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Suivez les traces !

Même si nous ne percevons pas leur présence ni ne les voyons forcément se déplacer, les animaux sont très actifs tout au long de l’année, comme en témoignent leurs empreintes qui sont de bons indices de l’agitation qui anime leur territoire. En hiver, s’ils réduisent leurs déplacements, ils n’en sont que plus visibles, notamment après une chute de neige.

En effet, pour l’observateur attentif, l’activité de la faune en forêt crée un fascinant réseau de pistes. Ainsi, pas une seule portion du sol n’est laissée vierge de toute empreinte, seulement nous décelons plus facilement à l’œil nu celles du sanglier que celles du mulot.

Observer les empreintes d’un animal vous donne donc l’occasion de mettre votre casquette du parfait trappeur !

Par les traces seules d’un animal, on peut évaluer sa corpulence relativement précisément, ainsi que sa hauteur sur pattes ou encore son comportement en déplacement si l’on suit la piste, par exemple, d’un cerf.

Le décodage des empreintes

Pour observer au mieux les empreintes, suivez des chemins de terre après la pluie, ou le bord des flaques d’eau, où les marques se moulent parfaitement. Vous pourrez différencier alors nettement les empreintes.

Plusieurs types de pieds sont à distinguer : tout d’abord, les pieds à ongles, caractéristiques du cerf, du sanglier ou du chevreuil. Les pieds à pelotes, eux, sont l’apanage du renard ou de l’écureuil. Enfin, les pieds à doigts distinguent les traces d’oiseaux.

Les griffes sont aussi un bon indice pour analyser une empreinte. Ainsi, celles des félins par exemple sont rétractiles, à l’inverse de celles du blaireau. La forme de l’empreinte varie aussi légèrement d’un pied à l’autre. Comparez le côté droit et le côté gauche pour vous en assurer.

Le terrain peut vous donner quelques difficultés pour apprécier l’empreinte. Si le sol est boueux, l’empreinte va s’y imprimer parfaitement, alors que sur un sol dur seuls quelques contours vont se dessiner.

Autre obstacle : le pied arrière se place souvent dans le pied avant lors des déplacements des animaux, l’on pourrait donc croire à une marque unique. De plus, lorsque l’animal court, ses pattes peuvent s’écarter plus largement et les empreintes des pattes arrière dépassent celles des pattes avant.

Autour d’un point d’eau, comme une mare, rendez-vous incontournable des hôtes de ces bois, les empreintes tracent un ensemble certes très artistique mais très difficilement identifiable.

Les suites d’empreintes

Un animal, lors de ses déplacements en forêt, imprime momentanément sur le sol une piste, elle-même se décomposant en ensemble des quatre pattes que l’on appelle « voie ».
La voie laissée par un animal indique plusieurs choses par l’écart ainsi que l’enchaînement entre les empreintes gauches et droites. Ainsi, on peut déterminer l’espèce, l’allure, la taille et le poids de l’individu en analysant ces éléments.
Par exemple, si les empreintes du renard et du chien présentent de nombreuses similitudes, la voie du renard est presque rectiligne alors que celle du chien est plus erratique.

Les animaux dans la neige

 

En hiver, les déplacements des animaux sont extrêmement limités. Ils ne s’aventurent au dehors que par nécessité. Dès lors, les pistes sont plus rares – mais plus aisées à observer.
Les chutes de neige créent le moment idéal pour suivre et comprendre les trajets des animaux. Ces pistes sont extrêmement propices à l’observation des cachettes des écureuils ou pour suivre le chevreuil jusqu’à son abri sous un petit résineux.

Certaines traces sont très représentatives : ainsi, on peut observer par exemple le balayage produit par la queue du renard, ou encore le chemin ouvert par une laie pour ses petits marcassins.

Attention aux coups de vent qui soulèvent la poudreuse et effacent les traces !

Certains animaux laissent des traces toutes particulières, qui ne forment pas de voie. Ainsi le campagnol, qui pour se nourrir en période de neige crée un réseau de galeries sous la neige. Au printemps lors de la fonte, se révèlent des lignes terreuses qui zèbrent l’épaisseur de la neige restante. Ces galeries, non seulement le protègent du froid, mais aussi des prédateurs.

Quels chemins suivre ?
 
Ne vous attendez pas à trouver des pistes sur les larges chemins forestiers. En effet les animaux ont une grande préférence pour les sentiers qui serpentent entre les arbres, plus discrets et plus fournis en denrées alimentaires.
Ces sentiers sont appelés des coulées, et se remarquent par une légère dépression entre les herbes ou les amas de feuilles mortes. Il est intéressant de les observer en elles-mêmes, puisqu’elles donnent des indications sur la taille de l’animal qui les fréquente et permettent d’évaluer son territoire ! Elles permettent de rejoindre les zones de nourriture ou d’eau sans se faire voir ni se fatiguer. Très pratique ! Il est en effet à souligner que le chemin emprunté, qui est le plus sûr pour les animaux, n’est ni le plus évident ni le plus rapide à parcourir. Souvent derrière une lisière pour ne pas être vu, ou contournant largement les obstacles, la coulée offre un réel jeu de piste au forestier.

