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De nouveaux bilans de quêtes sont disponibles !

Trois missions ont été closes à la fin de 2022 : les quêtes du Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) et du Morio (Nymphalis antiopa), lancées au printemps, et la quête de la Langue de bœuf (Fistulina hepatica), lancée à l’automne.

À partir des données que vous avez récoltées, nous avons pu confirmer la présence de ces espèces dans de nombreuses communes où elles n’avaient pas été observées auparavant, ainsi que dans deux nouveaux départements pour la Langue de bœuf.

La mission de la Langue de bœuf a compté plus de participants que l’année précédente, merci à tous les observateurs !

Pour plus de détails, voici les bilans de ces « Missions forêt » : 

Nous vous donnons rendez-vous au printemps pour l’ouverture de nouvelles quêtes ! En attendant, n’hésitez pas à participer aux trois quêtes en cours : la Salamandre tachetée, le Polypore soufré et l’Élégante striée.

Découvrez le bilan des quêtes estivales !

Entre le mois de juin et le mois de septembre, Noé vous a proposé de partir à la découverte de deux espèces de papillons estivales et présentes dans nos forêts : la Bacchante (Lopinga achine) et le Grand Mars changeant (Apatura iris).

Les données récoltées ont permis de compléter les connaissances sur ces espèces, en attestant par exemple leur présence sur des communes où elles n’avaient jamais été observées.

À noter également une observation de Bacchante qui vient confirmer la présence d’une population fonctionnelle dans le département des Alpes de Haute Provence, où elle avait été déclarée éteinte en 2014 et où elle recommence à être observée ces dernières années.

Pour plus d’informations, découvrez les bilans de ces deux missions !

À vos paniers, les châtaignes sont tombées !

L’automne est une saison riche en activités dans la forêt. De nombreuses espèces sortent le bout de leur nez, c’est l’occasion de varier les plaisirs lors de vos sorties !

La récolte des châtaignes

Le mois d’octobre est le mois propice à la récolte des châtaignes. Nous vous présentons rapidement le cycle de l’arbre et quelques astuces pour faciliter vos récoltes et bien préparer votre sortie.

Panier rempli de Châtaignes, récolte familiale, Bretagne, France
© Jean Mayet / Biosphoto
Le châtaignier, Castanea sativa

Le châtaignier européen est un arbre courant des forêts de plaine françaises. Il mesure entre 25 et 35 m de hauteur. Il fait partie de la famille des fabacées, comme le chêne et le hêtre et il est à feuillage caduc. Ses fleurs sont des chatons jaune pâle qui fleurissent en juin et en juillet. Les bogues contenant les futures châtaignes commencent leur croissance en août et maturent jusqu’en octobre, où elles s’ouvrent et tombent des branches de l’arbre. Chaque boque contient environ trois châtaignes.

Ce marron n’est pas un marron ?

Le châtaignier est facilement confondu avec le marronnier. Dans la langue courante, un « marron » désigne le fruit du marronnier (Aesculus hippocastanum) et le fruit du châtaignier de culture, les plus grosses châtaignes qui occupent la totalité de leur bogue. C’est pourquoi, quand on parle de crème de marron, on parle en réalité de crème de châtaigne. Le marron, fruit du marronnier, n’est pas comestible, il contient une molécule anticoagulante toxique pour les humains. Il faut impérativement savoir différencier ces deux arbres et leurs fruits.

Châtaignier (gauche), Marronnier d’inde (droite)
© Muriel Hazan, Pascal Goetgheluck / Biosphoto
  • Afin de les distinguer, il suffit de comparer leurs feuilles, leurs bogues et leurs fruits : Les feuilles du châtaignier poussent en spirale autour de leur tige. Elles sont individualisées, longues et fines. Celles du marronnier en revanche sont plus larges et poussent de manière opposée à partir d’une même origine par 5 ou par 7.
  • Les bogues du châtaignier sont dures et recouvertes d’une multitude d’épines acérées. Vertes à la pousse, elles sont souvent orangées une fois tombées au sol et contiennent environ trois châtaignes. Les bogues du marronnier sont vertes et plus souples, elles ne portent pas d’épines mais des pointes souples également. Elles ne renferment qu’un seul fruit.
  • La châtaigne est petite, vient par trois, et est surmontée d’une petite queue portant des petits piques similaires à sa bogue. Le marron est gros, légèrement boursouflé, et ne présente pas de petite queue.
À vos paniers !

