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Sur la piste des animaux

Quand on se balade en pleine nature, il n’est pas aisé d’observer des animaux sauvages. N’ayant pas l’habitude de l’Homme, ils ont tendance à se cacher ou à fuir, mais cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas là. Les traces qu’ils laissent derrière eux nous le prouvent !

Les principales traces auxquelles on pense sont celles laissées par les pattes, comme nous l’avons vu ici. Et pourtant, les empreintes des animaux ne sont pas les seuls indices de leur passage… Tout comme nous, ils se nourrissent et font leurs besoins, ils grandissent, leur peau se renouvelle, et ils ont un endroit où s’abriter et dormir. Et pour chacune de ces choses, on peut trouver des traces.

Les traces et restes de nourriture

Les animaux peuvent laisser différentes traces lorsqu’ils se nourrissent : des herbes et des branches broutées, des restes de fruits, le sol fouillé… Par exemple, le sanglier fouille la surface du sol à la recherche de larves, vers et racines : il crée ainsi des tas de terre retournée, qu’on appelle des vermillis. S’il laboure le sol plus en profondeur, on nomme cela des boutis. D’autres animaux se nourrissent de fruits et laissent derrière eux ce qu’ils ne mangent pas. Ainsi, pour une pomme de pin par exemple, on peut essayer de déterminer qui l’a mangée : un écureuil l’épluche quasi entièrement alors qu’un pic le fait de façon éparse, un lapin ronge la pomme de pin sur une partie seulement tandis que le mulot le fait sur son ensemble. Certains animaux, par leur toute petite taille, percent un petit trou dans le fruit pour pénétrer dans sa chair et le dévorer de l’intérieur, comme un balanin fait avec un gland ou un petit ver dans une pomme. Si vous trouvez un lot de fruits enterrés (glands, noisettes, noix, etc.), il peut s’agir d’un stock fait par un écureuil pour préparer l’hiver.

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© Écureuil en train de manger un gland – Juniors / P. Frischknecht

Les excréments

Après digestion de leur nourriture, les animaux défèquent et laissent derrière eux des matières fécales qui peuvent nous renseigner sur leur identité. En effet, les excréments ne se ressemblent pas tous, ainsi il est possible de savoir qui en est à l’origine. Les plus faciles à reconnaître sont les turricules, des petits tortillons de terre que les vers de terre rejettent à la surface du sol. Le hérisson fait des crottes allongées, tandis que celles du lièvre sont rondes. Chez le chevreuil, les crottes sont appelées « moquettes » : elles sont relativement petites et ont une forme ovale avec une pointe à chaque extrémité. Chez le cerf, ces crottes, nommées « fumées », sont plus grandes et plus agglomérées. Le sanglier, quant à lui, fait des crottes dont la forme et l’aspect peuvent varier avec la saison et la nourriture : une forme de boudins agglomérés en hiver, et des boules verdâtres ou noires le reste de l’année. De nombreux animaux font des crottes nommées « laissées » : celles de la belette sont longues et fines tandis que les laissées du renard sont allongées et présentent des restes de sa nourriture, comme par exemple des os ou des noyaux de fruits. Les excréments des oiseaux se présentent sous forme de fientes, mais certaines espèces d’oiseaux, dont les rapaces, rejettent également ce qu’on appelle des pelotes de réjection : ce sont des boulettes de débris non digérés (poils, plumes, os, noyaux…) qu’ils régurgitent.

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© Turricules de ver de terre – Sylvain Cordier

Les mues

Certains animaux subissent un phénomène de renouvellement de leur corps : c’est la mue. Cela peut être lié à la croissance de l’animal ou à son âge, mais également au changement de saison. Chez les mammifères, la mue correspond au renouvellement du pelage de l’animal afin de l’adapter au mieux aux saisons. Ainsi, on peut retrouver des pelotes de poils perdues par un mammifère en pleine mue, notamment lors du passage de l’hiver à la saison plus douce. Par ailleurs, pour les cervidés, la mue correspond également à la perte des bois ou du velours des bois. Les oiseaux, eux, perdent leurs plumes et les renouvellent. Parfois, ces plumes qu’ils laissent derrière eux permettent de les identifier. C’est le cas par exemple des plumes présentant une alternance de bandes bleues et noires, caractéristiques des plumes des ailes de geais. Chez les arthropodes, la mue permet un renouvellement de leur cuticule et est nécessaire à leur croissance. Si vous trouvez un insecte immobile et que son corps semble transparent, il est probable que vous soyez en présence d’un exosquelette d’un insecte qui a mué ! Les serpents et lézards aussi, du fait d’une croissance continue tout au long de leur vie, muent en renouvelant leur peau : chez les serpents, cette mue se fait sur l’ensemble du corps en une fois, tandis que pour les lézards, elle se fait par plaques sur une ou plusieurs parties du corps à la fois.

