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Ventre jaune et pupilles en coeur : c’est le Sonneur !

Nous poursuivons notre série de portraits des espèces des Quêtes Mission forêt du printemps avec cette fois-ci un petit amphibien aux couleurs bien particulières et aux réflexes peu communs … Voici le Sonneur à ventre jaune !

Un crapaud qui cache bien ses couleurs …

Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) dans le Parc Naturel Régional des Vosges du Nord, M. Rauch

Le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) est un petit amphibien de la famille des Bombinatoridae. Mesurant entre 4 et 5cm de long, il a un dos gris à brun parfois parcouru de taches plus foncées et couvert de petites verrues. Il est facilement reconnaissable à son ventre et au-dessous de ses pates jaune vif à orange marbré de points gris à noir et à ses pupilles en forme de cœur. Petite particularité, il ne possède pas de sac vocal. Ce ventre coloré sert à repousser les prédateurs. Quand il en aperçoit un qui s’approche un peu trop près, le Sonneur se cambre et se retourne sur le ventre de manière à montrer cette partie de son corps : c’est ce qu’on appelle le réflexe d’Unken. Le crapaud peut tenir cette position plusieurs minutes si cela est nécessaire. L’utilisation de couleurs vives, ou du moins de couleurs qui contrastent avec le reste de son corps est appelé la coloration aposématique. Cette technique permet de dissuader de potentiels prédateurs de les attaquer. Le Sonneur, avec sa position de défense et sa coloration, est donc souvent épargné !

Sonneur à ventre jaune en position de défense, E. Boitier
Mâle Sonneur, E. Boitier

Il existe un dimorphisme sexuel assez peu prononcé chez le Sonneur : les mâles sont généralement plus petits et leurs membres antérieurs sont plus robustes avec des callosités noirâtres.

A la recherche de points d’eau

Le Sonneur à ventre jaune s’observe dans de nombreux habitats de milieu bocager dans des prairies, en lisière de forêt ou dans des forêts de feuillus notamment en bord de chemins et dans les clairières. Il apprécie particulièrement les mares permanentes ou temporaires, les fossés, les bordures marécageuses d’étangs, les retenues d’eau artificielles voire les abreuvoirs d’animaux. Les endroits ensoleillés ou peu ombragés sont davantage privilégiés par ce petit amphibien, de même il tolère les eaux boueuses ou légèrement saumâtres tant que les berges sont accessibles pour qu’il puisse facilement accéder et sortir du point d’eau. La présence de végétation aquatique ne le gêne pas, ni son absence totale. 

Sonneur à ventre jaune dans une mare, B. Fischer

Le Sonneur est un opportuniste : il consomme toutes sortes d’invertébrés terrestres de petite taille. Des coléoptères, des fourmis, des myriapodes, des araignées mais aussi des diptères voire des petits papillons. Les larves, elles, se nourrissent, de diatomées et d’algues.

Ses habitudes

Dès octobre, les adultes débutent leur période d’hibernation qui durera jusqu’à mi-avril. Pour éviter la période de froid, le Sonneur cherche un abri sous les pierres ou les souches, dans la vase, l’humus, la mousse ou dans les fissures du sol et les galeries abandonnées. Il est actif de jour comme de nuit mais il reste le plus souvent à proximité d’un point d’eau notamment durant la saison estivale et lors des périodes de fortes chaleurs. Il peut toutefois entreprendre des déplacements relativement longs au printemps lors de la saison de reproduction.

Ponte de Sonneur à ventre jaune dans l’eau, J-P. Noblet

En effet, la maturité sexuelle est atteinte en moyenne vers l’âge de 3 à 4 ans. La reproduction a lieu durant les mois de mai à juin et peut se prolonger jusqu’en été en moyenne montagne. Elle se déroule dans des points d’eau ensoleillés présentant une importante végétation qui lui sert d’abri de protection. La ponte des femelles est fractionnée : de quelques-uns à quelques centaines œufs par amas qui sont déposés sur des brindilles immergées ou sur des plantes aquatiques. Les œufs éclosent en moins de dix jours puis les têtards, de couleur brune se métamorphosent de cinq à sept semaines plus tard, selon les conditions climatiques du milieu. Les jeunes Sonneurs restent dans leur site d’éclosion quelques jours puis le quittent ensuite pour d’autres contrées. La longévité du Sonneur à ventre jaune est de 8 à 9 ans.

