Redécouvrez l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts !

L’Observatoire de la Biodiversité des Forêts : qu’est-ce que c’est ?

Créé en 2014 par Noé en partenariat avec l’Unité Mixte de Services Patrimoine Naturel (OFB-CNRS-MNHN), l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts propose de partir à la découverte du milieu forestier à travers des missions, correspondant à des espèces à rechercher. Amphibiens, escargots, champignons, de nombreux groupes sont concernés. Destiné aussi bien aux néophytes qui veulent enrichir leurs connaissances qu’aux naturalistes chevronnés souhaitant compléter les cartes de répartition, cet Observatoire permet d’alimenter la base de données nationale de référence sur la biodiversité : l’INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel) et ainsi d’améliorer les connaissances nationales sur la répartition des espèces ciblées.

Une nouvelle formule

Historiquement lié à l’application smartphone « Mission forêt avec Noé », l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts change cette année de formule. En effet, l’application dédiée va disparaitre au profit d’un nouvel outil de saisie des données, l’application « INPN Espèces », téléchargeable gratuitement sur Google Play et l’App Store.

Trois missions forestières

Cet automne, ce sont trois missions qui sont ouvertes : la Salamandre tachetée (Salamandra salamandra), la Soucoupe commune (Helicigona lapicida) et la Langue de bœuf (Fistulina hepatica). Trois espèces appartenant à trois groupes très différents qui vous permettront d’appréhender la diversité du milieu forestier et des observations qui peuvent y être faites en automne. Pour plus d’informations, rendez-vous sur les fiches dédiées à chaque espèce :

Salamandre tachetée.

Soucoupe commune.

Langue de bœuf.

Profitez donc de vos promenades forestières pour rechercher ces espèces ! Vous avez jusqu’au 30 novembre pour participer !

Enfin, nous remercions la Société Herpétologique de France et la Société Mycologique de France pour leur appui précieux sur les quêtes Salamandre tachetée et Langue de bœuf.

Comment participer ?

Pour retrouver les missions de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts, rendez-vous sur l’onglet « Quêtes » de l’application INPN Espèces.

Les quêtes de l’Observatoire sont reconnaissables à leur intitulé commençant par « Mission forêt » et sont estampillées des logos de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts et de Noé.

Une fois sur la quête, il vous suffit de cliquer sur l’icône de saisie des données et de vous laisser guider !

Nous vous souhaitons de belles observations forestières !

Si vous rencontrez un quelconque problème, vous pouvez nous contacter à obf@noe.org.

Les dendro-microhabitats et la biodiversité forestière

Nous sommes déjà tous passés devant des arbres avec d’étonnants « trous » dans le tronc ou avec de curieuses excroissances en se demandant s’il n’était pas malade … Absolument pas, bien au contraire ! Et cela porte même un nom : les dendro-microhabitats.

Classés en tant qu’arbres remarquables, les Chênes creux de la Chapelle de Kernéant en Bretagne ont abrité un évadé et trois réfractaires au travail, alors obligatoire en Allemagne. Cachés entre 1940 et 1944, ils ne furent jamais découverts. © Jean-Luc & Françoise Ziegler, 2016 (Biosphoto)

Formé de « dendro » qui provient du grec « dendron » qui signifie arbre et « micro » qui signifie petit, il s’agit d’un ensemble de structures forestières de petites tailles qui constituent un lieu de vie pour la faune, la flore et les champignons. La durée de formation d’un dendro-microhabitat est très variable selon la nature de celui-ci, cela peut aller de quelques secondes à plusieurs dizaines d’années. Les arbres portant au moins un dendro-microhabitat sont appelés « arbres-habitats ». L’apparition de ces microhabitats est fortement corrélée à l’âge et au diamètre de l’arbre : plus l’arbre est vieux et présente un diamètre élevé, plus la diversité et l’abondance des dendro-microhabitats s’accroit considérablement. Une étude anglaise a en effet montré que moins de 1% des Chênes pédonculés (Quercus robur) âgés de moins de 100 ans portaient une cavité alors que ce chiffre monte à 50% pour les doubles voire triples centenaires. Les individus de plus de 400 ans eux portent tous au moins un dendro-microhabitat. Ce sont donc les arbres les plus vieux et les plus gros qui sont susceptibles de porter des dendro-microhabitats. La nature de l’arbre joue également un rôle dans la distribution de ces habitats, les conifères présentant généralement moins de dendro-microhabitats que les feuillus.

On distingue 7 types de dendro-microhabitats :

  • Les cavités sont des trous dans le bois. Sur le tronc, en pied d’arbre ou en cuvette, elles sont créées soit par des insectes saproxyliques ou par des animaux comme les oiseaux excavateurs soit par des processus de décomposition du bois. Ces cavités jouent un rôle important pour l’avifaune et les chiroptères mais également pour les champignons comme le Phellinus robustus, une espèce lignivore qui se nourrit de bois ou les coléoptères dont le Pique-Brune (Osmoderma eremita), particulièrement menacé.
  • Les blessures et bois apparents sont des points d’entrée pour les champignons. Ils sont créés par des effets mécaniques comme des cassures de tronc ou de cime par le vent, la neige, le gel, les incendies ou le débardage du bois. Par exemple, les cavités à fente décollée sont particulièrement propices au repos, à la reproduction ou à l’hivernage de certaines chauves-souris et à la nidification d’oiseaux.
  • Le bois mort dans le houpier constitut un excellent habitat pour les insectes, en particulier les coléoptères xérothermophiles qui ont besoin d’un environnement chaud et sec. De nombreux champignons, lichens mais aussi insectes et larves viennent également y trouver refuge ce qui attire les oiseaux en quête de nourriture.
  • Les excroissances surviennent à la suite d’une attaque parasitaire ou microbienne comme la loupe des bois, le chancre bactérien ou les balais de sorcières, qui sont toutes d’origine parasitaire (autre espèce végétale, bactérie, champignons, …).
Mésange bleue (Cyanistes caeruleus) sur un Polypore du bouleau (Piptoporus betulinus) © Mike Lane (Biosphoto)
  • Les sporophores de champignons et myxomycètes sont les organes reproducteurs des champignons et des myxomycètes, des organismes mobiles d’aspect gélatineux et visqueux, quasi semblable à de la moisissure. Y sont regroupés les polypores pérennes et éphémères, les champignons colonisant les troncs d’arbres. Leur présence signifie la mort complète de l’arbre dans un temps plus ou moins bref mais ce sont d’excellents microhabitats pour la biodiversité.
Les 7 types de dendro-microhabitat selon Emberger et Larrieu (2014)
  • Les structures épiphytiques[i], épixyliques[ii] ou les parasites n’utilisent l’arbre que comme un support physique. Il s’agit notamment des bryophytes, des lichens, des fougères ou du gui, ainsi que des nids d’oiseaux et des invertébrés. Il y a également les microsols d’écorce et de houpier qui résultent d’une accumulation de matière organique en décomposition soit dans les crevasses de l’écorce soit dans entre les fourches de l’arbre.
  • Les exsudats sont des coulées de sève. Elles contiennent du sucre qui attire certaines espèces de coléoptères, de diptères et de papillons comme le Grand Mars changeant (Apatura iris).