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© Bois de cerf – José-Luis Gomez de Francisco

Les habitations

Une autre façon de savoir qu’un animal est dans les parages est de trouver son habitation. En effet, les animaux ne s’éloignent jamais trop de leur maison. Mais encore faut-il savoir la reconnaître ! Il est aisé d’identifier un barrage construit par un castor : c’est un amassement de branches sur toute la largeur d’une rivière qui peut ralentir l’écoulement de l’eau. De même, les nids de branches appartiennent aux oiseaux, et leur emplacement et leur taille peuvent renseigner sur le propriétaire : de très grands nids de plus d’un mètre de diamètre, si vous êtes dans l’est de la France, sont la marque de la présence de cigognes. Une cavité dans un tronc d’arbre peut être le nid d’un pic ou d’un autre oiseau s’y étant installé. Plusieurs petits tas de terre, dans votre jardin par exemple, peuvent vous indiquer la présence d’une taupe qui vit sous vos pieds. Ou encore, un ou plusieurs grands trous dans la terre, souvent au niveau d’un talus ou d’une butte, peuvent être les entrées d’un terrier de renards ou de blaireaux.  Il n’est pas facile de savoir quelle espèce occupe un terrier car les renards s’installent souvent dans des anciens terriers de blaireaux.

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© Barrage de castor – Rémi Masson

D’autres traces…

Enfin, d’autres traces peuvent indiquer le passage d’un animal : des traces de griffes sur un tronc peuvent avoir été faites par un félin rôdant dans les parages ; les cervidés peuvent se frotter contre les troncs et arracher à cette occasion des morceaux d’écorce ; des traces de boue sur les arbres sont laissées par les sangliers qui s’y frottent après s’être vautrés dans des souilles (flaques boueuses) ; des troncs d’arbres sont taillés en pointe par les castors, etc.

Il y a donc de nombreuses façons de suivre les traces d’un animal, mais il faut avoir les yeux grands ouverts et être attentif au moindre signe. Avoir quelques connaissances est également utile pour ne pas se méprendre sur des indices qui n’en seraient pas ou sur l’identité des animaux. Si pister des animaux vous tente, de nombreux ouvrages et guides peuvent vous renseigner sur tous types de traces animales, comme le « Guide des traces d’animaux – France et Europe » de Muriel Chazel et Luc Chazel. Maintenant, vous avez les outils de base pour partir sur leur piste. Ouvrez l’œil, soyez patient et les surprises viendront à vous !

Sources :

Parc Animalier La Garenne (Suisse) – Traces et indices

Muséum de Genève (Suisse) – Dossier pédagogique : sur la piste des animaux sauvages

Bourgogne Nature – Mille et une traces en forêt…

Wikipédia – Mue

Une explosion de biodiversité dans les volcans d’Auvergne

Créés depuis la fin des années soixante, les Parcs Naturels Régionaux (PNR) de France sont aujourd’hui au nombre de 56. Fondé en 1977, le PNR des Volcans d’Auvergne se démarque des autres Parcs par la présence de volcans répartis sur l’ensemble de son territoire. En effet, situé dans le Massif central et à cheval sur les départements du Puy-de-Dôme et du Cantal, il englobe tous les volcans d’Auvergne, d‘où son nom. C’est l’un des plus anciens Parcs, mais c’est également le plus vaste de France métropolitaine. Il s’étend sur 120km du nord au sud, et couvre une superficie d’environ 395 000 hectares. Nous vous emmenons à la découverte de ce Parc, dans lequel vous pourrez partir à la recherche des espèces de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts !

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© Puy de Côme (premier plan) et Puy de Dôme (en arrière-plan), dans la Chaîne des Puys – Paul-André Coumes

La diversité de paysages du Parc

Le Parc est caractérisé par cinq régions naturelles. Il y a quatre massifs volcaniques : la Chaîne des Puys (appelée aussi Monts Dômes), les Monts Dore, le Cézallier et les Monts du Cantal. A cela s’ajoute le plateau granitique de l’Artense. Avec ces différentes régions, le PNR des Volcans d’Auvergne présente aussi des altitudes variées, puisqu’il se situe entre 400 et 1 886m (Puy de Sancy) d’altitude.

Les volcans nous offrent une diversité de paysages contrastés : ils ont une forme de dôme ou de cône comme dans la Chaîne des Puys, tandis que les Monts Dore ont un profil de crêtes, et que d’autres encore présentent un cratère d’explosion, appelé maar, qui peut être occupé par un lac. L’omniprésence de l’eau sur tout le Parc permet également d’observer des gorges, des cascades, des rivières à eaux vives ou encore des lacs naturels. Dans tous ces paysages, on retrouve de multiples milieux, allant des prairies aux landes d’altitude, en passant par les forêts, les zones humides comme les tourbières, les lacs ainsi que les falaises et autres escarpements rocheux.

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© Lac Pavin, dans les Monts Dore en Auvergne – Philippe Tournebise

La biodiversité remarquable du Parc

Toute cette diversité de milieux est à l’origine d’une grande richesse en biodiversité. Ces paysages volcaniques aux aspects de montagnes accueillent ainsi des espèces montagnardes : parmi elles, on trouve des chamois, des marmottes, mais aussi des papillons comme l’Apollon, qui est emblématique des montagnes. Une sous-espèce de ce papillon, endémique d’Auvergne, y vit également : l’Apollon arverne (Parnassius apollo arvernensis). Les escarpements rocheux et falaises sont aussi appréciés par la Jasione d’Auvergne, une plante endémique des Monts Dore, le Faucon pèlerin ou encore le Tichodrome échelette, un oiseau aux ailes parées de rouge.

