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Dans les Landes de Gascogne

Les Parcs naturels régionaux sont, en France, créés à la fin des années Soixante, faisant écho à la création des Parcs nationaux (qui eux ne concernent que des zones inhabitées par l’homme). C’est en 1967 que le Général De Gaulle signe le décret instituant les PNR. Après plusieurs années d’études et d’expertise partout en France, le parc naturel régional des Landes de Gascogne a été l’un des premiers à être créé par décret, le 16 octobre 1970. Ils sont aujourd’hui 53, sur l’Hexagone et en Outre-Mer.

Si jamais il vous prenait l’envie d’aller visiter ce PNR, la maison du parc se situe à Belin-Béliet. Vous pourrez notamment vous renseigner sur les initiatives prises par le Parc en matière de conservation et de sensibilisation à sa biodiversité.

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En effet, le PNR conduit, avec la population et les collectivités qui le composent, différentes missions de “préservation du patrimoine, de développement équilibré des activités économiques, de sensibilisation des publics à leur environnement en éveillant la curiosité de l’hôte et de l’habitant” (ainsi que nous pouvons le lire sur le panneau de présentation du parc naturel régional des Landes de Gascogne).

Les 51 communes du Parc, depuis les portes de Bordeaux, offrent un patrimoine riche mais néanmoins fragile. Cinq espaces constituent majoritairement le parc, traversés par la rivière Leyre.

Tout d’abord, la pinède, caractéristique de cette région, présente une diversité des sous-bois où est conservée l’ancienne lande. Elle est couverte à la fois de chênes tauzins, tapissée par la molinie et la fougère aigle dans les parties humides, ou encore la bruyère cendrée dans la lande sèche. On peut y constater la présence, plus artificielle, de pins maritimes, due à l’exploitation de l’espace par l’homme, ce qui explique les variantes du paysage que l’on peut constater sur la lande.

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Ce Parc présente également des lagunes, plans d’eau temporaires ou permanents de formes arrondies. Les lagunes ont généralement des dimensions plutôt modestes, que les spécialistes font remonter à l’ère glaciaire. L’eau des lagunes est liée à la résurgence de la nappe phréatique. L’acidité et la pauvreté de cette eau, ses variations de niveau et de température créent des conditions de vie extrêmes. C’est pourquoi on peut y observer des milieux si riches et des espèces remarquables, comme le Grand Cormoran ou l’Aigrette garzette.

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Par ailleurs, la vallée de la Leyre constitue un milieu particulier dont les couleurs sont remarquables. L’eau, qui s’écoule sur un lit de couleur rouille, serpente sous une voûte de feuillages constitués d’aulnes, de chênes et de saules. Cette forêt galerie est peuplée d’insectes, d’oiseaux et de mammifères tels que libellules, martin pêcheur, héron et ragondin que l’on peut rencontrer par exemple lors d‘une descente en canoë. Dans ces milieux exceptionnels subsistent la loutre, le vison d’Europe et la cistude.

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Ces espaces naturels côtoient l’habitat humain sur tout le territoire du Parc. Cet habitat traditionnel montre l’histoire co-construite entre l’homme et son environnement. En témoignent des quartiers épars qui sont toujours visibles malgré la plantation de la forêt. Là, sur l’airial, sont près des grands chênes, de petites dépendances et des maisons à ossature de bois, avec toiture à longs pans, dont les façades à l’est et quelquefois auvents. L’écomusée de Marquèze est, pour le grand public, un lieu d’éducation pour sensibiliser à cette occupation plus intense de l’ancienne lande.

Enfin, les eaux douces de la Leyre rencontrent les eaux salées du bassin d’Arcachon. Le delta saumâtre de Leyre offre un grand patchwork de différents milieux naturels, que l’on peut voir à chaque marée comme un immense puzzle de multiples pièces imbriquées, où s’alignent d’immenses étendues de roseaux ou de baccharis, accueillantes pour les oiseaux. Dans ce milieu, la Maison de la nature propose un accueil des visiteurs toute l’année.