Plus les dendro-microhabitats sont nombreux, plus l’accueil de la biodiversité sera important. Ils sont en effet indispensables à des milliers d’organisme car ils servent de substrat et fournissent nourriture, perchoir, lieu d’alimentation, de reproduction et nichoir pour une grande variété d’espèces vertébrées, invertébrées et de champignons. D’autant plus quand on sait qu’au moins 25% des espèces forestières dépendent ou profitent du bois, mort ou vivant, et que nombre d’entre elles font partie des organismes les plus menacés des écosystèmes forestiers européens. Les cavités de pied, de tronc ou les écorces décollées sont considérées comme des indicateurs de biodiversité (bio-indicateurs) : on retrouve principalement des insectes, des arachnides, des gastéropodes, des oiseaux, des amphibiens, des reptiles et quelques petits mammifères ainsi que des champignons et des lichens. Par ailleurs, certains microhabitats hébergent des groupes spécifiques. C’est le cas de ce qu’on appelle les dendrotelmes. Il s’agit de cavités remplies d’eau de manière intermittente, qui hébergent des espèces animales, végétales et fongiques inféodées au milieu aquatique et que l’on trouve dans les forêts tempérées. D’ailleurs, plus de la moitié des insectes vivant dans les dentrotelmes (de « dendron » et « telma », la mare) leur sont strictement rattachés comme les larves de Systenus albimanus, une espèce de la famille des mouches typique de ces microhabitats aquatiques.  A l’inverse, un microhabitat peut se voir occupé par une espèce que partiellement. Par exemple, la Noctule de Leisler (Nyctalus leisleri), une espèce de chauve-souris, pourra tantôt utiliser une cavité de nidification d’oiseau, tantôt une cavité de tronc selon plusieurs paramètres liés à son cycle de vie et aux conditions de ces microhabitats. Autre exemple, les galeries d’insectes xylophages, qui creusent au sein même du bois mort, sont une zone de vie pour les araignées ou les abeilles solitaires et les cavités en pied d’arbre sont des protections physiques contre la pluie et la neige pour les petits mammifères et les amphibiens. Les dendro-microhabitats se trouvent donc tout autant sur du bois vivant que du bois mort ; on les appelle alors des dendro-microhabitats saproxyliques. 

Noctule de Leisler (Nyctalus leisleri) dans une cavité de tronc © Hugo Willocx (Biosphoto)

Les dendro-microhabitats sont donc des structures importantes pour la biodiversité des forêts : si un peuplement de dendro-microhabitat est diversifié alors les besoins spécifiques de plusieurs espèces seront satisfaits. Et plus il y a d’espèces, plus les fonctions écologiques comme la pollinisation ou la décomposition du bois sont assurées. Un nombre important d’espèces signifie donc une bonne santé de l’écosystème forestier. Enfin, en se décomposant ils s’incorporent au sol de la forêt par le biais des nutriments et contribuent ainsi tout au long de leur vie au maintien d’importantes fonctions écologiques.

Les dendro-microhabitats devraient donc être intégrés dans les politiques de gestion car ils constituent un outil assez pratique pour les gestionnaires d’espaces forestiers dans la mesure où ils constituent un indicateur de biodiversité. Il est donc important pour les gestionnaires soucieux de pratiquer une gestion intégrant la biodiversité d’identifier et de conserver ces arbres-habitats. Cette gestion axée sur la protection des éléments naturels comme les arbres ou les animaux renforce les services écologiques de plus en plus appréciés par les sociétés, comme la production de bois, la protection contre les dangers ou la récréation. Mais le développement d’une gestion forestière moderne et l’abandon des utilisations dites traditionnelles de la forêt provoque le déclin de ces arbres, pourtant d’une importance culturelle et écologique reconnue.

Polypore hérissé (Inonotus hispidus) sur un arbre conservé par l’Office National des Forêts © Dominique Delfino (Biosphoto)

Avec des mesures et une gestion appropriée, il est tout à fait possible de conserver et promouvoir la biodiversité forestière. Un rôle particulier revient aux vieux et aux gros arbres présentant des singularités morphologiques permettant le développement de microhabitats. Parmi quelques initiatives encourageantes, l’Ancient Tree Forum en Angleterre mérite d’être mentionné : depuis plus de 20 ans les arbres dits vétérans sont inventoriés dans tout le pays avec l’aide de la population afin de mieux connaitre et promouvoir ces arbres remarquables. L’inventaire des dendro-microhabitats est effectivement accessible à tous. Leur potentiel de bio-indicateur est également facilement visible par tous, y compris par un public non expert. Récemment une application allemande gratuite nommée HabiApp, permet de recenser les arbres-habitats par GPS selon plusieurs caractéristiques (espèce, diamètre, …) ainsi que d’importer des photos pour décrire son observation. Ces données précieuses peuvent en effet servir de base pour une planification forestière sur le long terme et ainsi aider à évaluer la valeur écologique de ces arbres-habitats.

Bibliographie :

PAILLET, Y. (2018). Les microhabitat des arbres : facteurs d’influence lien avec la biodiversité et potentiel indicateur. Thèse d’Ecologie, Museum National d’Histoire Naturelle, Paris.

REBER, A., LARRIEU, L., SCHUBERT, M., BÜTLER, R., (2015). Guide de poche des dendro-microhabitats : description des différents types de microhabitats liés aux arbres et des principales espèces qui y sont associées. 23p.

LARRIEU, L. (2014). Les dendro-microhabitats : facteurs clés de leur occurrence dans les peuplements forestiers, impact de la gestion et relation avec la biodiversité taxonomique. Thèse d’Ecologie, Université de Toulouse, Toulouse.

Swiss Federal Institute for Forest, Snow and Landscape Research, 7 formes de dendro-microhabitat. https://totholz.wsl.ch/fr/arbres-habitats/diversite-des-dendromicrohabitats/7-formes-de-dendromicrohabitats.html

KRAUS, D., BÜTLER R., KRUMM, F., LACHAT, T., LARRIEU, L., MERGNER, U., PAILLET, Y., RYDKVIST T., SCHUCK, A., WINTER, S. (2016). Catalogue des dendro-microhabitat : liste de référence pour inventaires de terrain, document technique, 16p.

BÜTLER, R. LACHAT, T., KRUMM, F., KRAUS, D. LARRIEU, L. (2020). Connaitre, conserver et promouvoir les arbres-habitats. 12p.

BÜTLER, R. ROSSET, C., LARRIEU, L. (2021). Reconnaitre les arbres-habitats grâce à l’application habitat.sylvotech.ch. Schweizerische Zeitschrift fur Forstwesen, 172(4), 242-245p.

BÜTLER, R., LACHAT, T., LARRIEU, L. PAILLET, Y. (2013). Arbres-habitats, éléments clés de la biodiversité forstières dans KRAUS, D. & KRUMM, F. Les approches intégratives en tant qu’opportunités de conservation de la biodiversité forestière, Institut européen des forêts, 308p.


[i] Organisme végétal qui croit sur d’autres végétaux sans se nourrir à ses dépens (définition CNRTL)

[ii] Organisme qui se développe à la surface du bois

Les plantes comestibles sauvages en automne

Vous les avez déjà peut-être observées, et même senties, sans vous rendre compte qu’elles auraient pu constituer un plat très apprécié par toutes et tous : il s’agit là des plantes sauvages comestibles.