Un amphibien pourtant menacé …

Bombina variegata est plutôt en régression généralisée sur le territoire national. Les évaluations réalisées par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle montrent que le Sonneur à ventre jaune fait partie des huit espèces d’amphibiens menacées en France.

Elle est classée « Vulnérable » sur la liste rouge des amphibiens de France métropolitaine. Elle est même considérée comme « Disparue » en Basse-Normandie et dans le Nord-Pas-de-Calais et « En danger critique » dans les Pays-de-la-Loire et en Haute-Normandie. Cela s’explique notamment par la fragmentation et la disparition de son habitat et notamment la raréfaction des biotopes de reproduction. L’empierrement des chemins forestiers et donc la disparition des ornières, la suppression des petites mares ou l’assèchement de zones humides sont des exemples qui participent à la destruction de son habitat. Les pollutions liées aux activités agricoles et forestières sont également une des menaces qui pèsent sur les populations de Sonneur.

Sonneur à ventre jaune dans le Parc Naturel des Monts d’Ardèche, E. Boitier

Pour aider la communauté scientifique à mieux connaitre la répartition des Sonneurs et ainsi aider à leur sauvegarde, ouvrez l’œil lors de vos balades forestières et participez à la quête Sonneur des Missions forêt de Noé. Voici un lien pour vous rappeler comment participer à ces quêtes et un tutoriel vidéo pour savoir comment ajouter vos observations via l’application INPN Espèces. Alors bonnes recherches et bonnes observations à tous !

La salamandre tachetée, un amphibien mauvais nageur

La salamandre tachetée (Salamandra salamandra) est un urodèle de la famille des Salamandridae. Un urodèle est un amphibien (eh oui, la salamandre n’est pas un lézard !) au corps allongé, possédant deux paires de pattes et conservant une queue à l’âge adulte, contrairement aux anoures (représentés par les grenouilles et les crapauds). Pouvant être confondus avec les tritons (également des urodèles), les salamandres se distinguent par leur corps lisse à l’aspect huileux et par leur queue cylindrique.

La salamandre tachetée peut atteindre jusqu’à une vingtaine de centimètres à l’âge adulte. Elle a le corps noir et présente des taches jaune vif à orangé sous forme de points et/ou de lignes, ce qui la rend facilement reconnaissable. Chaque individu possède un motif qui lui est propre et qui permet de l’identifier. Par ailleurs, étant un animal nocturne, ses grands yeux noirs sont adaptés à la vision de nuit.

© Salamandre tachetée (Salamandra salamandra) – Emmanuel Boitier

A l’arrière de ses yeux se trouvent des glandes parotoïdes, qui sécrètent une neurotoxine, le samandarin. Grâce à cela, la salamandre adulte ne connaît pas de prédateur : cette sécrétion blanchâtre est toxique voire mortelle à forte dose, pour tout animal tentant de la prédater. Les couleurs de la salamandre sont d’ailleurs un avertissement quant à sa toxicité : on parle d’aposématisme. L’Homme n’a cependant pas à craindre cette toxine qui ne passe a priori pas à travers la peau : tant que la peau n’est pas abimée ou que la toxine n’entre pas en contact avec les muqueuses ou les yeux, il n’y a pas de risque !

Par ailleurs, la salamandre possède une autre caractéristique bien pratique, notamment lorsqu’elle se sent en danger, et que l’on retrouve aussi chez les lézards : la capacité à régénérer un membre perdu !

© Sécrétion de samandarin au niveau des glandes parotoïdes d’une salamandre tachetée – Daniel Heuclin

Bien qu’il ne soit pas facile de la rencontrer, la Salamandre tachetée n’est pas un animal rare. Très répandue en Europe, elle se trouve partout en France (exceptée sur l’île de Beauté, où on trouve une autre espèce ressemblante : la Salamandre de Corse). Exclusivement terrestre à l’âge adulte, elle vit principalement dans les milieux forestiers, notamment dans les forêts de feuillus ou forêts mixtes, tant que le sol présente une certaine humidité. Elle vit cachée dans toutes sortes de cavités humides : sous des pierres, du bois mort ou des feuilles, dans des fissures rocheuses, des recoins de grottes, etc. Il arrive qu’elle s’installe aussi dans des trous anciennement occupés par d’autres animaux, comme des terriers de rongeurs ou des trous de taupes. Bien que ce soit un amphibien, l’adulte ne vit pas du tout en milieu aquatique et est même très mauvais nageur. Il peut même finir par se noyer s’il est bloqué dans un point d’eau et ne parvient pas à en sortir : par exemples, si le point d’eau est profond avec des parois trop abruptes et lisses, ou si un autre amphibien (grenouille ou crapaud) l’agrippe par erreur et le maintient pour s’accoupler.