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Le Parc des Landes de Gascogne offre de multiples possibilités de découverte de ce patrimoine, en encadrant différentes sorties pédestres en journée ou des “soirées chauve-souris” pour sensibiliser le grand public à la biodiversité nocturne. Plusieurs manifestations sont organisées chaque année, dont les 24h pour la Biodiversité. Proposée par les équipes du Parc, cette manifestation a pour objectif de fédérer les acteurs associatifs, professionnels et les habitants autour de la préservation de la biodiversité. Les objectifs sont simples : améliorer les connaissances à l’échelle d’une commune en 24h et inviter les habitants à découvrir le monde naturaliste en participant aux inventaires des espèces animales et végétales de leur commune !

Le PNR des Landes de Gascogne est labellisé par différents organismes, notamment comme sites Natura 2000, Espaces Naturels Sensibles, ou encore site RAMSAR.

N’attendez plus pour le découvrir !

Le Parc en quelques infos :

Nombre de communes : 51

Superficie : 336 100 hectares

Nombre d’habitants : 78 100

Villes portes : Bordeaux, Mont de Marsan

Pour en savoir plus sur le Parc : https://youtu.be/gHwVjbfKScU

Sources :

https://www.parc-landes-de-gascogne.fr/Parc-Naturel-Regional-de-Gascogne/Le-parc-en-actions
https://www.parcs-naturels-regionaux.fr/parcs-naturels-regionaux/parc-naturel-regional-des-landes-de-gascogne
https://www.parc-landes-de-gascogne.fr/Parc-Naturel-Regional-de-Gascogne/Le-parc-en-actions/Patrimoine-naturel
https://www.parc-landes-de-gascogne.fr/Parc-Naturel-Regional-de-Gascogne/Le-parc-en-actions/Culture-education-patrimoine/L-education-a-l-environnement-dans-le-Parc

 

Et pourquoi ne pas profiter de votre exploration du Parc pour participer à l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts ? Vous êtes attendus, fiers explorateurs, pour partir à la recherche d’espèces forestières communes, plus rares, voire « En danger » ou « En danger critique d’extinction » !
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Les 42 espèces que vous devez retrouver vous attendent, et autant de missions d’inventaire. Pour rappel, de nombreux outils sont disponibles : des fiches de confusion pour vous aider à différencier des espèces morphologiquement proches qui sont en libre téléchargement sur le site Internet de l’Observatoire.

De même, notre application vous accompagnera dans vos déambulations forestières : simple d’utilisation et fonctionnant même hors ligne, elle vous permettra facilement de prendre connaissance et d’inventorier les espèces qui vous entourent.

Ici, découvrir et participer à l’Observatoire : www.biodiversite-foret.fr
Mais, L’OBF, ça sert à quoi déjà ?
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L’Observatoire de la Biodiversité des Forêts est un outil permanent alimentant l’INPN, l’Inventaire National du Patrimoine Naturel, géré par le Muséum national d’Histoire naturelle. En France métropolitaine, l’INPN gère des données concernant plus de 4.900 espèces de plantes et plus de 36.000 espèces animales ! Les observations récoltées dans le cadre de l’OBF actualisent ou renseignent (parfois pour la toute première fois) les données de répartition des espèces. Ces données, une fois intégrées dans l’INPN, deviennent la référence nationale et sont utilisées pour orienter des décisions sur la mise en place de plan de conservation ou de gestion d’espaces. Rien que ça !

La mission de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts est de taille, comme le précise Laurent Poncet, directeur du Service du Patrimoine Naturel, partenaire du programme : « En termes d’inventaires biologiques, ce programme a les moyens de contribuer significativement et durablement à alimenter les bases de données de l’INPN, notamment, des espèces non décrites localement depuis plusieurs décennies » (2016).

 

Pour connaître l’INPN, c’est par ici : http://inpn.mnhn.fr

 

Ce mois-ci l’OBF vous invite à participer aux 6 premières missions qui débutent en mars !

Au programme : des papillons aux couleurs évoquant l’arrivée du printemps, le Morio, l’Aurore et Robert-le-Diable.
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De plus, vous pourrez vous confronter à un important prédateur des chenilles processionnaires, le Grand calosome.
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Par ailleurs, un escargot qui préfère le crépuscule nommé Petit-gris, sera visible, ainsi qu’un longicorne adepte de la marche, le Lamie tisserand.
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Ces 6 missions couvrent l’ensemble des régions de France, et se concentrent toutes sur le PNR des Landes de Gascogne.

N’oubliez pas de photographier les espèces que vous inventoriez ; ces photos sont indispensables pour que les scientifiques valident vos données. Nous comptons sur vous pour nous faire part de vos plus beaux clichés !

