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La Grande Vadrouille des amphibiens

On répartit généralement les amphibiens en deux groupes : les Urodèles, dont font partie les tritons et les salamandres, et les Anoures, comme les crapauds ou les grenouilles. Ils sont tous protégés sur l’ensemble du territoire français.

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Comme leur nom l’indique, les amphibiens mènent leur vie dans deux environnements, aquatique et terrestre. De la fin de l’automne à l’arrivée du printemps, l’animal reste enfoui dans le sol et réduit l’activité de son métabolisme au minimum. Il retourne dans le milieu aquatique pendant la partie plus active de sa vie, le restant de l’année, pendant laquelle il grandit ou se reproduit.
Les grenouilles, salamandres ou autres tritons qui ont vécu tout l’hiver en forêt, entament une migration à la fin de la saison. C’est le début d’un grand voyage vers les mares, plans d’eau ou bordures de rivières, où ils sont nés, pour se reproduire à leur tour. Ces lieux sont alors pris d’assaut par des centaines, voire des milliers d’individus. Cette période ne correspond qu’à une courte phase de leur cycle de vie, celle de leur période d’accouplement et de la ponte des oeufs : c’est la migration prénuptiale des amphibiens. Ces phénomènes sont décrits comme des migrations « explosives », à savoir qu’elles sont très limitées dans le temps, et massives.

Une fois les conditions réunies (un temps relativement doux, entre 5 et 10°C, de l’humidité et peu de vent), les amphibiens se mettent en route et parcourent des distances extrêmement variables entre les espèces et les points de reproduction. En moyenne, ils parcourent quelques centaines de mètres, parfois jusqu’à un kilomètre !

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On estime que c’est dans cette période là que les populations d’amphibiens disparaissent le plus : jusqu’à 20% pour les crapauds communs et 40% pour les grenouilles rousses, chaque année. C’est notamment le réseau routier qui s’avère le plus meurtrier pour ces animaux. Soyez donc vigilants ce mois-ci, et levez le pied à proximité des « routes à amphibiens ».
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Sur certains secteurs, des systèmes pérennes de protection ont été installés, comme les crapauducs ou les batrachoducs, petits tunnels sous la route.

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Par ailleurs, une protection temporaire peut être mise en place de manière ponctuelle, qui permet en plus d’effectuer un suivi des populations. On installe des filets accompagnés de seaux, des crapaudromes, qui préservent les animaux récoltés au matin pour leur faire traverser la voie.

Ces démarches sont généralement mises en place de manière locale, grâce aux acteurs de la collectivité ou des bénévoles.

La Société Herpétologique de France a mené un inventaire de ces pratiques, et a ainsi dénombré plus de 298 sites d’après des sources très diverses. Plus de 84% des installations sont temporaires : la majorité de ces actions sont la pose de filets et seaux à proximité des routes. D’autres actions quelquefois complémentaires ont été identifiées : fermeture temporaire de routes, ramassage nocturne d’amphibiens avec ou sans pose de filet, limitation de vitesse…

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Si ces programmes vous intéressent, vous pouvez participer aux appels en Ile-de-France. Pensez d’abord à bien vous couvrir et à avoir un bon matériel en cas de pluie et pour affronter le froid. Munissez-vous d’une lampe de poche,  d’un seau, de gants (que vous humidifierez) et d’un gilet jaune pour être vu.

Par ailleurs, depuis quelques années, l’Agence régionale pour la biodiversité en Île-de-France procède au recensement des sites d’écrasements grâce à sa plateforme participative de saisie en ligne.

Dans cette perspective, vous pouvez également mettre en place des moyens de protection au quotidien :

– Laisser un espace non tondu aux abords des mares, en préférant un fauchage manuel, moins destructeur.

– Ne pas utiliser de produits de traitement ni d’engrais, en particulier à proximité de la mare.

– Ne pas utiliser de produits pour traiter l’eau.

– Ne pas introduire de poissons dans la mare, ils dévorent les têtards.

– Mettre à disposition des cachettes à proximité de la mare où les amphibiens peuvent se réfugier: un tas de bois,  de pierres,  une grosse souche, des tas de feuilles.