Essentiellement nocturne, il est tout de même possible de l’observer en journée après de fortes précipitations et de participer par la même occasion à la mission qui la concerne sur l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts ! Par ailleurs, c’est un animal qui hiverne : lorsque les températures se font de plus en plus fraîches de novembre à février, elle se retire dans ses quartiers d’hiver, qui sont souvent les mêmes que pendant sa période d’activité.

Côté alimentation, la salamandre a un régime varié. Elle se nourrit d’animaux invertébrés : cloportes, vers de terre, limaces, araignées et coléoptères font son festin ! Il arrive même qu’elle mange d’autres amphibiens, comme des tritons ou des petites grenouilles.

© Salamandre tachetée mangeant un ver de terre – Daniel Heuclin

La salamandre tachetée a une durée de vie pouvant aller jusqu’à une vingtaine d’années. Elle peut atteindre la maturité sexuelle à partir de l’âge de 2 ans (jusqu’à 6 ans), et contrairement à la plupart des amphibiens, la reproduction se fait entièrement sur milieu terrestre, entre mai et septembre, avec un pic en juillet. La gestation a lieu ensuite pendant plusieurs mois jusqu’au printemps, entre février et mai, où la femelle se rend à un point d’eau calme (flaque d’eau, mare, petit cours d’eau) pour y déposer jusqu’à une cinquantaine de larves, qui ont elles une vie aquatique. C’est pourquoi, bien que l’adulte ait une vie totalement terrestre, la présence de points d’eau aux alentours est nécessaire pour la reproduction.

© Larves de salamandres tachetées – José-Luis Gomez de Francisco

A la naissance, les larves possèdent déjà des branchies externes qui leur permettent de respirer sous l’eau. Très ressemblantes aux larves de tritons, on peut les différencier grâce aux taches jaunes à la base de leurs pattes. Elles se nourrissent de tout ce qu’elles trouvent, notamment des invertébrés, et peuvent également prédater leurs congénères si la nourriture n’est pas présente en quantité suffisante. Après trois à six mois (deux mois minimum dans le cas de conditions très favorables), les larves se métamorphosent pour prendre leur forme finale d’adulte terrestre.

Menaces et protection

La salamandre tachetée est un animal protégé en France et dans la plupart des pays d’Europe depuis son inscription à l’annexe III de la Convention de Berne. Malgré ce statut, les populations de salamandres diminuent à cause de la destruction et du fractionnement de leurs habitats (construction de routes notamment), mais aussi à cause du trafic routier. En effet, les salamandres se déplacent lentement et ne sont pas assez vives pour échapper aux roues des véhicules lorsqu’elles traversent une route…

Petite anecdote

La salamandre est également appelée « salamandre de feu ». Son origine ? Autrefois, les hommes pensaient que c’était un animal qui naissait des flammes ! En effet, la salamandre s’abritant dans le bois mort, lorsque ce bois était mis au feu, la salamandre devait se précipiter pour en sortir, faisant naître ainsi de nombreux mythes et légendes.

Sources :

INPN – Fiche Salamandre tachetée

Les Parcs Nationaux de France – La salamandre tachetée

Découvrir la faune – La salamandre tachetée

Wikipédia – La salamandre tachetée

La Grande Vadrouille des amphibiens

On répartit généralement les amphibiens en deux groupes : les Urodèles, dont font partie les tritons et les salamandres, et les Anoures, comme les crapauds ou les grenouilles. Ils sont tous protégés sur l’ensemble du territoire français.

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Comme leur nom l’indique, les amphibiens mènent leur vie dans deux environnements, aquatique et terrestre. De la fin de l’automne à l’arrivée du printemps, l’animal reste enfoui dans le sol et réduit l’activité de son métabolisme au minimum. Il retourne dans le milieu aquatique pendant la partie plus active de sa vie, le restant de l’année, pendant laquelle il grandit ou se reproduit.
Les grenouilles, salamandres ou autres tritons qui ont vécu tout l’hiver en forêt, entament une migration à la fin de la saison. C’est le début d’un grand voyage vers les mares, plans d’eau ou bordures de rivières, où ils sont nés, pour se reproduire à leur tour. Ces lieux sont alors pris d’assaut par des centaines, voire des milliers d’individus. Cette période ne correspond qu’à une courte phase de leur cycle de vie, celle de leur période d’accouplement et de la ponte des oeufs : c’est la migration prénuptiale des amphibiens. Ces phénomènes sont décrits comme des migrations « explosives », à savoir qu’elles sont très limitées dans le temps, et massives.