La Grande Vadrouille des amphibiens

On répartit généralement les amphibiens en deux groupes : les Urodèles, dont font partie les tritons et les salamandres, et les Anoures, comme les crapauds ou les grenouilles. Ils sont tous protégés sur l’ensemble du territoire français.

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Comme leur nom l’indique, les amphibiens mènent leur vie dans deux environnements, aquatique et terrestre. De la fin de l’automne à l’arrivée du printemps, l’animal reste enfoui dans le sol et réduit l’activité de son métabolisme au minimum. Il retourne dans le milieu aquatique pendant la partie plus active de sa vie, le restant de l’année, pendant laquelle il grandit ou se reproduit.
Les grenouilles, salamandres ou autres tritons qui ont vécu tout l’hiver en forêt, entament une migration à la fin de la saison. C’est le début d’un grand voyage vers les mares, plans d’eau ou bordures de rivières, où ils sont nés, pour se reproduire à leur tour. Ces lieux sont alors pris d’assaut par des centaines, voire des milliers d’individus. Cette période ne correspond qu’à une courte phase de leur cycle de vie, celle de leur période d’accouplement et de la ponte des oeufs : c’est la migration prénuptiale des amphibiens. Ces phénomènes sont décrits comme des migrations « explosives », à savoir qu’elles sont très limitées dans le temps, et massives.

Une fois les conditions réunies (un temps relativement doux, entre 5 et 10°C, de l’humidité et peu de vent), les amphibiens se mettent en route et parcourent des distances extrêmement variables entre les espèces et les points de reproduction. En moyenne, ils parcourent quelques centaines de mètres, parfois jusqu’à un kilomètre !

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On estime que c’est dans cette période là que les populations d’amphibiens disparaissent le plus : jusqu’à 20% pour les crapauds communs et 40% pour les grenouilles rousses, chaque année. C’est notamment le réseau routier qui s’avère le plus meurtrier pour ces animaux. Soyez donc vigilants ce mois-ci, et levez le pied à proximité des « routes à amphibiens ».
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Sur certains secteurs, des systèmes pérennes de protection ont été installés, comme les crapauducs ou les batrachoducs, petits tunnels sous la route.

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Par ailleurs, une protection temporaire peut être mise en place de manière ponctuelle, qui permet en plus d’effectuer un suivi des populations. On installe des filets accompagnés de seaux, des crapaudromes, qui préservent les animaux récoltés au matin pour leur faire traverser la voie.

Ces démarches sont généralement mises en place de manière locale, grâce aux acteurs de la collectivité ou des bénévoles.

La Société Herpétologique de France a mené un inventaire de ces pratiques, et a ainsi dénombré plus de 298 sites d’après des sources très diverses. Plus de 84% des installations sont temporaires : la majorité de ces actions sont la pose de filets et seaux à proximité des routes. D’autres actions quelquefois complémentaires ont été identifiées : fermeture temporaire de routes, ramassage nocturne d’amphibiens avec ou sans pose de filet, limitation de vitesse…

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Si ces programmes vous intéressent, vous pouvez participer aux appels en Ile-de-France. Pensez d’abord à bien vous couvrir et à avoir un bon matériel en cas de pluie et pour affronter le froid. Munissez-vous d’une lampe de poche,  d’un seau, de gants (que vous humidifierez) et d’un gilet jaune pour être vu.

Par ailleurs, depuis quelques années, l’Agence régionale pour la biodiversité en Île-de-France procède au recensement des sites d’écrasements grâce à sa plateforme participative de saisie en ligne.

Dans cette perspective, vous pouvez également mettre en place des moyens de protection au quotidien :

– Laisser un espace non tondu aux abords des mares, en préférant un fauchage manuel, moins destructeur.

– Ne pas utiliser de produits de traitement ni d’engrais, en particulier à proximité de la mare.

– Ne pas utiliser de produits pour traiter l’eau.

– Ne pas introduire de poissons dans la mare, ils dévorent les têtards.

– Mettre à disposition des cachettes à proximité de la mare où les amphibiens peuvent se réfugier: un tas de bois,  de pierres,  une grosse souche, des tas de feuilles.

