le premier parc voit le jour en 1963 en Savoie ; il s’agit de celui de la Vanoise. De nos jours, il en existe 11 répartis dans toute la métropole et les départements d’outre-mer, représentant 8% du territoire.

Nous nous intéresserons aujourd’hui au parc national des Cévennes qui a vu le jour en 1970. Il se situe au sud du Massif central, en moyenne montagne, sur une surface de plus de 2 700 km² (cœur du parc). Le parc national des Cévennes se décompose en 5 massifs : le Mont Aigoual recouvert à plus de 70% de forêt, le plateau calcaire du Causse Méjean, les vallées et le Piémont cévenols (milieux les plus anthropisés) et le dernier et non des moindres, le Mont Lozère, point culminant du parc. Nous vous faisons découvrir aujourd’hui cette enclave de biodiversité, classée au patrimoine mondial de l’Unesco en tant que réserve de biosphère depuis 1985.

L’Observatoire des Forêts compte sur vous pour partir à la recherche des espèces du parc !

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© Le Causse de la Cham des Bondons – Jean-Philippe Delobelle

Milieux naturels et biodiversité du parc

Le parc national des Cévennes est riche de plus de 168 milieux naturels différents. Partez à la découverte des forêts de feuillus et de résineux, observez les torrents emportant des éboulis rocheux sur leur passage, n’oubliez pas de visiter la multitude de réseaux souterrains et laissez-vous surprendre par les quelques 1 000 tourbières du parc qui jouent un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes. Le parc est situé en moyenne montagne avec des variations d’altitude allant de 117 m à Anduze jusqu’à 1 699 m pour le mont Lozère. Avant de devenir un parc national, la région du massif central sud était essentiellement composée de pâturages et de roches, la faute à une surexploitation des ressources.

Des millions d’arbres ont été plantés afin de pallier le manque de biodiversité ainsi que l’appauvrissement des sols. 21% des forêts du parc sont considérées comme “forêt ancienne” (présente depuis au moins 150 ans). Sur le plateau du Causse Méjean, situé à l’ouest du parc, il existe près de 630 grottes et cavités, certaines sont accessibles au public, d’autres nécessitent des qualités de spéléologie pour les découvrir.

L’eau est un élément incontournable du parc ; plus de 2 000 zones humides ont été recensées. Ces milieux sont précieux pour notre planète : ce sont des refuges de matières organiques, ils représentent 0,5% des terres mais contiennent 30% des matières organiques. Ils stockent également une grande quantité de carbone et alimentent les nappes phréatiques et donc contribuent à la réduction des sécheresses (courantes dans la région). Additionnés au 1 000 km de cours d’eau qui sillonnent la réserve, on peut dire qu’il y a de bonnes chances que le parc fasse de vieux os !

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© Cascades des runes – Michel Cavalier

Grâce à cette grande diversité, de nombreuses espèces peuplent les contrées cévenoles. Le parc compte près de 45% des vertébrés de France mais aussi de nombreux oiseaux nicheurs et plus de 2 000 espèces d’invertébrés. Ces derniers représentent près de 85% de la faune du parc ! Selon l’UICN, 42 espèces du parc sont considérées comme menacées et font l’objet d’une attention toute particulière. Le parc a réalisé de nombreuses actions de réintroductions d’espèces depuis sa création. Le vautour moine (Aegypius monachus) et le vautour fauve (Gyps fulvus) ont pu à nouveau survoler les Cévennes à l’instar du cerf élaphe (Cervus elaphus) et de la loutre d’Europe (Lutra lutra) même si eux, ne volent pas !

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© Vautours fauves au Causse Méjean – Dominique Delfino

Le parc abrite de nombreuses espèces de papillons, preuve de sa biodiversité variée. Parmi lesquelles l’Apollon (Parnassius apollo), un papillon présent sur la liste rouge de l’UICN. Il y est fréquemment observé, bien que le réchauffement climatique menace sa fragile population. C’est généralement une espèce emblématique du climat montagnard et dépendante de l’orpin blanc (Sedum album) nécessaire au développement des chenilles.