Depuis des millénaires, les plantes sauvages entrent dans l’alimentation des humains au grand bonheur de notre santé et de nos papilles. Selon François Couplan, un ethnobotaniste spécialiste des plantes sauvages comestibles, en Europe, plus de 12 000 plantes sont répertoriées et 1600 d’entre elles sont comestibles contre seulement 48 qui peuvent s’avérer fatales pour l’Homme. En sachant que 29 espèces végétales représentent 90% des espèces consommées dans le monde, il est étonnant de constater que notre alimentation s’est réduite à peau de chagrin en oubliant totalement les ressources que sont les plantes sauvages.

Car ces dernières contiennent une quantité de vitamines bien supérieure à celle présentes dans nos fruits et légumes cultivés et modifiés depuis des décennies. Peu arrosées, les plantes sauvages contiennent une importante quantité de fibres. Les parties vertes des végétaux sont une source très importante de protéines de même qualité que les protéines animales car elles renferment des acides aminés essentiels à leur assimilation.

Par exemple, les orties contiennent 8 fois plus de vitamine C que les citrons et 3 fois plus de fer que les épinards ! 

Sans parler des effets médicinaux des plantes, connus depuis la nuit des temps. La forêt regorge d’espèces comestibles qui renferment des propriétés curatives connues de nos ancêtres et aujourd’hui souvent utilisées pour la confection d’huiles essentielles et de médicaments.

La récolte de plantes sauvages comporte cependant des risques. Le risque de confusion avec une plante toxique est réel. L’identification de la plante est primordiale ; il est également important de connaître la trentaine de plantes mortelles dont est pourvue la nature métropolitaine afin de s’assurer de ne jamais récolter ces espèces. Si un doute persiste, demandez conseil à un botaniste qui validera votre identification.

Outre le risque de confusion, la présence de parasites ou de produits polluants (chimiques, pesticides, proches d’une route…) peut mettre en péril votre récolte. Il est déconseillé de prélever des plantes dans des endroits pollués et il est important de nettoyer le fruit de la cueillette avec de l’eau claire et du vinaigre blanc.

Afin de conserver la naturalité de vos lieux de récolte, ne cueillez pas toutes les ressources d’une même plante et toutes les plantes d’un même emplacement et n’en prenez pas plus que nécessaire. La cueillette toute en délicatesse permet de préserver la plante ou l’arbre et ainsi de permettre à la plante de se reproduire, de se développer et de redevenir un garde-manger l’année suivante.

En automne la récolte de plantes sauvages comestibles se concentre surtout sur les baies et autres graines, cependant, certaines feuilles et fleurs sont comestibles à cette période : partons à leur rencontre !

Les plantes comestibles sauvages : les feuilles

Commençons par l’ortie (Urtica dioica), dont nous avons déjà parlé pour l’importante quantité de vitamines et de fer qu’elle contient. Cette plante que tout le monde connaît bien est une mine de bienfaits, ce qui fait d’elle une des meilleures plantes tonifiantes et source de minéraux.

La récolte commence dès le printemps et se finit à la fin de l’automne. Ce sont ses feuilles qui renferment ses propriétés aussi bien tonifiantes que gustatives. Pour la cueillette, les gants sont indispensables. Le meilleur de la plante étant les sommités, vous pouvez vous contenter de prélever les quatre premières feuilles aux ciseaux. Les feuilles d’orties doivent ensuite être nettoyées et trempées dans un bain d’eau et un peu de vinaigre blanc afin d’en retirer tous les insectes présents.

L’ortie en cuisine est devenue la reine des plantes sauvages, séchée sur un torchon pendant quelque jours, elle se transformera en assaisonnement pour vos salades, en soupe, en pesto, en houmous ou cuites à la manière des épinards, son goût est très doux malgré les apparences !

© Ortie – Michel Gunther – Biosphoto

Le plantain (Plantago sp.), qu’il soit moyen, majeur ou lancéolé (au goût le plus fin) se trouve très souvent proche des orties (dont il apaise les piqûres). En effet, le plantain est un anti-inflammatoire, un anti-allergique et un antiseptique naturel ! Il concentre également beaucoup de vitamines et de sels minéraux comme le calcium, le phosphore ou encore le potassium.

La cueillette du plantain est idéale après un bon épisode pluvieux. Sélectionnez les plus jeunes pousses au cœur de la plante, elles seront moins coriaces. 

Toute la plante est comestible mais les feuilles cuites ont une saveur de champignon très prononcée. Le plantain assaisonnera à merveille vos risottos et omelettes.

© Plantain lancéolé – Hervé Lenain / Plantain moyen – Nigel Cattlin – Biosphoto

Le chénopode blanc (Chenopodium album) est plébiscité pour son goût très proche de l’épinard. Le chénopode blanc produit des milliers de graines qui l’aident à peupler les sols récemment retournés, particulièrement autour des sols cultivés.

A ne pas confondre avec le datura, très toxique, qui en dehors de la période de floraison peut avoir une certaine ressemblance avec le chénopode bien que les feuilles de ce dernier ne soit pas symétrique à l’inverse du datura (Datura stramonium).

Le chénopode est très proche de l’épinard. Comme ce dernier, il est riche en vitamines A et C et en calcium.

Du printemps à l’automne vous pouvez cueillir ses feuilles, pour en faire des salades ou le substituer aux épinards. Ses graines sont aussi très intéressantes nutritionnellement mais elles nécessitent une cuisson à l’eau pour se révéler entièrement.

©Chénopode blanc – Juniors / Datura stramonium – Otmar Diez – Biosphoto

La bourrache (Borago officinalis) est également une plante comestible très courante que l’on trouve dans les jardins et les abords de forêts. Les pollinisateurs, particulièrement les abeilles, raffolent de son nectar présent dans ses petites fleurs bleues très reconnaissables. 

Ses grandes feuilles poilues sont riches en vitamine C et ses fleurs ont des effets contre la fièvre et la toux.

Les infusions de bourrache sont couramment utilisées et confectionnées à l’aide des fleurs de cette dernière. Le goût des feuilles de bourrache est à mi-chemin entre le concombre et l’iode, parfait pour agrémenter des salades ou pour faire une soupe que les fleurs bleues décoreront à merveille.

© Bourrache – Michel Gunther – Biosphoto

La roquette sauvage (Diplotaxis tenuifolia) ou encore le lierre terrestre (Glechoma hederacea) sont également des plantes sauvages dont les feuilles sont comestibles et particulièrement goutues. Dans le cas du lierre sauvage, contrairement à son nom, il n’appartient pas à la famille de lierres mais à celles des menthes et quelques feuilles suffisent à assaisonner un plat de son doux parfum boisé.

La roquette sauvage ou la fausse roquette quant à elles, contiennent une forte quantité de vitamines C et un goût plus piquant que la roquette cultivée, une poignée de feuilles relèvera votre pizza ou salade.

© Roquette sauvage – Digitalis / Lierre terrestre – Alexandre Petzold – Biosphoto

Les plantes aux fruits, fleurs et graines comestibles 

Les fruits rouges-oranges de l’arbousier (Arbutus unedo) se récoltent à l’automne lorsque la peau du fruit est bien rouge. “L’arbre aux fraises”, comme il est également appelé, se trouve principalement sous la Loire et en plus grande quantité dans le pourtour méditerrannéen. 