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Toutes ces démarches de protection peuvent aider à faire la différence pour protéger ces amphibiens, par ailleurs menacés sur beaucoup d’autres fronts, quand ils sont essentiels à la bonne santé de nos écosystèmes. Ils jouent en effet un rôle très important dans l’équilibre de notre environnement : ils sont des prédateurs pour les petits invertébrés comme les limaces ou les cloportes, et sont eux-mêmes la proie de certains oiseaux ou poissons. Or, non seulement ces animaux s’exposent à des risques de mortalité élevée ponctuellement lors des migrations, mais s’ajoutent également tout au long de leur vie d’autres facteurs, à savoir la destruction des zones humides, l’introduction d’espèces exotiques (et avec elles, des maladies, comme la chrytridiomycose, qui a décimé 90 espèces d’amphibiens), la pollution, ou les systèmes d’exploitation intensifs à proximité.

 

En conclusion sur une note plus joyeuse, pour le plaisir des curieux, petit focus sur quelques espèces emblématiques :

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La Grenouille rousse, ou Rana temporaria, fait partie des Anoures (c’est-à-dire qu’elle n’a pas de queue), au sein des Ranidés comme la grenouille verte ou la grenouille agile. Leur capacité à bondir est emblématique, de vraies championnes olympiques !

Elle rejoint les zones humides à partir de la mi-février. Lors de l’accouplement (les plus pressés n’attendent pas d’avoir rejoint le point d’eau), le mâle s’agrippe au dos de la femelle en la saisissant par les aisselles. Les femelles, plus massives, contiennent des milliers d’oeufs dans leur ventre. Seulement 1% à 6% parviennent à devenir des grenouilles. Ils éclosent au bout d’un mois en têtards, puis se métamorphosent en trois à cinq mois. Elles atteignent leur âge adulte et peuvent se reproduire à trois ans.

Après avoir déposé les oeufs en amas, les parents entament le voyage retour à partir du mois de mars.

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L’Alyte ou Crapaud accoucheur appartient lui aussi aux Anoures. Il est reconnaissable à son petit chant aigu et régulier, très semblable à celui du Hibou petit-duc. Cette espèce discrète au demeurant se reproduit de mars à octobre, et les femelles peuvent mener jusqu’à trois pontes. Son nom vient du fait que le mâle aide la femelle à mettre bas, et enroule les œufs autour des chevilles, sur ses membres postérieurs, qu’il porte ensuite jusqu’à l’éclosion.

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La Salamandre tachetée, ou Salamandre salamandra, est un amphibien Urodèle, long d’une vingtaine de centimètres. On la reconnaît très bien grâce à ses taches jaune vif (si vous la repérez près de chez vous, n’hésitez pas à participer à l’inventaire de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts !). L’accouplement se fait hors de l’eau, dès le printemps, mais c’est l’année suivante que la femelle dépose quelques dizaines de larves en eaux calmes. Comme pour les tritons, les petites salamandres ont des branchies lors de leur phase aquatique. Elles deviennent adultes entre trois et six mois selon les conditions climatiques, ou la température de l’eau.

 

Sources :

http://environnement.wallonie.be/publi/dnf/batraciens_routes.pdf

https://mesrayonsdesoleil.com/la-migration-printaniere-des-batraciens/

http://www.univers-nature.com/actualite/nature/la-migration-des-batraciens-reste-dangereuse-pour-ces-populations-54509.html

La migration des batraciens reste dangereuse pour ces populations

http://www.karch.ch/karch/migration_amphibiens

https://www.lpo.fr/actualites/la-migration-des-amphibiens-en-2019

http://www.refletsdeaudouce.fr/focus-migration-amphibiens/

http://lashf.org/amphibiens-et-routes/

 

Suivez les traces !

Même si nous ne percevons pas leur présence ni ne les voyons forcément se déplacer, les animaux sont très actifs tout au long de l’année, comme en témoignent leurs empreintes qui sont de bons indices de l’agitation qui anime leur territoire. En hiver, s’ils réduisent leurs déplacements, ils n’en sont que plus visibles, notamment après une chute de neige.

En effet, pour l’observateur attentif, l’activité de la faune en forêt crée un fascinant réseau de pistes. Ainsi, pas une seule portion du sol n’est laissée vierge de toute empreinte, seulement nous décelons plus facilement à l’œil nu celles du sanglier que celles du mulot.