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© Jasione d’Auvergne – Hervé Chellé

Les forêts du Parc, en altitude, sont composées principalement d’essences montagnardes naturelles comme le hêtre ou le sapin pectiné. On trouve aussi quelques essences introduites (épicéa commun, douglas, mélèze) tandis qu’en dessous de 1100m d’altitude, les essences sont plus variées. Ces forêts abritent de nombreuses espèces végétales et animales, dont notamment le houx et la Chouette de Tengmalm, qui est une espèce protégée. Les prairies regorgent de plantes dont la Gentiane jaune et l’Anémone pulsatile, et la présence de la Pie-grièche grise est un indicateur de la qualité de ces prairies. Dans les eaux des lacs, il est possible de rencontrer l’Omble chevalier ou l’Écrevisse à pieds blancs, considérée comme espèce bio-indicatrice. Quant aux tourbières, où poussent sphaignes, droséras et Ligulaire de Sibérie, elles présentent une faune caractéristique de ce milieu : des libellules comme la Leucorrhine douteuse ou l’Agrion à lunules, espèce très rare en France, y côtoient des papillons tels le Cuivré de la Bistorte ou l’Azuré des Mouillères, espèce rare et menacée. Enfin, les animaux d’élevage du Parc, de races locales, pâturent sur les pelouses : vaches Salers et Ferrandaises, brebis Rava, chèvres du Massif central ou encore chevaux d’Auvergne.

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© Chouette de Tengmalm – Jean-Philippe Delobelle

Le Parc des Volcans d’Auvergne regorge donc d’espèces végétales et animales, dont beaucoup sont typiques de son territoire et des milieux montagnards. Mais on peut aussi y trouver nombre d’espèces plus communes, comme l’Aurore ou l’Escargot de Bourgogne par exemples ! Une balade dans les forêts du Parc est donc aussi une occasion pour participer à l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts et partir à la recherche des espèces ciblées par ce programme.

Les actions du PNR

Les Parcs Naturels Régionaux ont pour vocation de préserver et valoriser les patrimoines naturels, paysagers et culturels d’un territoire. Pour le PNR des Volcans d’Auvergne, l’objectif de la charte du Parc de 2013-2025, par les actions menées par le Syndicat mixte du Parc, est de « vivre ensemble, consommer, se déplacer et habiter autrement ».

Un des principaux enjeux du Parc est de préserver la qualité et la diversité de ses milieux et espaces naturels. En effet, 60% de son territoire sont protégés ou inventoriés au titre de la protection de la nature et des paysages. Ainsi la mise en place d’une gestion coordonnée des lacs naturels et d’une gestion durable des forêts du territoire sont prévues. De plus, nombre d’espèces faunistiques et floristiques du Parc sont endémiques de ce territoire volcanique ou rares, voire menacées, aussi le Syndicat mixte du Parc réalise des actions d’études et de conservation en faveur de ces espèces. Enfin, pour que l’élevage des races locales se pérennise, le Syndicat accompagne les éleveurs pour aider au maintien d’une activité agricole et des paysages caractéristiques du Parc.

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© Vache de race Salers – Claudius Thiriet

De nombreuses choses à découvrir dans le PNR…

Le Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne est une magnifique destination à découvrir au moins une fois dans sa vie ! Parmi les nombreux paysages à voir, le Puy de Dôme (site le plus connu du PNR) offre un panorama sur la Chaîne des Puys, qu’il est même possible d’admirer les pieds dans le vide, lors d’un baptême en parapente ! Un autre sommet très connu, le Puy de Sancy, offre quant à lui une vue sur les Monts Dore. Faites un tour du côté du lac de Guéry, plus haut lac d’Auvergne, promenez-vous dans les réserves naturelles nationales de Chastreix-Sancy et de la Vallée de Chaudefour, ou découvrez d’où provient l’eau Volvic… Si vous êtes intéressés par le volcanisme et ses mécanismes, ne ratez-pas Vulcania, un parc à thème qui vous en apprendra davantage sur les volcans ! Et si vous aimez le fromage, n’oubliez pas de faire un détour du côté de Saint-Nectaire, ville qui a donné son nom au fromage.

Vous trouverez de plus amples informations sur le site du Parc des Volcans d’Auvergne. Pour des idées randonnées ou des expositions, vous pouvez vous renseigner à la Maison du Parc, dans le château de Montlosier à Aydat. Pour d’autres idées de découverte du PNR, vous pouvez consulter le site d’Auvergne destination volcans ou encore le site de France-voyage.

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© Puy Mary, dans les Monts du Cantal – Robert Valarcher

Sources :

Site du PNR des Volcans d’Auvergne

Site des Parcs Naturels Régionaux de France _ PNR des Volcans d’Auvergne

France-voyage _ Le PNR des Volcans d’Auvergne

Le Petit Mars, un papillon changeant

Le Petit Mars changeant Apatura ilia (Denis & Schiffermüller, 1775) est un lépidoptère diurne de la famille des Nymphalidés. Les papillons de cette famille ont pour caractéristique de n’avoir que deux paires de pattes fonctionnelles, la première paire étant atrophiée et couverte de poils.