Les arbouses ont des vertues antioxydantes très recherchées ainsi que des effets diurétiques.

Les fruits cuits feront de très bonnes confitures et, fermentés, ils seront à la base d’une boisson alcoolisée riche en goût.

© Arbousier – Michel Rauch – Biosphoto

Le houblon sauvage (Humulus lupulus) aime les zones humides pour s’y installer, il affectionne particulièrement les sous-bois. Les plantes femelles produisent des strobiles, des cônes du houblon qui contiennent de la lupine, et ont des propriétés calmantes. Ils peuvent lutter contre la dépression et les insomnies lorsqu’ils sont infusés et consommés 3 fois par jour.

C’est en septembre que l’on récolte les cônes de houblon avant leur ouverture. Ils nécessitent d’être séchés avant la consommation. Ensuite, le houblon peut être cuisiné comme un légume vert, sauté, bouilli…

© Houblon sauvage – Frédéric Tournay – Biosphoto

La mauve sylvestre (Malva sylvestris) tapisse les bords de chemins aux abords des forêts dès que l’été pointe son nez. Les fleurs de mauve se récoltent du début de l’été jusqu’à la fin de l’automne. La plante se consomme entièrement, des feuilles aux fruits que l’on nomme les fromageons et qui, lorsqu’ils sont encore verts, ont un goût très prononcé de noisette. La plante a de nombreuses propriétés, c’est une source conséquente de protéine et de fer mais elle à aussi des propriétés digestives.

Les fleurs peuvent se consommer d’une multitude de façons différentes : en tisane, en soupe, en salade…

© Mauve sylvestre – Frédéric Didillon – Biosphoto

Pour finir, le fenouil sauvage (Foeniculum vulgare) pullule dans nos campagnes dès le mois de mars, cependant ses fleurs sont récoltables jusqu’en septembre et la meilleure saison pour récolter les graines est l’automne, quand la plante commence tout juste à sécher. Pour la collecte de ces dernières, les tiges de fenouil doivent être suspendues la tête en bas au-dessus d’un papier pour qu’elles puissent tomber d’elles-mêmes.

Ces graines seront une épice très parfumée qui vous permettra de reveler vos plats grâce à sa saveur d’anis et de réglisse. Les tisanes de graines soulagent les maux de tête et de dents ainsi que l’asthme. 

© Fenouil sauvage – Christian Nitard – Biosphoto

Bien d’autres plantes sauvages sont comestibles, n’hésitez pas à découvrir les merveilles dont recèle la nature et particulièrement la forêt qui a beaucoup à nous offrir si nous prenons le temps de bien regarder !

Sources :

Livre : plantes sauvages comestibles de Nat Sinob

Ce que les plantes ont à nous dire – François Couplan

La forêt et le feu

Comme chaque année, l’été apporte son lot d’incendies et de feux de forêts. Partout sur le globe le feu détruit des centaines de millions d’hectares boisés par an.

En France, selon les chiffres de l’ONF, 9 feux sur 10 sont d’origine anthropique et concernent principalement les régions du pourtour méditerranéen et la Corse. Cependant l’organisme alerte sur l’exposition du reste de la France, y compris du nord, à des feux inhabituels du fait des conditions météorologiques en pleine modification à cause du réchauffement climatique.  

Selon l’European Forest Fire Information System, sur la période 1980-2018 ce sont plus de 4 663 feux en moyenne qui se sont déclenchés par an. 90% de ces derniers sont maîtrisés en moins d’une heure, et 5% de ceux qui se produisent dans des conditions extrêmes de sécheresse et de vent sont responsables de 70 à 90% des espaces boisés brûlés.

Les feux représentent en moyenne près de 30 000 hectares de forêts qui partent chaque année en fumée.

La forêt face aux flammes

La proportion la plus importante de ces événements correspond à des feux courants qui se contentent de brûler superficiellement les feuilles et les herbes au sol.

Ces feux courants peuvent être bien plus dommageables s’ils consument une surface importante de sous-bois en brûlant ainsi toute la matière organique qu’il contient. Ces derniers peuvent durer des jours et détruire intégralement le sol. Peu fréquent en méditerranée, ce type de feu est plus courant là où se trouvent de grandes quantités de matière organique comme dans les hêtraies ou les sols humides. 

Même s’ils peuvent faire des ravages dans les systèmes souterrains, ils n’atteignent généralement pas les cimes et se contentent de lécher de leurs flammes les bases des troncs.

Les feux de surface, eux, brûlent la strate supérieure de la litière : les herbes, les arbustes et arbrisseaux, ils peuvent consumer la garrigue et les landes. Les feux de surface se propagent grâce au vent et au rayonnement thermique (la chaleur qui émane des arbres peut entraîner l’augmentation de la température d’un combustible à distance).

Les feux de cimes quant à eux sont les plus destructeurs et les plus difficiles à contenir. Ils brûlent le houppier et les branches de l’arbre en formant une couronne de feu, ils se consument vite et se propagent à une vitesse record, accentuée par le vent. Ils brûlent tout sur leur passage, en particulier lors d’un grand incendie où l’onde de chaleur peut dépasser les 500 degrés.

Ces trois sortes de feux différents peuvent avoir lieu en même temps sur un même espace boisé.

Les feux ont toujours fait partie de l’histoire de nos forêts, et plus particulièrement de celles du bassin méditerranéen. Selon Météo France, les feux de forêts ont progressé de plus de 18% entre 1960 et 2008 sur le territoire métropolitain. Auparavant, la foudre était la cause première des incendies dans le pays ; actuellement, les activités humaines en sont la principale source. Par imprudence ou malveillance, les risques de départ de feux ont explosé durant le siècle passé. 

D’autant plus depuis que les effets du réchauffement climatique se font sentir sur les forêts françaises. La sécheresse fragilise les écosystèmes tout en augmentant fortement le risque d’embrasement de la forêt à la moindre étincelle.

© Paysage de forêt et maquis incendiés – Massif des Maures – Biosphoto

Les espèces pyrophytes 

Étonnamment, malgré les ravages que causent ces incendies, certaines espèces supportent bien le feu et savent même en tirer profit. Il s’agit des espèces pyrophytes.

Présentes dans les régions sèches, elles ont su s’adapter au passage du feu au cours des millénaires. Ces plantes ont développé des aptitudes pour résister aux flammes et certaines ont besoin du feu pour faire perdurer l’espèce.

Ainsi, le chêne-liège dispose d’une écorce très épaisse qui brûle uniquement en surface, libérant de cette manière ses bourgeons. Après un incendie ses branches pourront donc arborer un nouveau feuillage. De leur côté, les ifs et les arbousiers ont une très faible inflammabilité et résistent donc de manière remarquable au passage d’un feu.

Le pin d’Alep quant à lui est une espèce pyrophyte bien connue, particulièrement du fait de son comportement de sérotinie. En effet, comme d’autres espèces de conifères, le pin d’Alep libère ses graines uniquement si les cônes enduits de résine qui les renferment sont soumis à des feux brutaux. Cette espèce est cependant très inflammable, à cause de ses branches qui ne s’élaguent pas d’elles-mêmes, de la présence de cônes en nombre dans son houppier et des éléments chimiques qu’il dégage comme les terpènes. Les nouvelles graines qui tomberont en pluie durant la semaine suivant l’incendie remplaceront ainsi les anciens spécimens calcinés par l’incendie.