Pour récolter des châtaignes vous aurez besoin d’un récipient pour transporter vos fruits. Le traditionnel panier en osier est toujours un très bon choix, permettant de laisser les fruits à l’air libre sans les abîmer et les renfermer. Il permet également aux petits insectes de s’échapper avant qu’ils ne se retrouvent chez vous ! Si vous n’en avez pas ce n’est pas très grave, privilégiez tout de même les sacs en tissu aux sacs en plastique. 

Munissez-vous également de matériel pour ramasser et sortir les châtaignes de leurs bogues. Il peut s’agir de chaussures robustes pour écraser les bogues, de gants de jardinage pour les ouvrir avec les mains, de la traditionnelle fourcole, une pince en bois artisanale, pour les extraire de leur carapace… Si vous êtes assez délicats et résistants, vous pouvez les ouvrir à mains nues, mais il faut savoir faire attention aux épines !

Lors de la récolte, il faut repérer les châtaignes percées : la présence d’un petit trou indique qu’elle contient probablement un insecte à l’intérieur. Pas terrible pour la dégustation : il faut essayer de récupérer des châtaignes intactes.

Châtaignes trempées © Visions Botanical / Visions Pictures / Biosphoto

Pour finir d’éliminer les mauvaises châtaignes, vous pouvez tremper votre récolte dans un grand volume d’eau. Toutes les châtaignes qui flottent à la surface ne sont pas bonnes : elles risquent d’être infestées ou d’avoir mauvais goût après cuisson. Les châtaignes qui ont coulé au fond du récipient sont bonnes à cuire.

Pour faire cuire vos châtaignes, il y a plusieurs techniques possibles, nous vous proposons une cuisson traditionnelle au four. Si vous privilégiez d’autres modes de cuisson, le site des Châtaignes d’Ardèche regorge d’astuces. 

Pour cuire vos châtaignes au four, il faut les inciser avec la pointe d’un couteau sur la face bombée. Ceci permettra d’éviter qu’elles explosent dans votre four pendant la cuisson. Elles pourront cuire pendant une petite demi-heure sur une plaque à 220°C, ou thermostat 6-7. Elles pourront être dégustées en sortant du four après épluchage.

Pendant votre sortie

Une sortie en forêt est l’occasion de chercher quelques champignons et plantes. Pour rappel, la chasse aux champignons est règlementée : 5 litres par jour et par personne. Les infractions peuvent entraîner des amendes, il vous faut bien vérifier les règlementations locales. Voici un article qui vous donne quelques indications sur la chasse aux champignons.  

Les plantes comestibles les plus fréquentes sont l’ortie, le pissenlit et le chénopode. Cet article vous présente plus en détail les plantes sauvages que vous pourrez croiser lors de vos balades.

Une fois sur place n’hésitez pas à chercher les quêtes du moment. L’Observatoire de la Biodiversité des Forêts vous propose de rechercher des espèces de champignons, d’amphibiens, de gastéropodes et de papillons dans la forêt. Voici plus d’informations sur l’observatoire et comment participer.

Vous pouvez également emporter un sac poubelle avec vous pour enlever les potentiels déchets polluant la forêt. Le nettoyage volontaire de la forêt par les visiteurs aide les gardes forestiers qui ne peuvent malheureusement pas le faire parfaitement sur tout leur terrain, escarpé, encombré, et régulièrement pollué par des détritus abandonnés.


Crédit de la photo principale : Châtaigneraie du PNR des Monts d’Ardèche France © Hervé Chellé / Biosphoto

Sources :

Les quêtes automnales sont de retour !

Les saisons changent et les missions aussi ! Cette année, nous rouvrons les deux quêtes automnales de l’année dernière : la Langue de boeuf et la Salamandre tachetée.

La Langue de boeuf (Fistulina hepatica)

Le chapeau de la Langue de boeuf est épais et peut mesurer jusqu’à 25 cm de diamètre. Il est d’une couleur rouge sombre. La Langue de boeuf peut être trouvée sur les vieux chênes et châtaigniers. Elle a une texture molle, le dessus brillant pouvant parfois sécréter un liquide rouge. Sa surface inférieure est formée de petits tubes collés les uns contre les autres formant des pores. Ces tubes sont indépendants les uns des autres et peuvent être écartés. Les plus jeunes sont comestibles.

(En savoir plus)

Langue-de-boeuf sur un tronc de Chaîtaignier © Marcos Veiga / biosphoto

La quête sera ouverte jusqu’au 31 novembre 2022.