Contrairement à son nom, il s’agit d’un grand papillon, d’une envergure de 6 à 7cm pour le mâle. Le dessus de ses ailes est marron à brun-noir, mais il existe une différence entre le mâle et la femelle. En effet, le mâle peut présenter des reflets bleu à violet métallique en fonction de l’incidence de la lumière. Le Petit Mars changeant, dont le nom de genre Apatura vient du grec apatês et signifie « tromperie », porte donc bien son nom !

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© Petit Mars changeant (Apatura ilia) femelle (à gauche) et mâle (à droite) – Yoann Pelouard

Par ailleurs, les ailes antérieures ont des taches blanches, tandis qu’une bande blanche traverse les ailes postérieures. Cette couleur blanche est caractéristique de la forme ilia du Petit Mars. La forme correspond à un variant phénotypique d’une espèce, et chez Apatura ilia, il existe une seconde forme, clytie, caractérisée par sa couleur orangée.

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© Petit Mars changeant (Apatura ilia forme clytie) – Tristan Lafranchis

Enfin, un ocelle noir cerclé d’orange est présent sur toutes les ailes. Sur le revers, les ailes antérieures sont marron et les ailes postérieures marron terne avec une bande claire un peu sinueuse et, à nouveau, un ocelle noir cerclé d’orange.

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© Revers des ailes du Petit Mars changeant (Apatura ilia) – Yoann Pelouard

L’aire de répartition de ce papillon est très vaste : c’est une espèce eurasiatique qu’on retrouve de l’Europe de l’Ouest jusqu’en Chine. Il est cependant absent des pays scandinaves. En France, il est présent sur tout le territoire métropolitain, excepté en Corse.

Il sillonne les bois et forêts, vivant le long des lisières, dans les clairières et chemins forestiers. Et bien que thermophile, il recherche des zones humides, comme des espaces boisés ouverts sur des étendues d’eau. Par ailleurs, vivant plutôt à basse altitude, on peut le trouver exceptionnellement jusqu’à 1500m d’altitude.

L’imago vole pendant la période estivale, de mai jusqu’en octobre. Il passe la plupart de son temps dans les hauteurs des arbres, voire dans la canopée. Il se nourrit du miellat produit par les pucerons, ou descend au sol pour se nourrir sur les excréments, cadavres d’animaux et autres substances malodorantes. Quand ils s’alimentent, plusieurs mâles peuvent se regrouper dans une zone ensoleillée au sol. Les femelles par contre, sont plus discrètes et ne descendent que rarement des arbres.

Après la reproduction, la femelle pond jusqu’à une soixantaine d’œufs sur les feuilles des plantes-hôtes de ses futures chenilles, qui sont des saules et des peupliers (notamment le Sault marsault, le Peuplier tremble et le Peuplier noir). Les œufs sont disposés isolément, c’est-à-dire un par feuille, sur la face supérieure et près de la marge de la feuille. Ils sont en forme de dôme avec 14 à 18 côtes, et de couleur verte. Leur incubation dure une à deux semaines avant que les chenilles n’en sortent.

La chenille du Petit Mars changeant est verte. Deux lignes latéro-dorsales jaunes et des stries de même couleur sur les côtés de l’abdomen ornent son corps. Une paire de cornes céphaliques marron-jaune apparaît sur sa tête après la première mue. La chenille se nourrit de la feuille sur laquelle elle repose en épargnant la nervure principale.

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© Chenille verte de Petit Mars changeant (Apatura ilia) – Yoann Pelouard

Une partie des chenilles ont un développement rapide et grandissent jusqu’à donner naissance à une seconde génération de papillons. Les autres chenilles ne terminent pas leur développement et se préparent à hiverner. En effet, chaque année, dans le nord de l’aire de répartition de l’espèce, une génération d’adultes voit le jour avec exceptionnellement l’émergence d’une seconde génération partielle lors des années chaudes, tandis qu’il y a deux générations dans le sud de l’aire. En France, cette zone correspond au Midi. Les chenilles qui ne se nymphosent pas deviennent brunes, se fixent sur un rameau, près d’un bourgeon, grâce à un lit de soie qu’elles ont tissé et entrent en diapause.

Une chenille qui a passé l’hiver se réveille au printemps suivant, à l’apparition des jeunes feuilles des arbres. Elle finit sa croissance en se nourrissant abondamment de ces feuilles, puis pâlit et s’installe sur la face inférieure d’une feuille pour se nymphoser. La chrysalide est vert-grisé et suspendue à la feuille par l’extrémité anale. Enfin, l’imago émerge 12 à 19 jours plus tard.

 

Attention ! Risque de confusion

Le Petit Mars changeant peut facilement être confondu avec le Grand Mars changeant Apatura iris (Linnaeus, 1758). En effet, ils arborent les mêmes motifs et couleurs, et malgré leur qualificatif de « Grand » et « Petit », ils ont une taille à peu près similaire. La caractéristique principale qui permet de les distinguer est la présence d’un ocelle noir cerné d’orange sur les ailes antérieures chez le Petit Mars, absent chez le Grand Mars. Les dessins sur les revers des ailes, notamment la présence d’une bande blanche nette chez le Grand Mars, permettent également de les différencier.