Certains petits animaux vous rendront la tâche plus ardue…

En effet, ils sont passés maîtres dans l’art d’éviter la filature ! Le lièvre par exemple multiplie les détours pour brouiller les pistes qui mènent à son terrier. De plus, il suit lui-même des pistes pour éviter d’être repéré : il peut utiliser une piste de cerf, faire une boucle ou avoir une trajectoire erratique pour perturber ses prédateurs.

Il n’y a pas que les pistes !

Le trappeur averti sait également qu’il existe des étapes où l’animal se cache pour se reposer ou digérer. Ces espaces de courte halte jalonnent les coulées empruntées par les animaux. Pour les repérer, vous pourrez vous aider de nombreux indices : des poils ou excréments, restes de repas…

Bonne exploration !

Pour aller plus loin, regardez donc le documentaire accessible sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=WfWVSV93n_E 

Source :

Les habitants des forêts laissent des traces de leur passage, ONF, 21 septembre 2007

Le Sonneur à ventre jaune

Le sonneur à ventre jaune (Bombina variegata en latin) est un petit amphibien mesurant entre 3 et 6 cm de longueur. Il peut être difficile à détecter car son dos est brun voir grisé, ce qui lui fournit un camouflage parfait. En revanche, son ventre jaune tacheté de noir permet de le reconnaitre facilement, et lui sert à avertir les prédateurs de sa toxicité. Chaque individu présente un pattern de taches qui lui est propre, permettant ainsi de les distinguer les uns des autres ! Un autre critère permettant son identification est la forme de ses pupilles, s’approchant d’un cœur.

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Notez les pupilles en forme de cœur ! © Bernd Rohrschneider / FLPA – Frank Lane Picture Agency / Biosphoto

On le trouve principalement en plaine ou en moyenne montagne. Vous pourrez l’apercevoir dans des petits points d’eau, comme des ornières, des mares ou des fossés, en forêt, prairie ou bocage. Il se reproduit en effet dans des eaux stagnantes de faible profondeur bénéficiant d’un bon ensoleillement. Ces milieux étant sujets à l’assèchement, il est important d’avoir de multiples points d’eaux à proximité les uns des autres. En hiver, il retrouve un habitat terrestre et s’abrite du gel sous des pierres, des souches ou dans l’humus.

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Chaque individu présente un pattern de taches qui lui est propre © Bruno Mathieu / Biosphoto

La période de reproduction s’étale entre mai et juillet. Les mâles chantent pour attirer les femelles et délimitent leur territoire en créant des ondes à la surface de l’eau avec leurs pattes arrière. Les femelles peuvent pondre plusieurs fois dans l’été après un seul accouplement : il s’agit d’une ponte fractionnée. Les œufs sont attachés aux plantes aquatiques ou aux brindilles immergées. Une semaine après, l’éclosion a lieu et les têtards se métamorphoseront un à quatre mois plus tard.

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Ponte de Sonneur à ventre jaune © Jean-François Noblet / Biosphoto

En France, le Sonneur à ventre jaune est présent principalement dans le Nord-Est et plus rarement dans le Sud-Ouest. Sa population est en régression et il est classé vulnérable dans la liste rouge des amphibiens de France métropolitaine (2015). Participez à la récolte de données sur la répartition de cette espèce avec la mission n°4 de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts !

Sources :

Cet automne, participez aux missions champignons de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts !

Si on connaît surtout les champignons que l’on retrouve dans notre assiette, comme les cèpes ou les girolles, la forêt regorge d’espèces mystérieuses, visibles ou invisibles. En France (Métropole et Outre-mer), 9665 espèces de champignons à chapeau et 4400 espèces de lichens sont inventoriées*. Le groupe taxonomique de la fonge ou Fungi (champignons et lichens) est un groupe particulièrement riche mais méconnu. L’INPN manque de données pour certaines des espèces qui le constituent. La présence ou l’absence de ces champignons est donc à confirmer dans de nombreuses régions de France. De septembre à février, Noé vous propose de participer à 10 missions d’observation de champignons à travers le programme « Observatoire de la Biodiversité des Forêts ».

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Le Morio, l’amateur des forêts

Le Morio est un grand papillon qui affectionne particulièrement les milieux humides et qui possède une longévité remarquable : il peut vivre jusqu’à 11 mois, ce qui est plutôt rare pour ces insectes. Son nom latin, Nymphalis antiopa – de nymphe, les divinités associées à la nature, et Antiope, personnage mythologique d’une grande élégance – évoque la beauté de ce papillon. Il appartient à la famille des Nymphalidae, très grande famille de papillons de jour dans laquelle on retrouve également la Petite-Tortue ou le Paon-du-jour.

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A l’approche des vacances…

Il est déjà l’heure de planifier les grandes vacances ! Si vous souhaitez des vacances ludiques, amusantes, pleines de surprises et de découvertes, préférez les forêts à la plage. Où que vous soyez, vous en trouverez bien une à proximité pour partir en mission et découvrir ses habitants ! Munissez-vous des fiches missions sur le site internet de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts, ou de l’application smartphone Mission Forêt avec Noé.

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