Observer les empreintes d’un animal vous donne donc l’occasion de mettre votre casquette du parfait trappeur !

Par les traces seules d’un animal, on peut évaluer sa corpulence relativement précisément, ainsi que sa hauteur sur pattes ou encore son comportement en déplacement si l’on suit la piste, par exemple, d’un cerf.

Le décodage des empreintes

Pour observer au mieux les empreintes, suivez des chemins de terre après la pluie, ou le bord des flaques d’eau, où les marques se moulent parfaitement. Vous pourrez différencier alors nettement les empreintes.

Plusieurs types de pieds sont à distinguer : tout d’abord, les pieds à ongles, caractéristiques du cerf, du sanglier ou du chevreuil. Les pieds à pelotes, eux, sont l’apanage du renard ou de l’écureuil. Enfin, les pieds à doigts distinguent les traces d’oiseaux.

Les griffes sont aussi un bon indice pour analyser une empreinte. Ainsi, celles des félins par exemple sont rétractiles, à l’inverse de celles du blaireau. La forme de l’empreinte varie aussi légèrement d’un pied à l’autre. Comparez le côté droit et le côté gauche pour vous en assurer.

Le terrain peut vous donner quelques difficultés pour apprécier l’empreinte. Si le sol est boueux, l’empreinte va s’y imprimer parfaitement, alors que sur un sol dur seuls quelques contours vont se dessiner.

Autre obstacle : le pied arrière se place souvent dans le pied avant lors des déplacements des animaux, l’on pourrait donc croire à une marque unique. De plus, lorsque l’animal court, ses pattes peuvent s’écarter plus largement et les empreintes des pattes arrière dépassent celles des pattes avant.

Autour d’un point d’eau, comme une mare, rendez-vous incontournable des hôtes de ces bois, les empreintes tracent un ensemble certes très artistique mais très difficilement identifiable.

Les suites d’empreintes

Un animal, lors de ses déplacements en forêt, imprime momentanément sur le sol une piste, elle-même se décomposant en ensemble des quatre pattes que l’on appelle « voie ».
La voie laissée par un animal indique plusieurs choses par l’écart ainsi que l’enchaînement entre les empreintes gauches et droites. Ainsi, on peut déterminer l’espèce, l’allure, la taille et le poids de l’individu en analysant ces éléments.
Par exemple, si les empreintes du renard et du chien présentent de nombreuses similitudes, la voie du renard est presque rectiligne alors que celle du chien est plus erratique.

Les animaux dans la neige

 

En hiver, les déplacements des animaux sont extrêmement limités. Ils ne s’aventurent au dehors que par nécessité. Dès lors, les pistes sont plus rares – mais plus aisées à observer.
Les chutes de neige créent le moment idéal pour suivre et comprendre les trajets des animaux. Ces pistes sont extrêmement propices à l’observation des cachettes des écureuils ou pour suivre le chevreuil jusqu’à son abri sous un petit résineux.

Certaines traces sont très représentatives : ainsi, on peut observer par exemple le balayage produit par la queue du renard, ou encore le chemin ouvert par une laie pour ses petits marcassins.

Attention aux coups de vent qui soulèvent la poudreuse et effacent les traces !

Certains animaux laissent des traces toutes particulières, qui ne forment pas de voie. Ainsi le campagnol, qui pour se nourrir en période de neige crée un réseau de galeries sous la neige. Au printemps lors de la fonte, se révèlent des lignes terreuses qui zèbrent l’épaisseur de la neige restante. Ces galeries, non seulement le protègent du froid, mais aussi des prédateurs.

Quels chemins suivre ?
 
Ne vous attendez pas à trouver des pistes sur les larges chemins forestiers. En effet les animaux ont une grande préférence pour les sentiers qui serpentent entre les arbres, plus discrets et plus fournis en denrées alimentaires.
Ces sentiers sont appelés des coulées, et se remarquent par une légère dépression entre les herbes ou les amas de feuilles mortes. Il est intéressant de les observer en elles-mêmes, puisqu’elles donnent des indications sur la taille de l’animal qui les fréquente et permettent d’évaluer son territoire ! Elles permettent de rejoindre les zones de nourriture ou d’eau sans se faire voir ni se fatiguer. Très pratique ! Il est en effet à souligner que le chemin emprunté, qui est le plus sûr pour les animaux, n’est ni le plus évident ni le plus rapide à parcourir. Souvent derrière une lisière pour ne pas être vu, ou contournant largement les obstacles, la coulée offre un réel jeu de piste au forestier.