Le petit Paon de nuit (Saturnia pavonia) a quant à lui été vu à de rares occasions dans les hauteurs du parc. Cependant en journée, vous ne pourrez croiser que le mâle, qui est capable de percevoir les phéromones de sa dulcinée à des kilomètres ; la femelle quant à elle est toujours nocturne !

Avec un peu de chance vous aurez également l’occasion d’observer les couleurs chatoyantes du Pacha à deux queues (Charaxes jasius), en effet il apprécie particulièrement la garrigue dont le parc est couvert. C’est une espèce friande de fruits bien mûrs et fermentés !

Les portraits de ces trois espèces sont à retrouver dans le Guide de terrain des papillons des jardins, des prairies et des champs.

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© Pacha à deux queues (Charaxes jasius) – Michel Rauch

La variété du paysage ainsi que les variations climatiques favorisent également l’implantation d’une importante diversité de végétaux. Ce sont plus de 11 000 espèces qui sont recensées à ce jour dans le parc (fougères, mousses, lichens, champignons…).

Vous trouverez sur l’Atlas de la faune et la flore du parc national des Cévennes les dernières observations naturalistes qui ont été réalisées ainsi qu’un inventaire des espèces du territoire.

Les visiteurs du parc à la rescousse avec le micro-projet Pl@ntNet Cévennes

Le parc national des Cévennes a pour but d’inclure les citoyens dans la démarche d’identification de la flore locale et dans le recensement d’espèces sur le territoire. La Société Botanique d’Occitanie a donc développé une plateforme scientifique citoyenne, en partenariat avec l’application Pl@ntNet, pour permettre aux visiteurs du parc national des Cévennes d’identifier grâce à leurs téléphones et à l’intelligence artificielle de l’application les végétaux du parc. En effet, le parc ne bénéficie pas suffisamment de personnes qualifiées pour développer la connaissance de sa flore. Il est par ailleurs compliqué pour des citoyens non-naturalistes d’identifier correctement une plante sans aide externe.

La plateforme Pl@ntNet choisie pour relever ce défi existe depuis une dizaine d’années et permet d’identifier automatiquement à l’aide de photos une espèce végétale. Pour le micro-projet Pl@ntNet Cévennes, une plateforme dédiée a été créée avec une liste complète des noms d’espèces de plantes terrestres de la région cévenole (près de 2 400). L’application permet à l’aide d’une photo d’identifier la plante, d’avoir accès à son statut de conservation, à des fiches descriptives et aux usages de l’espèce.

Depuis le lancement de l’application en juin 2020, plus de 135 000 requêtes d’identification ont été recensées. Les contributeurs ont observé près de ⅔ des espèces présentes sur la plateforme et leurs travaux permettent aux gestionnaires du parc d’avoir des données sur sa flore en temps réel. L’initiative n’étant qu’à ses débuts, les requêtes vont également contribuer à soutenir les actions de gestion du parc. Le parc national des Cévennes est un des pionniers dans ce genre d’expérimentation et sera, certainement rejoint par nombre d’autres parcs ou réserves. Vous pouvez retrouver ici la liste des espèces de l’initiative citoyenne.

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© Flore sauvage parc national des Cévennes – Régis Domergue

Partez à la découverte de la flore cévenole, de ses papillons d’altitude sans oublier les 42 espèces de l’Observatoire des forêts (lien) !Et comme l’a dit Robert Louis Stevenson en 1895 lors d’un séjour dans les Cévennes : “Ici nous touchons à l’un des hauts lieux de l’humanité” !

Sources :

Parc national des Cévennes

Parc national des Cévennes – Biodiversité

Contribution citoyenne au suivi de la flore du parc national des Cévennes – SBOCC

Allumez le feu avec l’Amadouvier

Ni animaux, ni végétaux, les champignons forment un règne à part appelé la « fonge » (Fungi). D’une grande diversité, il existe près de 9 600 espèces de champignons à chapeau et plus de 3 000 lichens rien qu’en France métropolitaine (100 chiffres expliqués sur les espèces – INPN, 2020). Capables de coloniser n’importe quel milieu, les champignons poussent dans tous types de forêts tant que les conditions environnementales le leur permettent.