La Salamandre tachetée (Salamandra salamandra)

La salamandre tachetée est un amphibien discret pouvant mesurer jusqu’à 20 cm de long. Son corps est noir, recouvert de taches jaunes irrégulières. Sa peau est lisse et brillante. Elle a le museau rond et des yeux très noirs. Elle aime sortir en temps humide, et sera donc observable pendant ou suivant un épisode pluvieux.

(En savoir plus)

Salamandre tachetée sur de la mousse, Auvergne France ; Lieu : Vernet-la-Varenne

Cette quête restera ouverte pendant un an, pour mesurer l’évolution des populations au cours de l’année.

La quête du Grand Mars changeant reste ouverte jusqu’à fin septembre, celle du Sonneur à ventre jaune jusqu’à fin octobre, et celle du Morio jusqu’à fin novembre. Celles du Polypore soufré et de l’Élégante striée restent disponible jusqu’à la fin de l’hiver.

Pour rappel, les observations sont recensées grâce à l’application INPN espèces, dont voici le guide d’utilisation.

Nous vous souhaitons à toutes et à tous de très belles observations !


Crédit de la photographie d’en-tête : Cerf élaphe (Cervus elaphus) debout derrière un arbre © Frédéric Desmette / Biosphoto

A la recherche du Grand Mars changeant

Photo d’en-tête : Grand Mars changeant © Marc Solari / forum Papillons et jardin

Cet été, nous vous faisons partir dans le cadre de nos quêtes estivales à la chasse à l’empereur pourpre, comme nos amis anglophones l’appellent, ce papillon impressionnant de par sa taille et ses reflets bleu profond.

Une allure d’un bleu royal

L’imago du Grand Mars changeant (Apatura iris) est caractérisé par ses grandes ailes noires aux reflets bleu-violet irisés. Cette couleur est obtenue chez les mâles grâce à la forme de leurs écailles, qui diffractent la lumière du Soleil pour donner cet aspect métallique.

Aile du Grand Mars changeant © George Bernard / biosphoto

Sur le dessus des ailes postérieures, il est caractérisé par une grande bande blanche post-discale et un unique ocelle submarginal cerclé d’orange. Ses ailes antérieures présentent de petites taches blanches.

Il se différencie du Petit Mars changeant grâce au dessous de ses ailes, très peu marqué chez ce-dernier. Les ailes antérieures arborent plusieurs couleurs de base : le brun, l’ocre, le noir et l’argent. De petites taches blanches discales et post-discales les recouvrent accompagnées d’un grand ocelle noir avec un halo fauve pupillé de blanc. L’aile postérieure quant à elle est argentée, une bande blanche indentée avec un halo brun la traverse. Le petit ocelle du dessus de l’aile est aussi visible en dessous.

Au sommet des arbres

Le Grand Mars changeant vole de juin à août en une seule génération. Il aime les grands arbres situés autour des routes forestières, des clairières, en bord de lacs ou de rivières. Il affectionne tout particulièrement les saules dont fait partie sa plante-hôte, le saule marsault (Salix caprea). On peut également le trouver sur des peupliers et sur le saule à oreillettes (Salix aurita). Plutôt que de se nourrir de fleurs, le Grand Mars changeant préfère la sève d’arbres, les excréments d’animaux, les charognes, la sueur ou encore les fruits fermentés. Il semble attiré par les fortes odeurs, un comportement qui contraste avec son allure majestueuse.

Les mâles sont territoriaux et sont attentifs à la présence de femelles depuis le haut de leurs arbres. Ils réalisent parfois des patrouilles pour les trouver. Une femelle déjà fécondée sait très bien les éviter.

Les œufs sont pondus sur le dessus des feuilles de saule et donnent naissance à de petites chenilles vertes. Après leurs premières mues, on pourra observer des cornes sur leur tête. Lorsque l’automne arrive, la chenille conserve sa feuille en l’attachant avec des soies, pour qu’elle ne tombe pas et qu’elle puisse continuer à s’en nourrir. C’est un moyen de repérer les plantes-hôtes. Le Grand Mars changeant ne migre pas, ses chenilles hibernent au stade 2 ou 3. A ce moment-là, elles se positionnent sur une branche de saule et attendent la fin de l’hiver sans protection. Elles ont alors une couleur semblable à celle de l’écorce pour se camoufler.

A l’arrivée du printemps, les chenilles se réveillent et reprennent des forces en se nourrissant des nouveaux bourgeons. Elles commencent leur nymphose sous une feuille de saule. La chrysalide est verte, similaire à la feuille, permettant un très bon camouflage. 