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© Grand Mars changeant (Apatura iris). Vue du dessus (à gauche) – Michel Rauch. Revers des ailes (à droite) – Denis Bringard

 

Retrouvez le Petit Mars changeant dans les missions de l’Observatoire de la Biodiversité de la Forêt, mais aussi dans l’Opération papillons de l’Observatoire de la Biodiversité des Jardins de Noé et du Muséum national d’Histoire naturelle !

 

Sources :

Livre « La vie des papillons – Ecologie, biologie et comportement des Rhopalocères de France » par T. Lafranchis, D. Jutzeler, J.-Y. Guillosson, P. & B. Kan (2015)

Livre « Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles » par T. Lafranchis (2000)

Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) – Apatura ilia

Quel est cet animal – Le Petit Mars changeant

European lepidopteres – Apatura ilia

 

Diabolique, le Robert ?

Avec ses ailes découpées, il est impossible de rater le Robert-le-diable (Polygonia c-album) ! C’est d’ailleurs le dessin de ses ailes arrière, repliées, évoquant le nez crochu d’un diable du Moyen-Âge, qui a certainement donné son nom étrange à ce beau papillon. Pensez à planter du houblon dans votre jardin pour accueillir ce papillon : ses chenilles en sont friandes.

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Un papillon coloré, très répandu en France

L’adulte présente une envergure de 45 à 50 mm. Mâle et femelle de ce grand papillon sont identiques. Le dessus des ailes est orangé, avec de nombreuses taches brunes et le pourtour des ailes plus foncé. La forme des ailes est particulièrement caractéristique par son découpage. Le dessous des ailes peut être de couleur chamois (1ère génération) ou bien franchement marron (2ème génération). On peut remarquer au centre de l’aile arrière une tâche en forme de « C », de couleur blanche, qui a donné son nom latin, Polygonia c-album.

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1ère génération : dessous des ailes chamois

Ce papillon est facilement observable dans les clairières et lisières forestières, au bord des chemins ou encore dans les jardins. Il vole de février à octobre, ce qui laisse du temps pour l’observer ! Si vous le croisez en forêt, vous pouvez transmettre votre observation à l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts. S’il vous fait l’honneur de visiter votre jardin, n’hésitez pas à renseigner votre donnée dans l’Opération papillons !

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2e génération : dessous des ailes marron foncé

On retrouve les œufs, seuls ou groupés, sur la face supérieure des feuilles des plantes-hôtes : ortie, houblon, orme, saule… Ils peuvent être présents en  très grand nombre, jusqu’à plus de 500 !

La chenille mesure35 mm au dernier stade. Elle est tout à fait unique et facilement reconnaissable. La tête est noire avec deux protubérances à son sommet. Le corps est brun orangé avec une plaque dorsale qui recouvre les deux derniers tiers de la chenille. Les pointes se trouvant sur cette plaque sont blanches, alors que celles plus proches de la tête sont orangées.

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La chrysalide est anguleuse, de couleur marron clair, avec une tache blanc argenté sur le dos. Elle est attachée au support par un appendice formant des crochets, le crémaster.

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Confusions possibles

Si vous habitez en région méridionale, et plus particulièrement dans l’arrière-pays niçois, vous pourrez avoir la chance de croiser, en même temps que le Robert-le-diable, la beaucoup plus rare Vanesse des pariétaires (Polygonia egea). Sa forme est assez proche, avec des ailes là aussi très découpées, mais les taches noires sont plus petites et moins nombreuses et le « C » blanc, visible chez le Robert-le-diable, devient un petit « L » sur la Vanesse des pariétaires. Pour vous aider à distinguer ces deux espèces, vous pouvez consulter cette fiche de distinction.

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Vanesse des pariétaires : « L » blanc sur le dessous des ailes

 

Dans les Landes de Gascogne

Les Parcs naturels régionaux sont, en France, créés à la fin des années Soixante, faisant écho à la création des Parcs nationaux (qui eux ne concernent que des zones inhabitées par l’homme). C’est en 1967 que le Général De Gaulle signe le décret instituant les PNR. Après plusieurs années d’études et d’expertise partout en France, le parc naturel régional des Landes de Gascogne a été l’un des premiers à être créé par décret, le 16 octobre 1970. Ils sont aujourd’hui 53, sur l’Hexagone et en Outre-Mer.

Si jamais il vous prenait l’envie d’aller visiter ce PNR, la maison du parc se situe à Belin-Béliet. Vous pourrez notamment vous renseigner sur les initiatives prises par le Parc en matière de conservation et de sensibilisation à sa biodiversité.

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En effet, le PNR conduit, avec la population et les collectivités qui le composent, différentes missions de “préservation du patrimoine, de développement équilibré des activités économiques, de sensibilisation des publics à leur environnement en éveillant la curiosité de l’hôte et de l’habitant” (ainsi que nous pouvons le lire sur le panneau de présentation du parc naturel régional des Landes de Gascogne).