Une fois les conditions réunies (un temps relativement doux, entre 5 et 10°C, de l’humidité et peu de vent), les amphibiens se mettent en route et parcourent des distances extrêmement variables entre les espèces et les points de reproduction. En moyenne, ils parcourent quelques centaines de mètres, parfois jusqu’à un kilomètre !

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On estime que c’est dans cette période là que les populations d’amphibiens disparaissent le plus : jusqu’à 20% pour les crapauds communs et 40% pour les grenouilles rousses, chaque année. C’est notamment le réseau routier qui s’avère le plus meurtrier pour ces animaux. Soyez donc vigilants ce mois-ci, et levez le pied à proximité des « routes à amphibiens ».
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Sur certains secteurs, des systèmes pérennes de protection ont été installés, comme les crapauducs ou les batrachoducs, petits tunnels sous la route.

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Par ailleurs, une protection temporaire peut être mise en place de manière ponctuelle, qui permet en plus d’effectuer un suivi des populations. On installe des filets accompagnés de seaux, des crapaudromes, qui préservent les animaux récoltés au matin pour leur faire traverser la voie.

Ces démarches sont généralement mises en place de manière locale, grâce aux acteurs de la collectivité ou des bénévoles.

La Société Herpétologique de France a mené un inventaire de ces pratiques, et a ainsi dénombré plus de 298 sites d’après des sources très diverses. Plus de 84% des installations sont temporaires : la majorité de ces actions sont la pose de filets et seaux à proximité des routes. D’autres actions quelquefois complémentaires ont été identifiées : fermeture temporaire de routes, ramassage nocturne d’amphibiens avec ou sans pose de filet, limitation de vitesse…

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Si ces programmes vous intéressent, vous pouvez participer aux appels en Ile-de-France. Pensez d’abord à bien vous couvrir et à avoir un bon matériel en cas de pluie et pour affronter le froid. Munissez-vous d’une lampe de poche,  d’un seau, de gants (que vous humidifierez) et d’un gilet jaune pour être vu.

Par ailleurs, depuis quelques années, l’Agence régionale pour la biodiversité en Île-de-France procède au recensement des sites d’écrasements grâce à sa plateforme participative de saisie en ligne.

Dans cette perspective, vous pouvez également mettre en place des moyens de protection au quotidien :

– Laisser un espace non tondu aux abords des mares, en préférant un fauchage manuel, moins destructeur.

– Ne pas utiliser de produits de traitement ni d’engrais, en particulier à proximité de la mare.

– Ne pas utiliser de produits pour traiter l’eau.

– Ne pas introduire de poissons dans la mare, ils dévorent les têtards.

– Mettre à disposition des cachettes à proximité de la mare où les amphibiens peuvent se réfugier: un tas de bois,  de pierres,  une grosse souche, des tas de feuilles.

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Toutes ces démarches de protection peuvent aider à faire la différence pour protéger ces amphibiens, par ailleurs menacés sur beaucoup d’autres fronts, quand ils sont essentiels à la bonne santé de nos écosystèmes. Ils jouent en effet un rôle très important dans l’équilibre de notre environnement : ils sont des prédateurs pour les petits invertébrés comme les limaces ou les cloportes, et sont eux-mêmes la proie de certains oiseaux ou poissons. Or, non seulement ces animaux s’exposent à des risques de mortalité élevée ponctuellement lors des migrations, mais s’ajoutent également tout au long de leur vie d’autres facteurs, à savoir la destruction des zones humides, l’introduction d’espèces exotiques (et avec elles, des maladies, comme la chrytridiomycose, qui a décimé 90 espèces d’amphibiens), la pollution, ou les systèmes d’exploitation intensifs à proximité.

 

En conclusion sur une note plus joyeuse, pour le plaisir des curieux, petit focus sur quelques espèces emblématiques :

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La Grenouille rousse, ou Rana temporaria, fait partie des Anoures (c’est-à-dire qu’elle n’a pas de queue), au sein des Ranidés comme la grenouille verte ou la grenouille agile. Leur capacité à bondir est emblématique, de vraies championnes olympiques !