Chenille de Grand Mars changeant sur son saule © J. Fieber / biosphoto

Les prédateurs du Grand Mars changeant sont les mésanges, qui ciblent les chenilles, et Psilomastax pyramidalis, une guêpe parasitoïde qui infeste les chenilles et les tue lors de la nymphose. 

Un papillon plus commun qu’on pourrait le croire

L’espèce est assez étendue, présente de l’Europe à l’Asie, jusqu’au Japon, en évitant la Méditerranée. Elle est en revanche menacée par la fragmentation de son habitat et la culture industrielle de peupliers, moins robustes. La coupe de ces arbres empêche à cette espèce territoriale de prospérer.

Ce papillon est répertorié en liste rouge dans quelques régions de France sous préoccupation mineure, il est notamment presque menacé en Picardie, dans le Poitou-Charentes et en Occitanie.

Répartition actuelle en France métropolitaine / Fiche de Apatura iris / INPN 

Vivant au sommet de grands arbres, les populations sont souvent très sous-estimées, il est difficile à observer et donc à surveiller. Vos observations seraient d’une grande aide pour leur protection.

Sources :
  • MNHN & OFB [Ed]. 2003-2022. Fiche de Apatura iris (Linnaeus, 1758). Inventaire national du patrimoine naturel (INPN). Site web : https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/53786 – Le 20 juillet 2022
  • Grand Mars changeant. Wikipedia France, Le 15 juillet 2022
  • Dozières, A. et al., 2017. Papillons des jardins, des prairies et des champs. Guide de terrain pour les Observatoires de sciences participatives. 141p.
  • Lafranchis, T. et al., 2015. La vie des papillons. Éditions Diatheo. 751p.
  • Lafranchis, T., 2000. Les Papillons de jour de France,Belgique et Luxembourg et leurs chenilles. Collection Parthénope, éditions Biotope, Mèze (France). 448p.

La Bacchante, papillon d’été

Cet été, lors de vos promenades forestières, ouvrez l’œil : peut-être aurez-vous la chance d’apercevoir une Bacchante ! Ce joli papillon marron, en fort déclin depuis le XXe siècle est à rechercher dans le cadre d’une des deux quêtes estivales de notre Observatoire de la Biodiversité des Forêts, disponibles sur l’application smartphone INPN Espèces. N’hésitez donc pas à le prendre en photo et à nous transmettre vos observations !

Des ocelles caractéristiques

D’une envergure moyenne de 5 à 6cm, la Bacchante est un papillon de couleur gris-brun sombre, possédant des motifs caractéristiques sur les deux faces de ses ailes. Le dessus a une série de grands ocelles submarginaux gris sombre cerclés de jaune, tandis que le dessous présente des ocelles noirs pupillés de blanc et cerclés de jaune et de noir. Ils sont inclus dans une large bande blanche, elle-même bordée à l’extérieur par deux étroites bandes jaune ocre.

Dessus et dessous de la Bacchante © Ingeborg van Leeuwen / Flickr, Michel Rauch / Biosphoto

Prenez garde toutefois, une observation rapide peut amener à le confondre avec d’autres espèces !

En vol, il pourra être confondu avec le Myrtil (Maniola jurtina) ou avec le Tristan (Aphantopus hyperantus). Le Myrtil a lui aussi un aspect brun, bien que les femelles soient plus orangées, mais ne présente pas de séries d’ocelles sur le dessous ni sur le dessus.

Myrtil © André Simon / Biosphoto

Le Tristan, comme le Myrtil, ne possède pas de bande claire sur le revers des ailes postérieures, et les ocelles du dessus de ses ailes sont plus petits que ceux de la Bacchante.

Dessous et dessus du Tristan  © Frédéric Desmette, Matt Cole / FLPA – Frank Lane Picture Agency / Biosphoto

La Bacchante peut aussi être confondue avec les espèces du genre Coenonympha (genre auquel appartiennent les Fadets), dont certaines présentent une série d’ocelles et une bande claire sur le revers des ailes. Pour les distinguer, prêtez attention à la couleur du papillon : les Coenonympha ont la plupart du temps des teintes orangées tandis que la Bacchante est brune. De plus, le revers de l’aile antérieure des Coenonympha présente souvent un seul ocelle ou pas d’ocelle, tandis que la Bacchante a une série d’ocelles en bordure de cette aile.