Les 51 communes du Parc, depuis les portes de Bordeaux, offrent un patrimoine riche mais néanmoins fragile. Cinq espaces constituent majoritairement le parc, traversés par la rivière Leyre.

Tout d’abord, la pinède, caractéristique de cette région, présente une diversité des sous-bois où est conservée l’ancienne lande. Elle est couverte à la fois de chênes tauzins, tapissée par la molinie et la fougère aigle dans les parties humides, ou encore la bruyère cendrée dans la lande sèche. On peut y constater la présence, plus artificielle, de pins maritimes, due à l’exploitation de l’espace par l’homme, ce qui explique les variantes du paysage que l’on peut constater sur la lande.

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Ce Parc présente également des lagunes, plans d’eau temporaires ou permanents de formes arrondies. Les lagunes ont généralement des dimensions plutôt modestes, que les spécialistes font remonter à l’ère glaciaire. L’eau des lagunes est liée à la résurgence de la nappe phréatique. L’acidité et la pauvreté de cette eau, ses variations de niveau et de température créent des conditions de vie extrêmes. C’est pourquoi on peut y observer des milieux si riches et des espèces remarquables, comme le Grand Cormoran ou l’Aigrette garzette.

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Par ailleurs, la vallée de la Leyre constitue un milieu particulier dont les couleurs sont remarquables. L’eau, qui s’écoule sur un lit de couleur rouille, serpente sous une voûte de feuillages constitués d’aulnes, de chênes et de saules. Cette forêt galerie est peuplée d’insectes, d’oiseaux et de mammifères tels que libellules, martin pêcheur, héron et ragondin que l’on peut rencontrer par exemple lors d‘une descente en canoë. Dans ces milieux exceptionnels subsistent la loutre, le vison d’Europe et la cistude.

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Ces espaces naturels côtoient l’habitat humain sur tout le territoire du Parc. Cet habitat traditionnel montre l’histoire co-construite entre l’homme et son environnement. En témoignent des quartiers épars qui sont toujours visibles malgré la plantation de la forêt. Là, sur l’airial, sont près des grands chênes, de petites dépendances et des maisons à ossature de bois, avec toiture à longs pans, dont les façades à l’est et quelquefois auvents. L’écomusée de Marquèze est, pour le grand public, un lieu d’éducation pour sensibiliser à cette occupation plus intense de l’ancienne lande.

Enfin, les eaux douces de la Leyre rencontrent les eaux salées du bassin d’Arcachon. Le delta saumâtre de Leyre offre un grand patchwork de différents milieux naturels, que l’on peut voir à chaque marée comme un immense puzzle de multiples pièces imbriquées, où s’alignent d’immenses étendues de roseaux ou de baccharis, accueillantes pour les oiseaux. Dans ce milieu, la Maison de la nature propose un accueil des visiteurs toute l’année.

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Le Parc des Landes de Gascogne offre de multiples possibilités de découverte de ce patrimoine, en encadrant différentes sorties pédestres en journée ou des “soirées chauve-souris” pour sensibiliser le grand public à la biodiversité nocturne. Plusieurs manifestations sont organisées chaque année, dont les 24h pour la Biodiversité. Proposée par les équipes du Parc, cette manifestation a pour objectif de fédérer les acteurs associatifs, professionnels et les habitants autour de la préservation de la biodiversité. Les objectifs sont simples : améliorer les connaissances à l’échelle d’une commune en 24h et inviter les habitants à découvrir le monde naturaliste en participant aux inventaires des espèces animales et végétales de leur commune !

Le PNR des Landes de Gascogne est labellisé par différents organismes, notamment comme sites Natura 2000, Espaces Naturels Sensibles, ou encore site RAMSAR.

N’attendez plus pour le découvrir !

Le Parc en quelques infos :

Nombre de communes : 51

Superficie : 336 100 hectares

Nombre d’habitants : 78 100

Villes portes : Bordeaux, Mont de Marsan

Pour en savoir plus sur le Parc : https://youtu.be/gHwVjbfKScU

Sources :

https://www.parc-landes-de-gascogne.fr/Parc-Naturel-Regional-de-Gascogne/Le-parc-en-actions
https://www.parcs-naturels-regionaux.fr/parcs-naturels-regionaux/parc-naturel-regional-des-landes-de-gascogne
https://www.parc-landes-de-gascogne.fr/Parc-Naturel-Regional-de-Gascogne/Le-parc-en-actions/Patrimoine-naturel
https://www.parc-landes-de-gascogne.fr/Parc-Naturel-Regional-de-Gascogne/Le-parc-en-actions/Culture-education-patrimoine/L-education-a-l-environnement-dans-le-Parc

 

Et pourquoi ne pas profiter de votre exploration du Parc pour participer à l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts ? Vous êtes attendus, fiers explorateurs, pour partir à la recherche d’espèces forestières communes, plus rares, voire « En danger » ou « En danger critique d’extinction » !
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Les 42 espèces que vous devez retrouver vous attendent, et autant de missions d’inventaire. Pour rappel, de nombreux outils sont disponibles : des fiches de confusion pour vous aider à différencier des espèces morphologiquement proches qui sont en libre téléchargement sur le site Internet de l’Observatoire.