D’autres végétaux, sont dits « pyrophytes actifs » car ils favorisent les départs de feu afin de profiter de l’espace laissé par la concurrence (qu’ils colonisent bien plus facilement que les autres espèces). A l’instar de l’Eucalyptus, qui produit des vapeurs fortement inflammables en plus de favoriser la propagation de l’incendie avec son tapis de feuille ou encore l’huile contenue dans son tronc qui est un excellent combustible. 

Les plantes pyrophiles, elles, ont la capacité de se développer sur un sol tout juste incendié, La chaleur émise permet de lever la dormance de leurs bourgeons. Les cistes ou encore les Calistemon (rince-bouteille) sont de parfaits exemples de ce comportement : sans feux seulement 10% des graines des cistes vont germer contre 90% après un incendie.

Indirectement, certaines espèces vont profiter des feux de forêt pour s’octroyer une place dont elles ne bénéficiaient pas auparavant.

hêne liège après incendie – Massif de l’Estérel – Alain Le Toquin – Biosphoto

Les conséquences sur la planète

Les effets d’un incendie, qui peuvent être bénéfiques pour les écosystèmes, ne le sont qu’à condition que la forêt ait le temps de se régénérer entre chaque incendie. Ce processus de régénération, comme nous le verrons, dure des décennies. Auparavant, les fréquences des incendies étaient bien moindres en comparaison à celles que nous connaissons actuellement. Le réchauffement climatique cause des évènements météorologiques extrêmes qui fragilisent en profondeur les écosystèmes et modifient les équilibres existants. Les températures de plus en plus élevées assèchent la végétation qui s’embrase bien plus facilement ; les épisodes caniculaires créent les conditions idéales pour qu’un départ de feu entraîne la destruction de centaines d’hectares de forêt ; sans parler du cercle vicieux qu’engendrent ces espaces boisés qui partent en fumée. En brûlant, la forêt relâche tout le carbone qu’elle avait accumulé, transformant ce puits de carbone en une gigantesque masse de gaz à effets de serre qui contribuent à leur tour à alimenter le réchauffement planétaire. De plus, les feux étant de plus en plus rapprochés dans le temps, les espèces qui ont le temps d’y repousser ne sont pas celles qui absorbent le plus de CO2, ni celles qui résistent le mieux aux flammes. 

Selon Météo France, les feux de forêt devraient augmenter de 20 à 40% d’ici à 2100, tout en étant plus intenses et en concernant de nouvelles régions qui jusqu’ici étaient épargnées.

Les conséquences sur les écosystèmes et la biodiversité

Les feux de forêts sont dramatiques pour la vie forestière ; cependant leurs effets varient selon l’intensité de l’incendie. 

A chaque échelle, l’écosystème s’en trouve bouleversé même s’il s’agit d’un feu rapide qui n’a brûlé que la végétation de surface. Les arbres seront fragilisés de l’intérieur, deviendront des proies faciles pour les parasites et seront plus sujets aux aléas climatiques.

Concernant les feux de cimes, les dommages sont considérables : les bourgeons et le cambium (responsable de la formation du bois) ne résistent pas aux flammes et à l’intense chaleur dégagée par l’incendie. L’arbre succombe très rapidement.

Des invasions d’insectes et de champignons suivent généralement un incendie et contribuent à fragiliser d’autant plus l’écosystème.

Les arbres décimés créent des trouées dans le sous-bois qui s’en retrouve plus ensoleillé, entraînant ainsi un dessèchement de la végétation et l’apparition de graminées, bien plus inflammables, qui augmente la probabilité qu’un nouveau feu démarre.

© Incendie de forêt entre Cassis et La Ciotat – Alain Le Toquin – Biosphoto

Le type de forêt peut être totalement modifié après le passage d’un incendie qui a ravagé de grandes surfaces, comme par exemple dans les forêts méridionales où le chêne vert a fini par être supplanté par une pinède. Ces dernières se régénèrent en 15 ans après un incendie, bien plus rapidement que les chênes verts qui ont besoin de 25 à 50 ans. 

Les feux modifient également en profondeur la biomasse et le sol forestier. Le sol est lessivé, il s’érode, des coulées de boue ravinent la litière carbonisée. L’érosion peut charrier 1 000 à 2 000 tonnes de terre par km carré dans les mois qui suivent un incendie.

Le sol se meurt, il peut atteindre 70 degrés après le passage du feu et mettre des jours à retrouver une température viable pour commencer à être repeuplé et 5 à 10 ans à retrouver un certain équilibre.

Le sol se dessèche en profondeur, privé de ses composés gorgés d’eau, sa température augmente dans les 5 premiers centimètres de profondeur (les plus riches en biomasse et micro-organismes). Bien que recouvert de cendres facilement assimilables, le sol peine à recouvrer ses forces.

De plus, le feu a eu des effets dévastateurs sur la faune sauvage et particulièrement les invertébrés.

En effet, Bernard Fischesser dans son livre La vie en forêt note que « pour chaque hectare de forêt méditerranéenne brûlée par les flammes, seraient morts 300 oiseaux, 40 mammifères, une centaine de reptiles et de batraciens et des milliers d’insectes”. Bien que ce soit un bilan à nuancer car bien des animaux réussissent à fuir les incendies, cela représente tout de même des millions d’individus calcinés qui vont perturber profondément l’équilibre biologique des lieux. 

La faune et particulièrement les espèces cavicoles voient leurs habitats et abris détruits par les flammes : le bois mort a été consumé, les arbres vieillissants qui les accueillaient précédemment dans leurs creux et cavités sont partis en fumée…

Les oiseaux, reptiles et petits mammifères restants n’ont plus de quoi se nourrir, les arbres à fruits ne sont plus, les insectes ont été carbonisés et la grande faune fuit les lieux sinistrés.

Sans les décomposeurs, les pollinisateurs et autres organismes vitaux à la vie de la forêt, l’écosystème mettra d’autant plus de temps à récupérer et à revenir à ce qu’il a pu être avant le désastre.

La régénération de la forêt

Le feu ravage les forêts à une vitesse record, mais la forêt n’est pas en reste en ce qui concerne la régénération après le passage des flammes. Cette dernière dépend du climat et de l’écosystème forestier préexistant. 

Lors de la première année qui suit un incendie, les graminées, mousses et autres petites plantes refont surface pour coloniser les lieux désolés.

Le chêne kermès ou la bruyère, qui possèdent tous deux des souches souterraines, se développeront avec l’aide nouvelle de la lumière qui profite des trouées dans la canopée des arbres pour chauffer le sol.

Les plantes pyrophiles et pyrophytes prennent la place laissée libre dans la vie forestière à l’instar des champignons et autres plantes pionnières.

5 ans après l’incendie, les traces du passage du feu sont moindres, la forêt a laissé place à une variété de graminées, d’arbustes et de plantes dont près de 75% sont des espèces d’origine. Les rejets de souche et l’ensemencement peuvent aider à l’accélération de cette reconstruction.