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Toutes ces démarches de protection peuvent aider à faire la différence pour protéger ces amphibiens, par ailleurs menacés sur beaucoup d’autres fronts, quand ils sont essentiels à la bonne santé de nos écosystèmes. Ils jouent en effet un rôle très important dans l’équilibre de notre environnement : ils sont des prédateurs pour les petits invertébrés comme les limaces ou les cloportes, et sont eux-mêmes la proie de certains oiseaux ou poissons. Or, non seulement ces animaux s’exposent à des risques de mortalité élevée ponctuellement lors des migrations, mais s’ajoutent également tout au long de leur vie d’autres facteurs, à savoir la destruction des zones humides, l’introduction d’espèces exotiques (et avec elles, des maladies, comme la chrytridiomycose, qui a décimé 90 espèces d’amphibiens), la pollution, ou les systèmes d’exploitation intensifs à proximité.

 

En conclusion sur une note plus joyeuse, pour le plaisir des curieux, petit focus sur quelques espèces emblématiques :

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La Grenouille rousse, ou Rana temporaria, fait partie des Anoures (c’est-à-dire qu’elle n’a pas de queue), au sein des Ranidés comme la grenouille verte ou la grenouille agile. Leur capacité à bondir est emblématique, de vraies championnes olympiques !

Elle rejoint les zones humides à partir de la mi-février. Lors de l’accouplement (les plus pressés n’attendent pas d’avoir rejoint le point d’eau), le mâle s’agrippe au dos de la femelle en la saisissant par les aisselles. Les femelles, plus massives, contiennent des milliers d’oeufs dans leur ventre. Seulement 1% à 6% parviennent à devenir des grenouilles. Ils éclosent au bout d’un mois en têtards, puis se métamorphosent en trois à cinq mois. Elles atteignent leur âge adulte et peuvent se reproduire à trois ans.

Après avoir déposé les oeufs en amas, les parents entament le voyage retour à partir du mois de mars.

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L’Alyte ou Crapaud accoucheur appartient lui aussi aux Anoures. Il est reconnaissable à son petit chant aigu et régulier, très semblable à celui du Hibou petit-duc. Cette espèce discrète au demeurant se reproduit de mars à octobre, et les femelles peuvent mener jusqu’à trois pontes. Son nom vient du fait que le mâle aide la femelle à mettre bas, et enroule les œufs autour des chevilles, sur ses membres postérieurs, qu’il porte ensuite jusqu’à l’éclosion.

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La Salamandre tachetée, ou Salamandre salamandra, est un amphibien Urodèle, long d’une vingtaine de centimètres. On la reconnaît très bien grâce à ses taches jaune vif (si vous la repérez près de chez vous, n’hésitez pas à participer à l’inventaire de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts !). L’accouplement se fait hors de l’eau, dès le printemps, mais c’est l’année suivante que la femelle dépose quelques dizaines de larves en eaux calmes. Comme pour les tritons, les petites salamandres ont des branchies lors de leur phase aquatique. Elles deviennent adultes entre trois et six mois selon les conditions climatiques, ou la température de l’eau.

 

Sources :

http://environnement.wallonie.be/publi/dnf/batraciens_routes.pdf

https://mesrayonsdesoleil.com/la-migration-printaniere-des-batraciens/

http://www.univers-nature.com/actualite/nature/la-migration-des-batraciens-reste-dangereuse-pour-ces-populations-54509.html

La migration des batraciens reste dangereuse pour ces populations

http://www.karch.ch/karch/migration_amphibiens

https://www.lpo.fr/actualites/la-migration-des-amphibiens-en-2019

http://www.refletsdeaudouce.fr/focus-migration-amphibiens/

http://lashf.org/amphibiens-et-routes/

 

À la découverte du Maillot cendré !

Lorsque vous tapez « Maillot cendré » sur votre moteur de recherche Lilo, ne vous attendez pas à tomber immédiatement sur pléthore d’articles scientifiques concernant ce petit gastéropode… En revanche, si vous souhaitez profiter des soldes de janvier pour vous acheter un maillot de bain, c’est possible ! Rassurez-vous, cet article ne concerne pas nos conseils mode pour la saison printemps / été 2020, mais bien notre petit escargot.

