Prenons de l’altitude

En raquettes ou à ski, en haute ou en moyenne montagne, vous l’avez peut-être constaté, la forêt change de visage selon l’altitude à laquelle vous vous trouvez. La baisse de la température – un peu plus d’1°C tous les 200 mètres – et dans une moindre mesure l’exposition et les précipitations, en sont les principales raisons.

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©Christophe Suarez Biosphoto

C’est durant la période de végétation, dès que les feuilles apparaissent, que les arbres sont particulièrement sensibles aux températures et à la durée d’ensoleillement. Leur croissance et la germination de leurs graines ne redémarre au printemps que passées certaines températures. Et tous les arbres n’ont pas les mêmes exigences vis-à-vis du climat, induisant une répartition étagée des différentes espèces.

En France, les forêts de montagne s’échelonnent ainsi sur 4 étages. Les chênaies et les charmaies sont prépondérantes à l’étage collinéen qui ne dépasse pas une altitude de 800-1200 mètres. Sous climat méditerranéen, les forêts de cet étage, appelé subméditerranéen, sont essentiellement constituées de pins sylvestres. De 800 mètres à 1600-1700 mètres d’altitude, l’étage montagnard est constitué de hêtraies dans ses zones les plus basses. En grimpant, les forêts deviennent mixtes avec l’apparition du Sapin, de l’Epicéa et du Pin sylvestre. Au-dessus de 1600-1700 mètres, les feuillus disparaissent totalement au bénéfice de l’Epicéa et du Mélèze. Il s’agit de l’étage subalpin. Notez que la forêt cesse à l’étage alpin au-delà de 2000-2400 mètres d’altitude. Seuls quelques individus de conifères et de rares Bouleaux rabougris résistent aux conditions climatiques extrêmes.

Une lecture du paysage que vous pourrez confirmer lors de vos prochaines vacances à la montagne !

L’OBF reste ouvert tout l’hiver !

A la faveur d’un début d’hiver clément, la nature tarde à s’endormir… ou tend à se réveiller précocement. De quoi donner envie de sortir en forêt pour constater ses soubresauts ! Et si vous profitiez de ces escapades hivernales pour partir en mission d’observation ?

©Robert_Henno:Biosphoto
©Robert_Henno:Biosphoto

Ce mois-ci, l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts vous propose neuf missions pour vous mettre en quête de quelques Polypores, champignons dont les fructifications (parties visibles qui abritent les spores) sont sans pied et restent tout l’hiver sur les troncs et les souches d’arbres.

Ces neuf missions de l’OBF intéresseront chacun d’entre vous quel que soit votre niveau ! Débutants, vous pourrez vous lancer à la recherche de l’Amadouvier et des Polypores du bouleau, marginé ou soufré. L’Auriculaire mésentérique, le Xylaire du bois ou la Pézize vert-de-gris vous demanderont davantage d’attention. Pour les plus avertis, relevez le défi de la Langue de bœuf et du Faux-hydne gélatineux.

Et peut-être pourrez-vous profiter des prochains mois d’hiver pour progresser peu à peu d’une mission à l’autre ?

Retrouvez les missions du mois

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Des polypores à démêler

Noël approche et en ce temps d’Avent, la préparation des décorations de fête pourrait vous conduire en forêt ! Pourquoi ne pas profiter de vos cueillettes de houx et de gui (pas plus que la main ne peut contenir… réglementation oblige), pour promener votre regard le long des troncs et des souches en quête de ces champignons sans pied que sont l’Amadouvier et le Polypore marginé. Mais en relevant cette mission, gare à la confusion ! Car, face à un vieux spécimen, il n’est pas rare de confondre ces deux polypores. Certains indices vous aideront à les distinguer, à commencer par leurs couleurs et leur forme. L’Amadouvier arbore un chapeau composé de bourrelets concentriques gris-brun et au bord gris voire blanchâtre. Plus coloré, le Polypore marginé présente une face supérieure zonée par l’addition de couches successives jaunâtres devenant grisâtres avec le temps. Il gardera toutefois une bordure extérieure brun-orangé. Généralement plus grand, l’Amadouvier peut atteindre 40 cm de large quand le Polypore marginé dépasse rarement 20 cm.

Dans une HÍtraie un tronc mort avec des Polypores marginÈs - - Steigerwald -
© Berndt Fischer (Biosphoto)

Dans votre enquête, intéressez-vous de près à leurs hôtes respectifs : le Polypore marginé a une préférence certaine pour les troncs et les souches de résineux, quand l’Amadouvier affectionne plus volontiers les feuillus avec un penchant affirmé pour le Hêtre.

Portez enfin votre curiosité sur la façon dont ces deux espèces « consomment » le bois mort : l’Amadouvier, lignivore (c’est-à-dire capable de dégrader la lignine, molécule qui apporte la rigidité au bois), réduit le bois à l’état de pourriture blanche spongieuse. À l’opposé, le polypore marginé dégrade uniquement la cellulose (l’autre composant moléculaire du bois) : le bois devient cassant et l’arbre peut alors se briser à la première bourrasque de vent.

Et si vous hésitez encore, prélevez un petit morceau du chapeau et approchez une allumette. S’il fond, c’est le Polypore marginé et s’il brûle, c’est l’Amadouvier !

Téléchargez la fiche de distinction entre Amadouvier et Polypore marginé
https://observatoiredesforets.files.wordpress.com/2015/03/amadouvier-et-polypore-marginecc81.pdf

Retrouvez les missions du mois
https://observatoiredesforets.files.wordpress.com/2014/03/missions_decc81cembre_obf_2015.pdf

Retrouvez les missions associées à votre région
http://biodiversite-foret.fr/les-missions-sylvestre/region-par-region/

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