15 ans après l’incendie, des conifères ont repoussé, particulièrement les pins qui ont une forte capacité de régénération après incendie. Les lichens reviennent peu à peu en nombre et en variété mais il faudra attendre près de 30 ans pour que l’espace reprenne une allure de forêt et entre 70 et 100 ans pour qu’une grande majorité des arbres atteignent une hauteur de 10 à 20 mètres de haut.

© Flore pionnière de mousses et de champignons sur un tronc brûlé – Jura – Michel Rauch – Biosphoto

Du côté de la faune, les coléoptères colonisent assez rapidement le bois brûlé pour s’y reproduire et se nourrir de cette source nouvelle. Grâce à leurs déjections, le sol se régénère bien plus rapidement. Les petits mammifères, tels que les souris et autres mulots, font leurs apparitions rapidement dans les deux années qui suivent l’incendie. Ils attendent pour cela le retour des populations d’insectes.

Les oiseaux peuvent mettre plus d’un quart de siècle à revenir peupler la forêt comme la microfaune du sol.

Petit à petit la nature reprend ses droits si aucun nouvel événement ne perturbe son cycle naturel.

Sources 

Livre : La vie en forêt de Bernard Fischesser

Face aux changements climatiques, la menace des feux de forêts de plus en plus forte – Oxfam France

Les incendies de forêt et la diversité biologique – FAO

Les plantes pyrophytes – Au Jardin

Conséquences des incendies de forêts – WSL

Les arbres en été, l’heure du farniente ?

 Les infos importantes

·        Les arbres préparent les bourgeons qui débourreront le printemps suivant : de vrais planificateurs !

·        Ils font le plein de sucres pour se développer et se chargent de faire mûrir leurs fruits pour en libérer les graines.

·        Les arbres activent leur production de bois pour former de nouveaux cernes et leurs branches prennent un tour de taille.

·        Ils commencent l’acclimatation à l’hiver en s’endurcissant grâce à la mise en dormance de leurs bourgeons nouvellement créés.

·        Les feuilles et leurs stomates essaient de réguler la température lors de sécheresse même si un des risques premiers lors de ces évènements est l’embolie gazeuse.

L’arbre saisonnier

Le printemps sonne le début de saison pour les arbres de nos forêts tempérées. Comme nous l’avons vu précédemment dans l’article sur le renouveau des arbres au printemps, c’est à cette saison que la forêt semble s’éveiller après des mois de dormance hivernale.

De nombreux phénomènes bouleversent les géants de la forêt, du débourrement des bourgeons à leur reproduction. Mais que se passe-t-il durant la période estivale, les arbres deviennent-ils oisifs, prennent-ils du bon temps au soleil ? Bien au contraire !

Les arbres sont réglés sur le cycle des 4 saisons, chaque année à la même période se reproduisent les mêmes phénomènes. L’été étant la période de l’année (et de loin !) la plus ensoleillée, les arbres font le plein de soleil et se livrent une guerre féroce entre eux pour y avoir accès et ainsi garantir leur survie. Grâce à cette ressource lumineuse, les arbres se développent et font des réserves de sucres (issus de la photosynthèse) dans leurs leur bois pour emmagasiner l’énergie dont ils n’ont pas besoin dans l’immédiat. Ils pourront s’en servir lors des moments difficiles de l’hiver.

La préparation des nouveaux bourgeons

Les arbres sont des as de la planification. Un an en avance, ils prévoient la préparation des bourgeons et pousses qui débourreront et verront le jour au printemps suivant.

C’est grâce au méristème que l’arbre crée ses bourgeons et donc grandit toute sa vie. Le méristème est en effet le tissu végétal de type embryonnaire essentiel à toutes les plantes pour leur développement (presque) infini. Il est chargé de la croissance en longueur des branches et des racines. 9 mois avant le printemps le méristème a déjà préformé le bourgeon grâce à la création de feuilles qui se transforment en écailles pour que le bourgeon survive à l’hiver.

Cependant certaines espèces d’arbres tel que le chêne, se développent en plusieurs vagues au cours de l’année. La première vague est celle du printemps, puis en juin, avec les premières chaleurs l’arbre débourre une seconde fois, comme s’il s’agissait d’un deuxième printemps et peut reproduire ce phénomène une nouvelle fois à la fin de l’été avant d’entrer dans sa phase de dormance.

La confection des fruits et graines

L’été est synonyme de sucres pour l’arbre. En effet, les fruits, les ovules fécondés de l’arbre, alimentent la graine en sucres tout au long de sa maturation.

Ils sont appelés organes-puits car ils se nourrissent des sucres de la sève produites par les organes-sources : les feuilles.

Les graines ont besoin d’une grande quantité de sucres issus de la photosynthèse pour se développer et devenir attrayantes pour les disséminateurs qui les consomment et les dispersent. C’est particulièrement le cas pour les fruits charnus qui ont besoin d’attirer les oiseaux et mammifères qui vont se charger de disséminer les graines. Pour cela, le fruit vert (plein de chlorophylle avec un faible taux de sucre) doit subir de multiples transformations pour devenir comestible et attrayant pour les animaux. Il fait appel pour cela à l’éthylène, une hormone végétale responsable des changements de texture, de couleur et de goût dans le processus de murissement des fruits. Plus le fruit prend de l’âge, plus la quantité d’éthylène augmente. L’éthylène étant volatile, elle se déplace au sein des fruits d’un même arbre pour synchroniser leur maturation. Lors de cette étape, les sucres s’accumulent dans le fruit qui créent des arômes et parfums attrayants signalant le fort taux de sucre et la présence de la graine arrivée à maturité. Ils se colorent pour être vus par les animaux qui s’en délectent.

Une fois les fruits arrivés à maturité, l’arbre stocke le reste de ses réserves carbonées à l’intérieur de son tronc dans le xylème. Cela lui permettra ainsi d’avoir assez d’énergie pour débourrer ses bourgeons déjà préformée au printemps. En effet, sans feuilles l’arbre n’a pas de ressource pour fabriquer des sucres grâce à la photosynthèse.

© Fauvette à tête noire et baies de sureau – Claude Balcaen – Biosphoto

Les branches prennent de l’épaisseur

Les branches cherchent année après année à s’élever un peu plus haut dans le ciel dans le but d’obtenir le plus de lumière possible. Ces dernières doivent également prendre un tour de taille plus important pour s’adapter au poids grandissant des feuilles et petites branches qui viennent s’ajouter chaque année. C’est le rôle du cambium, aussi appelé seconde écorce, qui renferme les cellules méristématiques secondaires responsables de la formation du bois dans l’arbre.

Pour les espèces d’arbres à zones poreuses, contenant des vaisseaux de gros diamètres où la sève circule vite comme le châtaignier ou le chêne par exemple (à l’inverse les espèces à pores diffus comme le hêtre, le bouleau ou encore le tilleul ont des vaisseaux d’un diamètre bien plus petit dans lesquels la sève circule bien moins rapidement), deux bois différents sont créés au cours de l’année : le bois de printemps et le bois d’été.

Le bois de printemps ou bois initial est composé de gros vaisseaux qui permettent un transfert important d’eau indispensable pour irriguer les extrémités de l’arbre. Au moment de l’été, le cambium se transforme pour ne plus fabriquer que de petits vaisseaux bien plus dense et plus rigide que l’on appelle le bois d’été ou bois final. C’est à cause de la réduction (dû aux conditions météos) de la quantité d’eau dans le sol que le cambium change sa configuration et produit un bois bien différent. Ces différences de densité sont observables sur les cernes d’un chêne.