Bien particuliers, ils sont à la fois visibles et invisibles : même si vous ne les voyez pas, ils sont bel et bien présents ! En effet, ils sont constitués d’un vaste réseau de filaments appelé mycélium, présent sous terre ou dans les arbres, qui représente 99% de leur poids. Et lorsque les conditions de température et d’humidité sont favorables, il y a fructification : deux de ces mycélium dits primaires fusionnent pour donner un mycélium secondaire en surface, qu’on appelle carpophore (ou sporophore). C’est l’appareil reproducteur, qui n’équivaut qu’à 1% du poids du champignon dans son ensemble ! Il correspond au champignon visible, celui du langage courant, avec un chapeau et parfois un pied.

Le « champignon » auquel on s’intéresse aujourd’hui est l’Amadouvier (Fomes fomentarius). C’est un basidiomycète, de la classe Agaricomycetes et de la famille des Polyporacées. Dépourvu de pied, ce champignon pousse en forme de sabot de cheval (ou de console) sur le tronc des arbres.

© Amadouvier (Fomes fomentarius) – Visions Pictures

Pouvant atteindre jusqu’à 50cm de diamètre, son chapeau massif arbore une teinte brun foncé quand il est jeune, qui vire par la suite au brun pâle voire grisâtre. Il est bossu au sommet et gravé de sillons concentriques formant des bourrelets jusqu’à la marge qui délimite le bourrelet inférieur (le plus jeune). Cette dernière est irrégulière et de couleur claire. L’hyménium, la partie fertile du carpophore, se trouve sur la face inférieure de l’Amadouvier. Il est constitué de tubes longs et stratifiés, de couleur ocre à brunâtre, qui débouchent sur des pores de toute petite taille, gris à brunâtre. Les organes de dissémination, appelés spores, s’en échappent et se répandent avec le vent, jusqu’à finir sur un support où un nouveau mycélium primaire pourra se développer.

On trouve l’Amadouvier sur les hêtres principalement, mais aussi sur d’autres feuillus comme les peupliers et les platanes, et exceptionnellement sur des résineux. Il s’installe sur son hôte vivant à l’occasion d’une blessure et le parasite jusqu’à sa mort. Arrivé à ce stade, le champignon se maintient sur son arbre et devient saprophyte, c’est-à-dire qu’il se nourrit du bois en décomposition. Ainsi, il peut vivre plusieurs années sur son hôte : c’est une espèce pérenne.

© Amadouviers (Fomes fomentarius) – Cyril Ruoso

Un champignon aux utilités diverses

Pour les gourmands, l’Amadouvier n’est malheureusement pas un champignon que l’on mange : non pas qu’il soit toxique, mais sa chair coriace lui enlève tout intérêt culinaire.

On peut noter cependant son utilité toute autre pour la préparation de l’amadou. Très inflammable, la chair de l’Amadouvier a été utilisée dès la Préhistoire comme combustible : il suffit d’une étincelle pour qu’elle prenne feu. Cette propriété lui a valu le nom de « polypore allume-feu ».

L’Amadouvier a également servi en médecine pour ses vertus cicatrisantes et hémostatiques : ainsi, il faisait office de pansement pour les blessures légères.

Risque de confusion avec le Polypore marginé

Attention à la confusion avec le Polypore marginé (Fomitopsis pinicola) ! Ce champignon basidiomycète appartient lui aussi à la classe Agaricomycetes, mais fait partie de la famille des Fomitopsidacées. Tout comme l’Amadouvier, le Polypore marginé ne possède pas de pied et pousse en forme de sabot de cheval. Il est cependant de taille plus petite, et son habitat préférentiel est différent : s’installant sur les souches et troncs d’arbres le plus souvent morts, il affectionne principalement les résineux, bien qu’il ne soit pas rare de le trouver sur des feuillus. De plus, les couleurs de son chapeau vont du noir près du bois de l’arbre, au jaune-orangé / rouge vers l’extérieur, tandis que la marge du champignon est plutôt blanc crème.

© Polypores marginés (Fomitopsis pinicola) – SPL Science Photo Library / Bjorn Svensson

En ce mois de janvier où les missions de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts tournent autour des champignons, pourquoi n’en profiteriez-vous pas pour partir à la recherche de l’Amadouvier et du Polypore marginé ?