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Ce petit pulmoné fait partie de la famille Chondrinidae. Le Maillot cendré ou Solatopupa similis (Bruguière, 1792) possède une coquille de taille petite à moyenne, fusiforme, dextre, au sommet pointu. Il mesure 3,5 à 14 millimètres. Cette coquille cylindrique en forme de fuseau présente des spires finement striées obliquement, de couleur gris cendré, couleur typique des espèces de milieu calcaire. La coquille comporte 8 à 10 tours, parfois 12.
Remarquez les lamelles de l’ouverture de la coquille, visibles à l’extérieur de la coquille. Par ces caractéristiques, elle rappelle une larve d’insecte (ou pupe).

Les maillots doivent leur nom à l’aspect de la coquille, qui rappelle les langes d’un enfant emmailloté.

Chez la plupart des espèces, l’ouverture est garnie d’un ensemble complexe de dents et de plis. En effet, le maillot cendré dispose de quatre dents principales opposées deux à deux au niveau de l’orifice d’entrée de la coquille lui permettant de se protéger des scolopendres.

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Cette espèce abonde en région méditerranéenne. Certaines espèces camouflent leur coquille avec des dépôts de terre et sont alors difficiles à distinguer de leur support. Le Maillot cendré est réputé pour sa timidité et montre rarement ses tentacules. Il entre en activité par temps de pluie pour effectuer de brèves excursions, pour se nourrir d’algues et de lichens.

Il vit principalement sur les falaises ou les terrains présentant des affleurements rocheux. Hors milieu forestier, il n’est pas rare de le trouver sur les vieux murs de pierre exposés au soleil. Le Maillot cendré se rencontre sur les rochers calcaires et les pierres exposées au soleil dans les petites clairières. Souvent présents en grand nombre, ils se protègent du froid ou de la chaleur à l’abri de leur coquille ou en se réfugiant dans des anfractuosités d’arbres ou de souches. On le trouve parfois aussi sur des massifs de plantes (thym, sarriette).

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On le retrouve dans les régions suivantes : Rhône-Alpes, PACA et Languedoc-Roussillon. On peut l’observer d’août à novembre et son statut de conservation UICN (Europe) est celui de préoccupation mineure (LC).

Sources :

Escargots et limaces – espèces méconnues de Rhône-Alpes par Musée des Confluences, sous la direction de Michel Côté, 2012

Le Maillot cendré

Granier Jacky. Faune malacologique apportée par les crues du Rhône sur l’île de la Barthelasse, Avignon (Mars 1960). In: Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, 30ᵉ année, n°5, mai 1961. pp. 114-125.

Guide des escargots et limaces d’Europe, M.P Kerney, R.A.D Cameron, adaptation française A. Bertrand

Limaces et escargots, reconnaître facilement 27 mollusques terrestres de nos régions, Salamandre Miniguides

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Une nouvelle étude pointe la disparition des insectes

Voici une étude de plus mettant en évidence la disparition des insectes, qui serait même plus importante que ce que les scientifiques pensaient jusqu’à présent… Une équipe internationale de chercheur a effectué des relevés d’insectes à grande échelle en Allemagne et a étudié pour la première fois l’évolution des populations de 2700 espèces d’insectes. Et le résultat a de quoi alarmer : en 10 ans, un tiers des espèces d’insectes a disparu, la biomasse d’insectes a chuté de 40% dans les forêts et de plus de 60% dans les prairies !

L’étude pointe la nécessité de coordonner les actions de conservation à échelle régionale voire nationale pour tenter d’enrayer ce déclin.

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Le Carabe splendide, une des espèces à rechercher pour l’Observatoire des Forêts

L’acquisition de connaissances sur la répartition des espèces reste importante ; vous pouvez apporter votre pierre à l’édifice en participant à l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts par exemple ! En ce mois de novembre, il n’y a pas d’insectes à rechercher mais vous pouvez guetter l’Escargot de Bourgogne ou encore partir à la recherche de champignons ! Un article à ce sujet arrive d’ailleurs sous peu, alors restez connectés …

Retrouvez toutes les missions de novembre ici !

Escargot de Bourgogne sur de la mousse Corrèze France -  -  -
L’Escargot de Bougogne, une des espèces à chercher en novembre