De même, notre application vous accompagnera dans vos déambulations forestières : simple d’utilisation et fonctionnant même hors ligne, elle vous permettra facilement de prendre connaissance et d’inventorier les espèces qui vous entourent.

Ici, découvrir et participer à l’Observatoire : www.biodiversite-foret.fr
Mais, L’OBF, ça sert à quoi déjà ?
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L’Observatoire de la Biodiversité des Forêts est un outil permanent alimentant l’INPN, l’Inventaire National du Patrimoine Naturel, géré par le Muséum national d’Histoire naturelle. En France métropolitaine, l’INPN gère des données concernant plus de 4.900 espèces de plantes et plus de 36.000 espèces animales ! Les observations récoltées dans le cadre de l’OBF actualisent ou renseignent (parfois pour la toute première fois) les données de répartition des espèces. Ces données, une fois intégrées dans l’INPN, deviennent la référence nationale et sont utilisées pour orienter des décisions sur la mise en place de plan de conservation ou de gestion d’espaces. Rien que ça !

La mission de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts est de taille, comme le précise Laurent Poncet, directeur du Service du Patrimoine Naturel, partenaire du programme : « En termes d’inventaires biologiques, ce programme a les moyens de contribuer significativement et durablement à alimenter les bases de données de l’INPN, notamment, des espèces non décrites localement depuis plusieurs décennies » (2016).

 

Pour connaître l’INPN, c’est par ici : http://inpn.mnhn.fr

 

Ce mois-ci l’OBF vous invite à participer aux 6 premières missions qui débutent en mars !

Au programme : des papillons aux couleurs évoquant l’arrivée du printemps, le Morio, l’Aurore et Robert-le-Diable.
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De plus, vous pourrez vous confronter à un important prédateur des chenilles processionnaires, le Grand calosome.
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Par ailleurs, un escargot qui préfère le crépuscule nommé Petit-gris, sera visible, ainsi qu’un longicorne adepte de la marche, le Lamie tisserand.
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Ces 6 missions couvrent l’ensemble des régions de France, et se concentrent toutes sur le PNR des Landes de Gascogne.

N’oubliez pas de photographier les espèces que vous inventoriez ; ces photos sont indispensables pour que les scientifiques valident vos données. Nous comptons sur vous pour nous faire part de vos plus beaux clichés !

La Grande Vadrouille des amphibiens

On répartit généralement les amphibiens en deux groupes : les Urodèles, dont font partie les tritons et les salamandres, et les Anoures, comme les crapauds ou les grenouilles. Ils sont tous protégés sur l’ensemble du territoire français.

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Comme leur nom l’indique, les amphibiens mènent leur vie dans deux environnements, aquatique et terrestre. De la fin de l’automne à l’arrivée du printemps, l’animal reste enfoui dans le sol et réduit l’activité de son métabolisme au minimum. Il retourne dans le milieu aquatique pendant la partie plus active de sa vie, le restant de l’année, pendant laquelle il grandit ou se reproduit.
Les grenouilles, salamandres ou autres tritons qui ont vécu tout l’hiver en forêt, entament une migration à la fin de la saison. C’est le début d’un grand voyage vers les mares, plans d’eau ou bordures de rivières, où ils sont nés, pour se reproduire à leur tour. Ces lieux sont alors pris d’assaut par des centaines, voire des milliers d’individus. Cette période ne correspond qu’à une courte phase de leur cycle de vie, celle de leur période d’accouplement et de la ponte des oeufs : c’est la migration prénuptiale des amphibiens. Ces phénomènes sont décrits comme des migrations « explosives », à savoir qu’elles sont très limitées dans le temps, et massives.

Une fois les conditions réunies (un temps relativement doux, entre 5 et 10°C, de l’humidité et peu de vent), les amphibiens se mettent en route et parcourent des distances extrêmement variables entre les espèces et les points de reproduction. En moyenne, ils parcourent quelques centaines de mètres, parfois jusqu’à un kilomètre !

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On estime que c’est dans cette période là que les populations d’amphibiens disparaissent le plus : jusqu’à 20% pour les crapauds communs et 40% pour les grenouilles rousses, chaque année. C’est notamment le réseau routier qui s’avère le plus meurtrier pour ces animaux. Soyez donc vigilants ce mois-ci, et levez le pied à proximité des « routes à amphibiens ».
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Sur certains secteurs, des systèmes pérennes de protection ont été installés, comme les crapauducs ou les batrachoducs, petits tunnels sous la route.

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Par ailleurs, une protection temporaire peut être mise en place de manière ponctuelle, qui permet en plus d’effectuer un suivi des populations. On installe des filets accompagnés de seaux, des crapaudromes, qui préservent les animaux récoltés au matin pour leur faire traverser la voie.

Ces démarches sont généralement mises en place de manière locale, grâce aux acteurs de la collectivité ou des bénévoles.