Fadet des garrigues (Coenonympha dorus) © Michel Rauch / Biosphoto

Une période de vol estivale

La Bacchante vole de juin (parfois mi-mai) à fin juillet en une seule génération. Le papillon vit environ deux semaines. Il vole peu et se pose souvent dans le feuillage bas. Il apprécie la sève qui s’écoule des blessures des arbres mais aussi les excréments d’animaux et vient boire autour des flaques d’eau. À l’occasion, il butine également des fleurs de ronce ou de cerfeuil sauvage. Après l’accouplement, la femelle lâche une quarantaine d’œuf un à un, au rythme d’une dizaine par jour. Les œufs, de couleur verte ou blanchâtre, incubent en dix à douze jours. La chenille se nourrit de diverses Poacées (principalement des Brachypodes et des Molinies) et de Laîches. Elle grandit lentement de juillet à octobre, puis hiverne dans la litière jusqu’au printemps, où elle reprend une croissance plus rapide pour se nymphoser en mai. La chrysalide est suspendue dans la végétation basse et le papillon adulte en émergera deux à trois semaines plus tard.

Chenille de Bacchante © Wolfgang Wagner, http://www.pyrgus.de

Une espèce menacée

La Bacchante est présente du nord de l’Espagne au Japon, en passant par l’Europe centrale, la Russie et la Sibérie.

En France, il s’agit de l’un des papillons qui s’est le plus raréfié au cours du XXe siècle ; elle est d’ailleurs classée quasi menacée dans la Liste rouge des papillons de jour de France métropolitaine.

Ainsi, elle est très localisée mais parfois abondante dans l’Est (Bourgogne, Jura, Préalpes du nord). Elle a disparu de la région Ile de France, où elle était encore commune au XIXe siècle, ainsi que de Normandie, d’Auvergne et de pratiquement tout l’Ouest et le Centre. Elle vit le plus souvent en petites populations isolées, très dispersées dans la moitié sud. À noter également, la Bacchante est protégée sur l’ensemble du territoire métropolitain !

Répartition actuelle de la Bacchante en France métropolitaine © Pascal Dupont, 2018 / INPN

Son déclin est fortement lié à la disparition de son habitat. En effet, elle fréquente les lisières, clairières et bois clairs à strates herbacée et arbustive développées et diversifiées, jusqu’à 1100m d’altitude. La Bacchante a besoin de lumière, de chaleur, d’une bonne richesse en herbacées mais aussi d’un couvert arborescent lâche.

Ainsi, l’abandon des pratiques comme le pâturage extensif des bois clairs ou le traitement en taillis sous futaie lui est fortement préjudiciable car les buissons envahissent les clairières, entraînant la disparition des plantes et animaux forestiers dépendants de la lumière et de la chaleur. La Bacchante est également impactée par le goudronnage des chemins forestiers, la fauche inadaptée des lisières, la destruction des linéaires de haies…

Il est à noter que ce papillon se déplace peu, rarement plus de 100m, et les échanges entre populations sont limités si elles sont éloignées de plus de 700m. Ainsi, il est particulièrement impacté par la fragmentation des habitats, qui rompt les échanges entre les populations. Les grandes cultures, par exemple, sont pour lui un obstacle difficilement franchissable.

Ainsi, pour aider à la conservation de la Bacchante, il est nécessaire d’entretenir les sous-bois en maintenant une ouverture suffisante. Les stations identifiées doivent être maintenues, mais il faut également porter une attention particulière aux corridors permettant les échanges d’individus entre populations. Pour en apprendre plus sur les corridors écologiques, leurs intérêts et connaître des gestes simples à mettre en place chez soi pour y contribuer, nous vous invitons à découvrir cet article.

Sources :

Jacquot P., 2012. Les papillons menacés en Franche-Comté. Bacchante Lopinga achine (Scopoli, 1763). Union européenne, Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement de Franche-Comté, Conseil régional de Franche-Comté. 2 p.

Lafranchis, T., 2000. Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles. Collection Parthénope, éditions Biotope, Mèze (France). 448p.

Lafranchis, T. et al., 2015. La vie des papillons. Écologie, Biologie et Comportement des Rhopalocères de France. Éditions Diatheo. 751 pages. Ryelandt J., 2016. Fiche technique d’aide à la gestion et à l’entretien des biotopes de la bacchante Lopinga achine (Scolopi, 1763). CBNFC-ORI. 8 p.

Ryelandt J., 2016. Fiche technique d’aide à la gestion et à l’entretien des biotopes de la bacchante Lopinga achine (Scolopi, 1763). CBNFC-ORI. 8 p.