La fin de l’été sonne l’arrêt de la production de bois pour se consacrer uniquement à la confection des bourgeons et des réserves pour l’hiver.

© Cernes de chêne alternance bois de printemps et d’été – H.Curtis – Biosphoto

L’endurcissement et l’aoûtement

L’arbre prévoit bien à l’avance les adaptations nécessaires à la rudesse du futur l’hiver. C’est un être poïkilotherme, dit à sang froid : sa température interne varie avec celle de son milieu, il craint donc tout particulièrement le gel.

Chaque année, il doit repasser par les mêmes étapes entre la fin de l’été et le mois d’octobre afin de s’endurcir. Ce procédé d’acclimatation s’appelle l’aoûtement.

Durant deux mois, à partir de juillet, l’arbre occupe la majeure partie de son temps à anticiper la saison froide. Il commence cette préparation par la mise en dormance des bourgeons confectionnés en juillet. On appelle cette dormance une endodormance car rien ne pourra réveiller les bourgeons avant leur terme, même des températures estivales à l’automne. Les bourgeons sont ainsi protégés grâce à une barrière installée entre le méristème du bourgeon (tissu végétal de type embryonnaire essentiel à toutes les plantes pour leur croissance) et le reste de l’arbre.

Ensuite, l’arbre cesse les échanges nutritifs au sein de ses cellules afin de ralentir son métabolisme en coupant les voies de communication.

A l’automne, cet endurcissement continue afin que l’arbre soit paré au début de l’hiver à toutes les éventualités.

Le rôle des feuilles

Comme nous l’avons vu précédemment, les feuilles sont les organes-sources de l’arbre, elles apparaissent au printemps pour les feuillus. Grâce à elles, l’arbre puise son énergie pour s’élancer toujours plus haut dans le ciel. Les feuilles abreuvent l’arbre en sucre mais elles lui servent également de poumons. Les feuilles servent aussi en été de système de refroidissement grâce à l’eau qui s’en évapore lorsqu’elles chauffent au soleil. Les feuilles sont constituées d’une multitude de stomates, situés sur leur face intérieure, par lesquels s’effectuent les échanges gazeux de la plante, de sa respiration à la photosynthèse. L’été, comme nous allons le voir, les stomates jouent un rôle fondamental pour la survie de l’arbre lors de fortes chaleurs.

Sécheresse

Les sécheresses sont caractérisées par un manque d’eau sur une longue durée qui laissent des marques sur la faune, la flore et les écosystèmes. Ces sécheresses peuvent être causées par différents facteurs comme de faibles précipitations, un manque d’eau dans les sols et les nappes phréatiques, et sont de plus en plus fréquentes avec le changement climatique.

L’eau structure toute la vie de l’arbre, de sa croissance à la montée de sève, en passant par la fabrication de la matière organique. La sécheresse perturbe donc complètement la préparation de l’arbre à l’hiver, il ne peut plus faire ses réserves pour cette saison froide faute de ressources nécessaires. Lors d’une sécheresse, il se retrouve en déficit hydrique car il perd bien plus d’eau en se refroidissant avec les feuilles qu’il n’en pompe par ses racines. Les cellules se déshydratent donc et perdent ainsi leur pression interne, c’est alors que l’arbre ferme ses stomates.

Même si cette technique est efficace pour stopper le déficit hydrique, elle a de fortes répercussions sur la vie de l’arbre empêchant de faire entrer du CO2 et de l’oxygène tout en l’empêchant de se refroidir à travers ses feuilles. L’arbre peut donc réagir d’une autre manière en ouvrant ses stomates tout en s’adaptant le plus possible à la déshydratation en augmentant l’entrée d’eau par ses racines, on appelle cela l’ajustement osmotique.

Un des risques directs lié à la sécheresse pour l’arbre (outre le stress hydrique qui attire bon nombre de ravageurs) est l’embolie gazeuse. Quand le sol est très sec, la tension augmente dans le bois car l’arbre a besoin d’évacuer une grande quantité d’eau, ce qui crée alors un fort risque de cavitation. La cavitation est l’entrée d’air dans les vaisseaux où circulent l’eau. C’est alors l’embolie gazeuse, si de nombreux vaisseaux sont concernés en même temps cela entraîne la mort de l’arbre. L’embolie gazeuse est une des causes principales de mortalité lors de sécheresse.

© Embolie gazeuse chez un hêtre – Yann Avril – Biosphoto

L’été n’est donc pas une saison de tout repos pour l’arbre d’autant plus que les changements climatiques qui modifient son environnement ne vont cesser de le soumettre à des conditions de plus en plus difficilement viables.

Nous verrons le mois prochain l’impact ancestral des feux de forêts sur le développement des arbres et les nouveaux risques liés à leur multiplication.

Sources

Les arbres en été – Extrait du Livre de Catherine Lenne – Dans la peau d’un arbre

The forest academy – cycle de vie arbre

ONF – Influence de l’été sur l’arbre

INRAE – Arbres, forêts, sécheresse

L’importance des vieux arbres et du bois mort 2 : fonctions et actions de conservation

Les fonctions du bois mort en forêt

En plus d’héberger et de nourrir bon nombre d’habitants, le bois mort a de multiples fonctions vitales pour les écosystèmes forestiers. Nous avons vu dans l’article du mois passé l’importance des vieux arbres et du bois mort en forêt pour la biodiversité forestière et plus particulièrement pour les insectes, champignons et autres oiseaux cavicoles qui en dépendent.

Voyons à présent les autres fonctions qu’ont ces vieux arbres et ce bois mort en forêt.

Tout d’abord, le bois mort est un réservoir d’eau pour la forêt, le bois en décomposition emmagasine une grande quantité d’eau. L’humus est ainsi humidifié et cela permet à la forêt de mieux gérer les sécheresses.

Le bois mort empêche également l’érosion, les chutes de pierres, ou encore les avalanches. De plus, en montagne particulièrement, s’opère une régénération sur les souches et les troncs couchés. En effet, ces éléments représentent un substrat idéal pour donner vie à de nouveaux arbres. Ils fournissent des nutriments en abondance aux jeunes arbres grâce à leur bois gorgé d’eau.

Les épicéas sont particulièrement actifs en termes de régénération. Cependant ce phénomène n’est possible que si le bois a passé 15 à 30 ans au sol. Le bois trop frais empêche la germination de nouveaux plants. Il est donc nécessaire de programmer sur le long terme la mise en place de ces lits de germination.

Enfin, le bois mort stocke le carbone en grande quantité. Selon l’Institut suisse de recherche sur la forêt, la neige et les paysages, les forêts d’Europe centrale absorbent 1.4 tonnes de carbone par hectare et par an. Ce carbone est conservé dans le bois mort jusqu’à sa décomposition totale où une partie migre dans l’humus et l’autre est minéralisée. La proportion relâchée dans l’atmosphère est donc largement compensée par la grande quantité de CO2 que l’arbre a puisé lors de sa croissance.

Les vieux peuplements d’arbres accumulent du CO2 depuis des décennies voire des siècles, ils ont donc en réserve des quantités bien supérieures à celles des jeunes plantations.