Elle rejoint les zones humides à partir de la mi-février. Lors de l’accouplement (les plus pressés n’attendent pas d’avoir rejoint le point d’eau), le mâle s’agrippe au dos de la femelle en la saisissant par les aisselles. Les femelles, plus massives, contiennent des milliers d’oeufs dans leur ventre. Seulement 1% à 6% parviennent à devenir des grenouilles. Ils éclosent au bout d’un mois en têtards, puis se métamorphosent en trois à cinq mois. Elles atteignent leur âge adulte et peuvent se reproduire à trois ans.

Après avoir déposé les oeufs en amas, les parents entament le voyage retour à partir du mois de mars.

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L’Alyte ou Crapaud accoucheur appartient lui aussi aux Anoures. Il est reconnaissable à son petit chant aigu et régulier, très semblable à celui du Hibou petit-duc. Cette espèce discrète au demeurant se reproduit de mars à octobre, et les femelles peuvent mener jusqu’à trois pontes. Son nom vient du fait que le mâle aide la femelle à mettre bas, et enroule les œufs autour des chevilles, sur ses membres postérieurs, qu’il porte ensuite jusqu’à l’éclosion.

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La Salamandre tachetée, ou Salamandre salamandra, est un amphibien Urodèle, long d’une vingtaine de centimètres. On la reconnaît très bien grâce à ses taches jaune vif (si vous la repérez près de chez vous, n’hésitez pas à participer à l’inventaire de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts !). L’accouplement se fait hors de l’eau, dès le printemps, mais c’est l’année suivante que la femelle dépose quelques dizaines de larves en eaux calmes. Comme pour les tritons, les petites salamandres ont des branchies lors de leur phase aquatique. Elles deviennent adultes entre trois et six mois selon les conditions climatiques, ou la température de l’eau.

 

Sources :

http://environnement.wallonie.be/publi/dnf/batraciens_routes.pdf

https://mesrayonsdesoleil.com/la-migration-printaniere-des-batraciens/

http://www.univers-nature.com/actualite/nature/la-migration-des-batraciens-reste-dangereuse-pour-ces-populations-54509.html

La migration des batraciens reste dangereuse pour ces populations

http://www.karch.ch/karch/migration_amphibiens

https://www.lpo.fr/actualites/la-migration-des-amphibiens-en-2019

http://www.refletsdeaudouce.fr/focus-migration-amphibiens/

http://lashf.org/amphibiens-et-routes/

 

Le Sonneur à ventre jaune

Le sonneur à ventre jaune (Bombina variegata en latin) est un petit amphibien mesurant entre 3 et 6 cm de longueur. Il peut être difficile à détecter car son dos est brun voir grisé, ce qui lui fournit un camouflage parfait. En revanche, son ventre jaune tacheté de noir permet de le reconnaitre facilement, et lui sert à avertir les prédateurs de sa toxicité. Chaque individu présente un pattern de taches qui lui est propre, permettant ainsi de les distinguer les uns des autres ! Un autre critère permettant son identification est la forme de ses pupilles, s’approchant d’un cœur.

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Notez les pupilles en forme de cœur ! © Bernd Rohrschneider / FLPA – Frank Lane Picture Agency / Biosphoto

On le trouve principalement en plaine ou en moyenne montagne. Vous pourrez l’apercevoir dans des petits points d’eau, comme des ornières, des mares ou des fossés, en forêt, prairie ou bocage. Il se reproduit en effet dans des eaux stagnantes de faible profondeur bénéficiant d’un bon ensoleillement. Ces milieux étant sujets à l’assèchement, il est important d’avoir de multiples points d’eaux à proximité les uns des autres. En hiver, il retrouve un habitat terrestre et s’abrite du gel sous des pierres, des souches ou dans l’humus.

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Sonneur à ventre jaune à la surface – Alsace France

La période de reproduction s’étale entre mai et juillet. Les mâles chantent pour attirer les femelles et délimitent leur territoire en créant des ondes à la surface de l’eau avec leurs pattes arrière. Les femelles peuvent pondre plusieurs fois dans l’été après un seul accouplement : il s’agit d’une ponte fractionnée. Les œufs sont attachés aux plantes aquatiques ou aux brindilles immergées. Une semaine après, l’éclosion a lieu et les têtards se métamorphoseront un à quatre mois plus tard.

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Ponte de Sonneur à ventre jaune © Jean-François Noblet / Biosphoto

En France, le Sonneur à ventre jaune est présent principalement dans le Nord-Est et plus rarement dans le Sud-Ouest. Sa population est en régression et il est classé vulnérable dans la liste rouge des amphibiens de France métropolitaine (2015).

Sources :