Certains petits animaux vous rendront la tâche plus ardue…

En effet, ils sont passés maîtres dans l’art d’éviter la filature ! Le lièvre par exemple multiplie les détours pour brouiller les pistes qui mènent à son terrier. De plus, il suit lui-même des pistes pour éviter d’être repéré : il peut utiliser une piste de cerf, faire une boucle ou avoir une trajectoire erratique pour perturber ses prédateurs.

Il n’y a pas que les pistes !

Le trappeur averti sait également qu’il existe des étapes où l’animal se cache pour se reposer ou digérer. Ces espaces de courte halte jalonnent les coulées empruntées par les animaux. Pour les repérer, vous pourrez vous aider de nombreux indices : des poils ou excréments, restes de repas…

Bonne exploration !

Pour aller plus loin, regardez donc le documentaire accessible sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=WfWVSV93n_E 

Source :

Les habitants des forêts laissent des traces de leur passage, ONF, 21 septembre 2007

Le Sonneur à ventre jaune

Le sonneur à ventre jaune (Bombina variegata en latin) est un petit amphibien mesurant entre 3 et 6 cm de longueur. Il peut être difficile à détecter car son dos est brun voir grisé, ce qui lui fournit un camouflage parfait. En revanche, son ventre jaune tacheté de noir permet de le reconnaitre facilement, et lui sert à avertir les prédateurs de sa toxicité. Chaque individu présente un pattern de taches qui lui est propre, permettant ainsi de les distinguer les uns des autres ! Un autre critère permettant son identification est la forme de ses pupilles, s’approchant d’un cœur.

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Notez les pupilles en forme de cœur ! © Bernd Rohrschneider / FLPA – Frank Lane Picture Agency / Biosphoto

On le trouve principalement en plaine ou en moyenne montagne. Vous pourrez l’apercevoir dans des petits points d’eau, comme des ornières, des mares ou des fossés, en forêt, prairie ou bocage. Il se reproduit en effet dans des eaux stagnantes de faible profondeur bénéficiant d’un bon ensoleillement. Ces milieux étant sujets à l’assèchement, il est important d’avoir de multiples points d’eaux à proximité les uns des autres. En hiver, il retrouve un habitat terrestre et s’abrite du gel sous des pierres, des souches ou dans l’humus.

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Chaque individu présente un pattern de taches qui lui est propre © Bruno Mathieu / Biosphoto

La période de reproduction s’étale entre mai et juillet. Les mâles chantent pour attirer les femelles et délimitent leur territoire en créant des ondes à la surface de l’eau avec leurs pattes arrière. Les femelles peuvent pondre plusieurs fois dans l’été après un seul accouplement : il s’agit d’une ponte fractionnée. Les œufs sont attachés aux plantes aquatiques ou aux brindilles immergées. Une semaine après, l’éclosion a lieu et les têtards se métamorphoseront un à quatre mois plus tard.

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Ponte de Sonneur à ventre jaune © Jean-François Noblet / Biosphoto

En France, le Sonneur à ventre jaune est présent principalement dans le Nord-Est et plus rarement dans le Sud-Ouest. Sa population est en régression et il est classé vulnérable dans la liste rouge des amphibiens de France métropolitaine (2015). Participez à la récolte de données sur la répartition de cette espèce avec la mission n°4 de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts !

Sources :

Cet automne, participez aux missions champignons de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts !

Si on connaît surtout les champignons que l’on retrouve dans notre assiette, comme les cèpes ou les girolles, la forêt regorge d’espèces mystérieuses, visibles ou invisibles. En France (Métropole et Outre-mer), 9665 espèces de champignons à chapeau et 4400 espèces de lichens sont inventoriées*. Le groupe taxonomique de la fonge ou Fungi (champignons et lichens) est un groupe particulièrement riche mais méconnu. L’INPN manque de données pour certaines des espèces qui le constituent. La présence ou l’absence de ces champignons est donc à confirmer dans de nombreuses régions de France. De septembre à février, Noé vous propose de participer à 10 missions d’observation de champignons à travers le programme « Observatoire de la Biodiversité des Forêts ».

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