La Société Herpétologique de France a mené un inventaire de ces pratiques, et a ainsi dénombré plus de 298 sites d’après des sources très diverses. Plus de 84% des installations sont temporaires : la majorité de ces actions sont la pose de filets et seaux à proximité des routes. D’autres actions quelquefois complémentaires ont été identifiées : fermeture temporaire de routes, ramassage nocturne d’amphibiens avec ou sans pose de filet, limitation de vitesse…

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Si ces programmes vous intéressent, vous pouvez participer aux appels en Ile-de-France. Pensez d’abord à bien vous couvrir et à avoir un bon matériel en cas de pluie et pour affronter le froid. Munissez-vous d’une lampe de poche,  d’un seau, de gants (que vous humidifierez) et d’un gilet jaune pour être vu.

Par ailleurs, depuis quelques années, l’Agence régionale pour la biodiversité en Île-de-France procède au recensement des sites d’écrasements grâce à sa plateforme participative de saisie en ligne.

Dans cette perspective, vous pouvez également mettre en place des moyens de protection au quotidien :

– Laisser un espace non tondu aux abords des mares, en préférant un fauchage manuel, moins destructeur.

– Ne pas utiliser de produits de traitement ni d’engrais, en particulier à proximité de la mare.

– Ne pas utiliser de produits pour traiter l’eau.

– Ne pas introduire de poissons dans la mare, ils dévorent les têtards.

– Mettre à disposition des cachettes à proximité de la mare où les amphibiens peuvent se réfugier: un tas de bois,  de pierres,  une grosse souche, des tas de feuilles.

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Toutes ces démarches de protection peuvent aider à faire la différence pour protéger ces amphibiens, par ailleurs menacés sur beaucoup d’autres fronts, quand ils sont essentiels à la bonne santé de nos écosystèmes. Ils jouent en effet un rôle très important dans l’équilibre de notre environnement : ils sont des prédateurs pour les petits invertébrés comme les limaces ou les cloportes, et sont eux-mêmes la proie de certains oiseaux ou poissons. Or, non seulement ces animaux s’exposent à des risques de mortalité élevée ponctuellement lors des migrations, mais s’ajoutent également tout au long de leur vie d’autres facteurs, à savoir la destruction des zones humides, l’introduction d’espèces exotiques (et avec elles, des maladies, comme la chrytridiomycose, qui a décimé 90 espèces d’amphibiens), la pollution, ou les systèmes d’exploitation intensifs à proximité.

 

En conclusion sur une note plus joyeuse, pour le plaisir des curieux, petit focus sur quelques espèces emblématiques :

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La Grenouille rousse, ou Rana temporaria, fait partie des Anoures (c’est-à-dire qu’elle n’a pas de queue), au sein des Ranidés comme la grenouille verte ou la grenouille agile. Leur capacité à bondir est emblématique, de vraies championnes olympiques !

Elle rejoint les zones humides à partir de la mi-février. Lors de l’accouplement (les plus pressés n’attendent pas d’avoir rejoint le point d’eau), le mâle s’agrippe au dos de la femelle en la saisissant par les aisselles. Les femelles, plus massives, contiennent des milliers d’oeufs dans leur ventre. Seulement 1% à 6% parviennent à devenir des grenouilles. Ils éclosent au bout d’un mois en têtards, puis se métamorphosent en trois à cinq mois. Elles atteignent leur âge adulte et peuvent se reproduire à trois ans.

Après avoir déposé les oeufs en amas, les parents entament le voyage retour à partir du mois de mars.

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L’Alyte ou Crapaud accoucheur appartient lui aussi aux Anoures. Il est reconnaissable à son petit chant aigu et régulier, très semblable à celui du Hibou petit-duc. Cette espèce discrète au demeurant se reproduit de mars à octobre, et les femelles peuvent mener jusqu’à trois pontes. Son nom vient du fait que le mâle aide la femelle à mettre bas, et enroule les œufs autour des chevilles, sur ses membres postérieurs, qu’il porte ensuite jusqu’à l’éclosion.

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La Salamandre tachetée, ou Salamandre salamandra, est un amphibien Urodèle, long d’une vingtaine de centimètres. On la reconnaît très bien grâce à ses taches jaune vif (si vous la repérez près de chez vous, n’hésitez pas à participer à l’inventaire de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts !). L’accouplement se fait hors de l’eau, dès le printemps, mais c’est l’année suivante que la femelle dépose quelques dizaines de larves en eaux calmes. Comme pour les tritons, les petites salamandres ont des branchies lors de leur phase aquatique. Elles deviennent adultes entre trois et six mois selon les conditions climatiques, ou la température de l’eau.

 

Sources :

http://environnement.wallonie.be/publi/dnf/batraciens_routes.pdf

https://mesrayonsdesoleil.com/la-migration-printaniere-des-batraciens/

http://www.univers-nature.com/actualite/nature/la-migration-des-batraciens-reste-dangereuse-pour-ces-populations-54509.html

La migration des batraciens reste dangereuse pour ces populations

http://www.karch.ch/karch/migration_amphibiens

https://www.lpo.fr/actualites/la-migration-des-amphibiens-en-2019

http://www.refletsdeaudouce.fr/focus-migration-amphibiens/

http://lashf.org/amphibiens-et-routes/