© Chênes – Oscar Diez Martinez

L’épopée du bois mort à travers les siècles

L’utilité du bois mort n’est aujourd’hui plus à prouver. Cependant le bois mort n’a pas toujours eu sa place en forêt. Il fut considéré durant des décennies, au XVIIème siècle, comme ennemi de la forêt. Quelques siècles auparavant, la récolte de bois mort en forêt était très réglementée : une autorisation préalable du propriétaire de l’espace boisé était nécessaire et devait se faire sans outils. Le bois mort devait être ramassé avec parcimonie à la main. Les temps modernes ont amené la gestion forestière et donc la rationalisation des ressources. Le bois mort devient persona non grata en forêt, il est considéré différemment des arbres vivants. Ces derniers sont favorisés pour que leur croissance soit la plus rapide et donc la plus rentable possible. Il faudra attendre les années 1990 pour que le bois mort retrouve la place qui est la sienne dans les forêts françaises. Ce n’est qu’en 1993 que l’ONF décide de maintenir des vieux arbres (“au moins un par hectare”) pour développer la biodiversité.

La gestion forestière sans bois mort a cependant laissé des traces sur cette biodiversité que l’on peut difficilement mesurer. Privés durant des siècles de bois pourrissant, d’organismes xylophages et saproxyliques, bon nombre d’entre nous se sont habitués à des forêts gérées et “propres”, le bois mort à terre ou les vieux arbres font désordre dans les rangées bien alignées des forêts françaises exploitées.

Il est temps que les regards et les actions évoluent sur la conservation des vieux arbres et du bois mort.

De nos jours, nous pouvons donc observer de plus en plus de bois mort sur pied en forêt. Ce dernier se caractérise par son absence de vie au-delà d’1m30. Les chablis (arbres déracinés) peuvent aider la régénération naturelle de la forêt grâce à la trouée de lumière qu’ils provoquent en chutant. Ils créent des systèmes de “creux/bosses” qui permettent au sol une forte diversification en termes de profondeur, d’exposition ou encore d’humidité : la biodiversité sera plus diversifiée et la quantité de biomasse sera plus élevée. Laissés au sol, ces chablis peuvent mettre des décennies, voire des siècles à disparaître naturellement. S’ils sont retirés des forêts, cela a au contraire un effet néfaste sur la biodiversité et la régénération des sols.

Ce n’est pourtant pas ces bois morts sur pied que l’on retrouve le plus en forêt mais le petit bois mort au sol (branches, jeunes troncs de moins de 20 cm de diamètre). Ce dernier abrite néanmoins bien moins d’espèces compte tenu de sa petite taille mais il contribue largement à la santé des sols.

La conférence de Vienne a établi en 2003 six indicateurs de biodiversité ; la présence de bois mort en fait partie. Selon l’inventaire forestier de l’IGN, la quantité de bois mort au sol est de 263 millions de m3 (17m3 au sol par hectare de forêt) et de 119 millions (7.6 m3 par hectare) pour le bois mort sur pied et les chablis. Cela représente aux alentours de 5% du volume de bois vivant. C’est dans le centre et l’est de la France que cette quantité est la plus élevée.

Ce bois mort est généralement regroupé en andains par les forestiers afin de favoriser la circulation et le passage des engins, d’autres laissent uniquement le petit bois et les souches en place. Cependant, pour obtenir une meilleure régénération naturelle de la forêt, il est préconisé de laisser le bois mort là où il est tombé.

© Chablis de Hêtre – Denis Bringard

Les vieux arbres et le bois mort : une ressource à conserver

Il existe deux manières de déterminer la quantité de bois mort nécessaire à la forêt et aux espèces qui en dépendent. La première consiste à observer les forêts naturelles qui sont des références de gestion forestière au plus près de la nature et d’y mesurer le volume de bois mort. Cependant, en Europe il existe peu de forêts naturelles où l’homme n’a pas imprimé sa trace (à l’exception de certaines dont la forêt primaire de Bialowieza).

L’autre technique consiste à s’adapter aux besoins des organismes saproxyliques. Une étude sur le sujet est parue en 2010 (Müller et Bütler). Il y est question de chiffrer des seuils minimums de bois mort pour les espèces dépendantes. Leur conclusion établit qu’une grande partie des espèces peuvent subsister à partir d’un volume de bois mort de 20 à 50 m3/hectare. Des efforts d’augmentation du bois mort sont donc à réaliser dans nos forêts pour arriver à ces niveaux de base.

Cependant ces seuils sont insuffisants pour la conservation d’autres espèces plus gourmandes qui nécessitent au moins 100 m3/ha. Par exemple, les oiseaux qui sont dépendants des cavités pour y pondre ont besoin de 141 m3/ha de bois mort pour survivre.

Les espèces saproxyliques ne dépendent pas uniquement de la quantité mais aussi de la qualité du bois mort disponible au sein d’une forêt comme l’essence, le diamètre du bois ou le stade de décomposition. En effet, certains insectes xylophages ne s’intéressent qu’au bois mort frais ou aux petites branches, ces réserves ont donc besoin d’être renouvelées fréquemment.

Les espèces saproxyliques étant généralement spécialisées, ce sont soit des colonisateurs de conifères soit de feuillus ; la diversité des essences est donc fondamentale. Il convient également de laisser de grosses pièces de bois mort, ces dernières étant plus hétérogènes dans leur offre d’abris compte tenu des stades de décomposition différents selon l’activité des décomposeurs. Ainsi, on ne peut remplacer une faible quantité de bois mort au sol par une grande quantité de petits bois morts.

D’autre part, le bois mort ne cesse de se transformer selon ses différents stades de décomposition (allant du bois frais à l’humus). Les organismes qui vivent sur ce bois doivent donc changer fréquemment d’habitat, ceux-ci ne sont pas permanents. Il est donc important d’avoir du bois mort dans tout le massif forestier afin que les insectes et autres décomposeurs, puissent aller d’un habitat à un autre.

Une mise en place de corridors écologiques permet la connexion de diverses populations d’insectes (évitant ainsi des problèmes de consanguinité) et donc leur subsistance au sein de la forêt.

Ainsi, sont mis en place des îlots de sénescence. Ces îlots sont des surfaces de forêt où l’homme n’intervient plus, où la nature suit son évolution naturelle jusqu’à la mort des arbres et la régénération du massif. Ils ne doivent pas être confondus avec les îlots de vieillissement qui ne sont conservés que de manière provisoire.

© Sapin – Christophe Sidamon-Pesson

Ces îlots de sénescence doivent couvrir plusieurs hectares afin de montrer leur efficacité. Entre quelques dizaines et quelques centaines d’hectares, ils ont pour effet de conserver dans leur intégralité les différents cycles de vie de l’arbre. A partir de quelques milliers d’hectares, 10 à 100 km2, la biodiversité forestière dans son intégralité (faune et flore) est conservée.

Une trame de vieux bois a fait son apparition dans les parcs français. Cette trame favorise la mise en place d’îlots de vieillissement et de sénescence pour favoriser les continuités écologiques en même temps que la biodiversité.

Sources

Focus sur les ressources en bois mort du WSL

Bois mort en rivière – Zoom nature

Section bois mort du WSL