Sources :

Office National des Forêts (ONF) – Les champignons

Office National des Forêts (ONF) – Fiche champignon : Amadouvier

Au jardin – Amadouvier, Allume-feu

Futura Planète – A la découverte de l’Amadouvier

Les sciences participatives en forêt : l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts

C’est l’automne, les feuilles des arbres ont revêtu leurs couleurs de saison du jaune-orangé au rouge avant de tomber et tapisser le sol. Malgré le confinement, peut-être que certains d’entre vous ont la possibilité de se dégourdir les jambes lors d’une petite promenade en forêt, et que d’autres anticipent leurs balades forestières post-confinement. Et pourquoi pas prévoir de participer à l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts ?

L’Observatoire de la Biodiversité des Forêts (OBF), mis en place par Noé en partenariat avec l’Unité Mixte de Service PatriNat (OFB-CNRS-MNHN), est un programme national de sciences participatives qui a pour but d’améliorer les connaissances sur les espèces forestières. Lorsque vous êtes en forêt, vous pouvez rencontrer de nombreux animaux ou trouver des champignons, et l’OBF vous invite à transmettre vos observations sur certaines de ces espèces. Petits et grands peuvent y participer, il n’y a pas d’âge pour observer la nature !

© Forêt en automne – Georges Lopez

Les espèces de l’OBF

Nul besoin de connaissances naturalistes pour y participer, l’Observatoire est ouvert à tous ! A travers un total de 56 missions, vous pouvez découvrir un peu de la richesse de la biodiversité en forêt et apprendre à mieux la connaître.

Pour ceux qui débutent, vous avez la possibilité de commencer avec des missions d’apprentissage ! Au nombre de 14, elles vous permettent d’en apprendre davantage sur les milieux boisés et de repérer des indices qui vont aideront dans vos autres missions.

Partez ensuite à la recherche des espèces de l’OBF grâce aux 42 missions d’observation portant sur chacune de ces espèces. Parmi ces dernières, retrouvez de nombreux insectes comme les papillons, les scarabées ou les capricornes, mais aussi d’autres animaux, tels que les escargots et les amphibiens. Mais il n’y a pas que des animaux en forêt et l’OBF vous propose également d’observer les champignons ! De plus, l’OBF n’a pas de saison, ni d’adresse : vous pouvez retrouver les missions mois par mois, ou région par région !

© Une espèce de l’OBF : le Carabe doré – Frank Deschandol & Philippe Sabine

L’OBF, pour quoi faire ?

Cet observatoire est très utile à différents niveaux. L’un des objectifs de l’OBF consiste à sensibiliser le public à la biodiversité pour mieux la préserver. Mais pour mieux préserver, il faut déjà connaître, et quoi de mieux pour connaître ce qui nous entoure que de commencer par l’observer ?

Un second objectif de cet inventaire participatif, et pas des moindres, est de compléter la base de données nationale sur la biodiversité française, l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN), grâce aux données récoltées. Chaque observation envoyée est reversée à l’INPN, ce qui permet de renseigner la présence et l’abondance des différentes espèces observées dans l’OBF partout sur le territoire français.

Enfin, le dernier objectif est d’obtenir une récolte de données massive et sur le long terme, qui permette aux scientifiques d’étudier ces espèces (par exemple l’évolution de leurs populations), voire de lancer des plans de conservation d’espèces menacées. En effet, il n’est pas aisé pour les chercheurs seuls d’amasser autant de données sur des territoires aussi grands, et l’existence d’observatoires nationaux ouverts au grand public comme l’OBF permet cela.

Les outils de l’OBF

Divers outils sont à votre disposition pour que vous puissiez mener au mieux vos missions.

Vous pouvez trouver notamment des outils d’aide à l’observation : il s’agit de fiches descriptives des espèces de l’OBF qui vous permettent de mieux connaître leur morphologie et vous aident à ne pas confondre des espèces voisines entre elles.

Pour participer, téléchargez l’application « Mission Forêt avec Noé ». Avec elle, vous pouvez réaliser directement les missions de l’OBF lors de vos promenades en forêt !

« Mission Forêt avec Noé »

Alors, au détour de vos futures promenades en forêt, voire d’une balade pour partir sur la piste des animaux pour les curieux ou à la cueillette des champignons pour les gourmands quand l’occasion se représentera, n’hésitez pas à y associer l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts !